18 avril 2021

Conclusion du voyage papal

L’analyse de Fiamma Nirenstein(traduction Danielle Elinor Guez) : Il Giornale, 16 mai 2009

Durant son voyage en Terre sainte, le Pape s’était fixé comme objectif de dépasser les conflits régionaux : dans les Psaumes, Jérusalem est toujours accompagnée d’invocations de paix et le Pape avait espérer que son voyage puisse contribuer à la concorde ; le vent de cet endroit, brûlé par le désert ou rafraîchi par les pins, a, au cours des siècles, soufflé sur le visage du Christ et celui des Prophètes ; la dimension terrestre de Jérusalem se fond dans sa dimension céleste ; là est né le monothéisme que se disputent les trois religions et le message qui intéressait Benoît XVI était un message spirituel s’adressant à tous : unité, paix, lutte contre la violence et la souffrance des pauvres. Mais le fait de chercher à éviter les écueils politiques a justement fait que ceux-ci deviennent le point de mire quotidien de tous les médias, télévision, radio, journaux, y compris les nôtres (italiens).

Ainsi le voyage papal en est sorti biaisé. De nombreux sujets ont été traités par les médias avec un schéma de culpabilisation d’Israël vraiment abusif. La Choa est un sujet à part qui a déclenché une controverse mais à notre avis, rien dans l’attitude du Pape n’a été équivoque vis-à-vis du négationnisme. L’horreur a été condamnée. Mais la politique, c’est une autre histoire. Le soi-disant mur, les souffrances des camps de réfugiés, les « deux états pour deux peuples », la souffrance des Chrétiens… Tout ceci a donné le feu vert à un déluge de titres anti-israéliens dans la plus pure tradition télévisuelle et journalistique européenne. Par exemple, si en parlant du mur, Benoît XVI entendait que les barrières entre les êtres humains devaient être abattues, l’amplification par les médias a relancé un message de dénigrement d’Israël : le mur de division (qui comme tout le monde le sait n’existe comme mur que seulement sur des portions très limitées, 3 % de l’ensemble, le reste étant constitué d’une barrière de barbelés), est devenu pour la télévision et la presse une opprobre morale (ce qui n’est pas le cas puisqu’il a servi à évité 98% des attaques suicides qui ont fait plus de 2000 morts en 3 ans) et devrait être abattu (alors qu’il serait très risqué de le faire, spécialement à Bethléem  une des villes les plus touchées par le terrorisme :  supermarket, autobus, tout exploserait à nouveau).

La question des camps de réfugiés : le Pape a indiqué la souffrance humaine de ceux qui y vivent, mais les camps de réfugiés sont là depuis 1948 ou 1967 ; y sont accueillis les arrières petits enfants des véritables réfugiés par l’UNRWA, l’agence de l’ONU qui ne s’occupent que des Palestiniens, pendant que tous les autres réfugiés du monde se sont relogés, sans parler qu’on y alimente une idéologie de haine qui se transforme en rêve de destruction. Souhaiter le retour des réfugiés signifie, dans le sillon d’une vision extrêmiste de l’OLP, inviter Israël à disparaître pour des raisons démographiques. Il faudrait plutôt inviter les jeunes des camps à sortir, à vivre et travailler dans les villes palestiniennes. Ici vraiment, l’aide internationale peut être extrêmement utile. Car même si l’état n’est pas encore construit, les villes palestiniennes, y compris Bethléem ont été libérées par Israël depuis 1996 sur la base des accords d’Oslo. Par contre nous avons entendu dire à la télévision : « de Bethléem occupée par Israël ». Même la difficulté à se déplacer dont il a été beaucoup question, changerait du tout au tout dans un climat moins menaçant, qui pourrait permettre le démantèlement des points de contrôle. Benoit XVI sait que les Palestiniens tiennent entre leurs mains la grande partie de leur destin mais il ne l’a pas dit et ainsi l’empathie pour la souffrance est devenue accusation : apartheid, discrimination, droit au retour, occupation…

Le Pape a su parler de la tentation de la violence pour les jeunes et de l’éducation à la haine des enfants. Mais on sait bien que les enfants chrétiens ou juifs ne sont pas endoctrinés à la violence : les victimes de la culture de la haine sont les petits téléspectateurs, les élèves des écoles et des madrasas du monde musulman. Par contre, on a joué sur l’ambiguïté. Un autre point important : le Pape se lamente sur la diminution des Chrétiens d’Orient et sur le péril encouru. Mais la population des Chrétiens d’Israël par contre, a, elle, augmenté depuis 1948 de 250%, de 34 000 elle est passée à 150 000 individus. Tout le reste n’est que persécutions et tableau sombre, spécialement à Gaza.
Enfin : pendant ce voyage, les télévisions du monde entier auraient bien fait au moins d’identifier le développement préoccupant de la haine anti-occidentale qui se nourrit de la menace iranienne continuelle sur Israël. Benoit XVI a évoqué les souffrances de Gaza, mais, comme l’ont noté les israéliens, il n’a pas évoqué Sdérot, meurtrie par 9000 attaques palestiniennes ou les familles des victimes du terrorisme. Pour le reste du monde, le mot souffrance, si important pour le Christianisme, est resté focalisé sur la condition palestinienne.

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