25 octobre 2021

CRIF : les dix vérités et le courage de Richard Prasquier

Le dîner du CRIF est un événement annuel au cours duquel le Président du Conseil représentatif des institutions juives de France dresse un état des lieux devant nombre de personnalités dont, traditionnellement le premier Ministre et, cette année le Président de la République également. Comme cela avait déjà été le cas avec Roger Cukierman, précédent Président du CRIF, le Président actuel, Richard Prasquier, a décliné des vérités essentielles qui, souvent, devraient être évidentes mais ne le sont hélas pas toujours. Vérités au nombre de dix. Dix constats avertissements dont on ne peut qu’espérer qu’ils seront entendus.
L’occasion aussi de redire aussi avec force que n’en déplaise aux rumeurs ou aux 352 actes antisémites de janvier 2009 en France, chiffre insupportable, les Juifs sont des citoyens français comme les autres.

Ainsi y a-t-il la crise actuelle. « Les Juifs en sont victimes comme les autres, » précisait Richard Prasquier. Précision qui pourrait paraître aberrante puisque cela va de soi. Ou plutôt le devrait…Mais des vidéos et autres rumeurs nauséabondes désignant les Juifs comme responsables de cette crise se déversent sur Internet, « caisse de résonance terrifiante. L’antisémitisme s’y déploie sans mesure. »  Richard Prasquier demandait donc la création d’un « observatoire du racisme sur Intrernet » et le renforcement des « moyens de lutte contre la technologie liée au aux technologies de l’information, » assorti de poursuites systématiques.
En second lieu il évoquait « une explosion de haine d’une virulence alarmante » liée à l’opération lancée par le gouvernement israélien sur Gaza « pour faire cesser les tirs sur le Sud du pays. » Explosion accompagnée de « cris de mort aux Juifs..et cette insulte monstrueuse de l’étoile de David impunément identifiée sur les banderoles à la croix gammée. » Entre autres manifestations haineuses. Et Richard Prasquier dénonçait clairement « ces militants politiques aguerris de l’extrême gauche qui prétendent n’avoir rien vu et entendu de ces débordements. » Qui ne peuvent pas ne pas connaître la Charte du « mouvement architerroriste » qu’est le Hamas qui recommande à chaque musulman de « tuer son Juif. » Déferlement haineux d’une part, silence assourdissant de l’autre dès lors qu’il s’agit des milliers de morts du Sri Lanka en janvier dernier, ou des centaines de milliers de morts du Darfour. « Indignation sélective. »
A propos de l’antisionisme,  Richard Prasquier évoquait le cas odieux du sort fait à Arthur, qui « sous prétexte  d’être juif et de soutenir Israël est interdit de spectacle par des manifestants extrémistes. » Et, poursuivant sa réflexion, il précisait : « être antisioniste aujourd’hui, ce n’est pas s’opposer à un projet mais vouloir l’éradication d’une réalité. Etre antisioniste aujourd’hui, vouloir la destruction d’Israël, c’est faire cause commune avec Ahmadinejad. » Evidence, là encore, mais qu’il est devenu nécessaire de rappeler dans la France du début 2009…Evidence encore lorsque le Président du CRIF rappelle qu’il est en faveur « d’un Etat palestinien viable et prospère. »
Et de lancer un appel « au vivre ensemble, » du rejet « d’une France des tribus. » Avec un refus des « tentations stérilisantes du repli sur soi, » citant en exemple le « nouveau grand rabbin Gilles Bernheim qui « parle de la fraternité des hommes. » Le Président du CRIF dénonçait par ailleurs les « gardes, portiques de sécurité » devenus nécessaires pour protéger les Juifs en France depuis des années. Ce qui « n’est pas normal, » bien évidemment là encore. Même si « la France n’est pas un pays antisémite, » mais « s’il y a de l’antisémitisme. » A un degré tel qu’il nécessite l’action des « forces de l’ordre et des autorités publiques » auxquelles il rendait hommage.
Au chapitre de « l’islamisme radical, » il en dénonçait « la forme insidieuse qui est celle des Frères Musulmans…au code de valeurs…incompatible avec les règles de notre société. » Appel ici à la vigilance et au refus des faux-semblants. Groupe dont « la branche palestinienne » est le Hamas à la Charte éloquente, aux antipodes d’un « langage policé » officiel. Et dont « la branche française [est] l’UOIF. »
Quant au négationnisme, « abjection criminelle, » Richard Prasquier citait le cas de Richard Williamson  « un autre de ces assassins de la vérité » dont l’excommunication a été levée par « des indifférents » semblables à ceux qui se taisaient pendant la Shoa. Episode qui ne saurait pourtant « briser les liens… entre l’Eglise catholique et ses fidèles avec les Juifs. »
Autre vérité : celle sur Durban 2 http://www.resiliencetv.fr/?p=3679 qui, sous couvert d’antiracisme, représentera « une menace majeure sur la liberté d’expression, » focalisera « les critiques sur le société libérales… » réservant « bien entendu..à Israël la part essentielle de la mise au pilori. » Richard Prasquier en appelait à la France qui ne saurait faire de « compromis sur les lignes rouges de Genève. »
En huitième vérité le Président du CRIF évoquait « Ahmadinejad et son groupe [ qui] n’en démordent pas : leur priorité c’est la bombe nucléaire, la bombe qui assouvira leurs fantasmes de puissance. » Alors que l’Iran doit faire face à « désastre économique..et misère généralisée. » Il précisait « nous savons l’implication de la France dans ce dossier de la nucléarisation iranienne, l’un des plus inquiétants du monde d’aujourd’hui. » Un Iran version Ahmadinejad aujourd’hui « financier du Hamas et du Hezbollah…marchand d’armes et d’apocalypse…maintenant sous la menace nucléaire un groupe de pays…bien plus étendu que le seul Etat d’Israël. »
Vérité encore que la nature du nouveau gouvernement israélien, « issu d’élections démocratiques, » Richard Prasquier exprimant l’espoir que le mandat de Benyamin Netanyahou, « son probable Premier ministre…accroisse les espoirs des peuples imbriqués, israélien et palestinien.. » Et il faisait le vœu que dans la région une « cohabitation pacifique se développe sur des bases sincères… »
Sa dernière vérité concernait « René Cassin, né..d’une vielle famille juive du Comtat Venaissin, invalide de 14/18, compagnon parmi les premiers du Général de Gaulle, juriste de la France libre,  vice-Président du Conseil d’Etat, Président de la cour européenne des Droits de l’Homme et de  l’Alliance Israélite Universelle….  principal auteur de la Déclaration des Droits de l’Homme…dont le caractère universel est aujourd’hui remis en cause de façon si criante. » René Cassin qui, « recevant son Prix Nobel de la Paix citait le poète Sully Prudhomme : « je tiens de ma patrie un cœur qui la déborde. Et plus je suis français, plus je me sens humain… » Et ce dernier vœu de Richard Prasquier : « que la fierté de René Cassin soit la nôtre et que son souvenir nous renforce… »


Pour lire le discours du Président du CRIF

 

 

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