15 avril 2021

La politique du Vatican est de plus en plus pro-arabe

Sergio Minerbi, le plus illustre historien des rapports entre le Vatican et Israël a écrit pour informazione corretta , une analyse brillante du voyage de Benoît XVI dans la soi-disant Terre Sainte. Voici les faits, incontestables (traduction Danielle Elinor Guez).

Le Pape Benoît XVI a quitté Israël, il n’y a plus d’embouteillages à Jérusalem mais les Israéliens ont gardé un goût amer dans la bouche. Pendant son séjour en Israël, le Pape n’a même pas essayé d’initier un dialogue politique qui aiderait à une meilleure compréhension réciproque. Non, ses idées hostiles à Israël étaient claires avant même de venir dans notre région et elles le sont restées. Celui-ci reconnaît des racines communes avec le judaïsme dans l’espoir de convertir les Juifs au Christianisme comme le démontre l’usage bien connu du mot « réconciliation », utilisé par Saint Paul dans le sens de convertir les juifs et les païens, en les réconciliant dans le signe de la croix (Lettre aux Ephésiens), sur le plan politique le Saint-Siège a fait sienne les thèses des Palestiniens et il ne s’en départit pas d’un millimètre. Par exemple la question du mur, déjà attaqué par Jean-Paul II, est savamment utilisée par la propagande arabe. Benoît XVI ne s’est jamais demandé pourquoi ce mur a été construit et a oublié la série d’attentats terroristes à l’intérieur d’Israël par des Palestiniens provenant de Cisjordanie. Pourquoi le mur provoque-t-il tant de contestation ? Parce que celui-ci divise la Palestine mandataire en deux entités, préambule nécessaire pour ceux qui veulent vraiment la partition en deux états indépendants. Mais secrètement les Palestiniens rejettent une telle solution et continue à réclamer le droit au retour  des réfugiés « dans leurs maisons ».

Cette formule apparemment innocente , signifie en fait obtenir avec la démographie galopante arabe ce qu’ils ne réussiront pas à obtenir par les armes et le terrorisme. C’est la raison pour laquelle ils ne veulent pas de mur et organisent chaque semaine  des manifestations avec l’aide de volontaires européens. Le Saint-Siège a clairement pris parti pour eux et une telle attitude ne fait qu’éloigner la paix qu’il dit vouloir. Cette politique partisane hostile à Israël n’aide pas à résoudre la question du conflit israélo-palestinien et en réalité ne peut que l’exacerber. L’ex Premier ministre Ehoud Olmert, qui fut un des plus conciliants dans les négociations avec les palestiniens a dit que six mois avant qu’il ne quitte sa fonction, les négociations avaient enregistré des avancées importantes mais que les Palestiniens n’ont pas voulu signer espérant obtenir encore davantage. La politique du Saint-Siège au Moyen-Orient semble vouloir jeter de l’huile sur le feu. C’est l’impression qu’ont ressentie  de nombreuses personnes qui ont écouté le discours du Pape mercredi 13 mai à Bethléem et en particulier quand il a dit : « les Palestiniens comme chaque autre peuple ont le droit de se marier, de fonder une famille et d’avoir accès au travail, à l’éducation et à l’assistance médicale ». Le droit au travail invoqué par le Pape a été supprimé par le Hamas.

Il y avait autrefois la zone industrielle d’Erez dans laquelle près de 50 000 Palestiniens de Gaza travaillaient dans des usines et des bureaux créés par des entrepreneurs israéliens. Après une série de bombardements et de coups de mortiers contre la zone en question, les Israéliens sont partis et 50 000 palestiniens ont été privés du droit au travail par le Hamas. Chaque année l’Union Européenne donne à l’Autorité Palestinienne au moins 600 millions d’euros, sans même exiger qu’au moins un petit pourcentage de cet argent soit consacré à la création de nouveaux postes de travail. C’est de l’argent jeté par la fenêtre. Après l’action militaire à Gaza il y a quelques mois, la Conférence Internationale de Sharm al Sheik s’est réunie et les États-Unis ont promis 900 millions de dollars qui ne sont pas non plus liés à la création de nouveaux emplois. L’argent est dépensé pour bien d’autres objectifs et « le droit au travail » invoqué par le Pape est piétiné par le Hamas. Les Nations unies ont créé l’UNRWA, agence spécialisée pour les réfugiés palestiniens, qui subsiste depuis 1949 sans pouvoir réinsérer le moindre Palestinien dans la vie économique locale à cause de l’opposition des pays arabes qui veulent laisser cette plaie ouverte pour en faire une arme contre Israël. Il est probable que le plan Marshall préconisé par le Premier ministre Berlusconi finirait de la même manière. Le droit à l’éducation invoqué également par le Pape, existe avec les sept universités de Cisjordanie créée après l’instauration de l’administration israélienne. Mais beaucoup d’étudiants sont payés par le Hamas pour effectuer des actions terroristes.

À Gaza des dizaines de milliers de lycéens obtiennent le baccalauréat mais ne trouvant pas de travail productif, ils finissent dans les milices armées du Hamas. Évidemment personne n’a raconté au Pape que dans la bande de Gaza évacuée jusqu’au dernier millimètre par Israël, le Fatah de Abu Mazen a subi l’élimination d’au moins 150 hommes armés, par le Hamas et a perdu la bande de Gaza aujourd’hui contrôlée par le Hamas. Si la Cisjordanie indépendante tombait elle aussi aux mains du Hamas, les postes de contrôle et la barrière de sécurité ne suffiraient plus. Les missiles Kassam et les bombes de mortiers seraient lancés contre Israël comme cela s’est passé pendant huit ans dans le voisinage de la bande de Gaza sans que même une seule fois le Saint-Siège n’exprime sa solidarité avec la population civile israélienne touchée. Déjà pendant l’action militaire israélienne à Gaza, Benoît XVI s’est exprimé cinq fois en faveur des palestiniens dans les huit premiers jours de l’année 2009. Ensuite il a béni la Conférence de Genève dénommé Durban II, nonobstant le boycott de quelques pays occidentaux et d’Israël. Beaucoup de ceux-ci qui se sont rendus à Genève, sont sortis de la salle quand le Président iranien a fait son discours, mais les diplomates du Vatican sont restés. Le Saint-Siège depuis la création de l’État d’Israël jusqu’à aujourd’hui a toujours conduit une politique pro-arabe.

Qu’a-t-il obtenu ? Comme résultat le nombre de chrétiens du Moyen-Orient est descendu d’environ 500 000 individus à moins de 100 000 aujourd’hui, le Liban qui était l’unique pays chrétien de la région est soumis à la pression chiite et risque de devenir la proie de l’Iran, l’Égypte est menacée par le Hezbollah. En écoutant le cours magistral de Benoît XVI à Ratisbonne en 2006 on a eu l’illusion pendant un moment qu’était apparu sur la scène politique le défenseur de l’Europe, guerroyant contre la marée du fondamentalisme musulman. Mais un tel discours semble aujourd’hui « une voix dans le désert », abandonnée même de la diplomatie vaticane. Qu’a fait jusqu’à aujourd’hui Israël pour tenter d’améliorer la politique du Vatican ?

Les ambassadeurs d’Israël auprès du Saint-Siège, éblouis par l’architecture de Michel-Ange, sont devenus des partisans du Vatican. L’un d’eux avait même préconisé la cession de la salle du Cénacle en échange de la vague promesse de favoriser la venue d’un million de pèlerins à Jérusalem. Ce qui a échappé à ce diplomate en question, c’est le fait que la salle du Cénacle est seulement gardée par Israël qui n’en a pas la propriété et donc n’a pas le droit de le céder à quiconque. En plus aussi bien Israël que le Saint-Siège a signé dans l’accord fondamental de décembre 1993, l’engagement réciproque de sauvegarder le statu-quo qui serait gravement lésé par une éventuelle cession. Dans le sens inverse, Israël aurait pu mettre en pratique les promesses d’exemptions fiscales contenues dans l’accord fondamental. Mais la faiblesse du Ministère des Affaires Etrangères n’a pas permis d’obtenir ce résultat qui entre-temps ne suffit plus car le Vatican a aussi demandé le 30 avril 2009 à Jérusalem, la cession intégrale de cinq Lieux Saints, propriétés du Vatican, sans compter la cession du Cénacle cité ci-dessus. Pendant des siècles les Ottomans ont administré les Lieux Saints chrétiens et la Palestine avec le plein accord du Saint-Siège. Mais un accord de ce genre n’a pas encore été concédé à Israël.

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