31 janvier 2023

Aucun réchauffement ni refroidissement significatif n’est perçu dans le contenu calorifique de la couche superficielle des océans entre 2003 et 2006

Un lecteur très bien informé, que je remercie, me signale que Josh Willis (NASA) et ses collègues (John S. Lyman (NOAA) , Gregory C. willis2009Johnson (NOAA) et John Gilson (Scripps Institution Calif)) viennent (enfin !) de publier leurs résultats et conclusions dans un article intitulé " In Situ Data Biases and Recent Heat Content Variability" dans le volume 26 (Avril 2009, page 846-852) du Journal of Atmospheric and Oceanic Technology de l’AMS (http://ams.allenpress.com/perlserv/?request=get-abstract&doi=10.1175%2F2008JTECHO608.1 : résumé seul car l’accès à l’article nécessite une souscription à l’AMS).

La conclusion du résumé de cet article qui met sans doute un point final aux hésitations de Josh Willis et de ses collègues, nous dit tout :
" With biased profiles discarded, no significant warming or cooling is observed in upper-ocean heat content between 2003 and 2006." Soit " Après avoir éliminé les résultats défectueux, on observe qu’aucun réchauffement ni refroidissement significatif n’est perçu dans le contenu calorifique de la couche superficielle des océans entre 2003 et 2006" A noter que Craig Loehle (voir ci-dessous), utilisant les mêmes données corrigées et une analyse fine des résultats parvient à la conclusion qu’il y a eu, en fait, un refroidissement…willis2008


Voici, ci-contre, la courbe maîtresse (Fig 4) de cet article :

En ordonnées, le contenu thermique de la couche superficielle (0- 750m) des océans en unité de 10 21 Joules. En abscisses, les années de 2003 à juin 2006.

En trait noir épais, les résultats bruts de l’ensemble complet des mesures disponibles qui avaient fait l’objet d’une publication en 2006 et avaient tant alarmé Willis et ses collègues, lesquels avaient, peu après, retiré leur communication.
En trait gras pointillé, les mêmes données auxquelles on a retiré les données, estimées défectueuses, de sondes du WHOI (Le
Woods Hole Oceanographic Institution)
En trait fin pointillé : Les données des balises ARGO seules moins les données des balises WHOI estimées défectueuses.
En trait fin continu : Les donnés auxquelles on a soustrait les données des balises ARGO qui représentent quand même l’ensemble le plus complet dont on dispose actuellement (voir la mise à jour du
29 Mars ci-dessous)

Ouf ! Comme on le voit, en appliquant une série de "corrections "successives, et partant d’un résultat littéralement explosif pour les modèles de l’effet de serre, on arrive bien à la conclusion de l’article en question. Ni réchauffement, ni refroidissement significatifs… ce qui est encore dévastateur pour ces mêmes modèles, comme le montre Roger Pielke Sr. ci-dessous.

Je pense qu’on peut tirer quelques enseignements de ce long processus de publication-corrections-publication et corrections successives qui est assez typique et révélateur des difficultés et du fonctionnement réel de la "science climatique".
Le cas présent n’est pas unique. Loin de là. Et il est conforme à ce qu’a fait fait remarquer le Professeur
Richard Lindzen du MIT qui écrivait: " Que des corrections aient besoin d’être appliquées aux données climatiques n’est pas du tout surprenant, mais que ces corrections aillent toujours dans le sens « souhaité » est hautement improbable."

Le plus étonnant et, sans doute, le plus révélateur des pressions considérables auxquelles sont soumis les chercheurs qui travaillent dans ce domaine, apparaît de manière évidente dans la dernière phrase de cet article de Josh Willis et al . La voici, en anglais d’abord, puis en français:

"The findings and conclusions in this article are those of the authors and do not necessarily represent the views of the National Oceanic and Atmospheric Administration" Soit : "Les résultats et les conclusions de cet article sont ceux des auteurs. Ils ne représentent pas nécessairement les points de vue de l’Administration de la NOAA".

Autrement dit, et cela semblera totalement impensable pour les scientifiques qui lisent ce texte, les chercheurs responsables d’un vaste travail d’investigation qui engage des crédits énormes (le projet ARGO) se voient contraints de se démarquer des opinions ou des points de vue de l’Administration de leur organisme de tutelle …Je n’avais encore jamais vu ça.
Dès lors, on peut raisonnablement se demander à partir de quels éléments l’Administration de la NOAA se forge-t-elle ses point de vue (ici sur le contenu thermique des océans) si ce n’est pas à la lumière des résultats scientifiques obtenus par ses propres chercheurs qui utilisent des moyens incomparablement supérieurs à tout ce qui existait jusqu’à présent.
Tout ceci est vraiment très inquiétant sur les motivations profondes des administrations des grands organismes de recherche, comme la NOAA et beaucoup d’autres, qui sont censées fournir aux décideurs des données objectives résultant directement de leurs propres travaux de recherche. Quant aux décideurs de la planète, bien entendu totalement ignorants de cette grave réfutation apportée aux modèles de l ‘effet de serre qu’on leur a présentés comme intouchables, ils continuent sur leur lancée. Comme si de rien n’était.
Malgré son courage estimable, Josh Willis et al c’est "Vox Clamans in deserto ".

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Inutile de vous répéter que les résultats de Willis et al, même après les multiples corrections qui vont "dans le bons sens", jettent un doute dévastateur sur les modèles actuels de l’effet de serre dont Hansen est le grand prêtre, lequel persiste contre vents et marées, à maintenir son chiffre fétiche de 0,60 Watts/m2 pour le déséquilibre radiatif de la planète qui conduit aux prévisions ultra-alarmistes que l’on connaît.
A noter aussi que cette observation sur la stagnation ou la baisse des températures des océans fait écho aux mesures de températures du globe qui stagnent ou baissent depuis une dizaine d’années (
voir les indicateurs). Tout cela est parfaitement cohérent dans la mesure où il s’agit de la température de surface des océans dont le temps de réponse est assez rapide…

Roger Pielke Sr, souvent cité dans ce site (par exemple ici), avait d’ailleurs demandé (exigé) des explications à ce sujet, suite à la parution du rapport AR4 du GIEC (en Janvier 2007 à Paris). Il alléguait que ce test en vrai grandeur du déséquilibre radiatif de la planète devait impérativement être expliqué par les rédacteurs du GIEC. Bien qu’il soit un climatologue mondialement réputé, il n’obtint aucune réponse.
Tout à fait conscient de l’importance du problème, Pielke Sr. est revenu à la charge le 9 février 2009 et il a proposé que l’on compare, année après année, la valeur du contenu thermique des océans avec les prédictions du modèle théorique de Hansen (2005) ce qui constitue un test fondamental des modèles de l’effet de serre utilisés par les prédictions du GIEC. hansen2

 

Pielke (source) donne les valeurs des prédictions de Hansen et al à partir de 2003 jusqu’en 2012 à comparer avec les valeurs réellement observées. Plutôt que de reproduire la liste brute des valeurs numériques données par Pielke, J’ai tracé la courbe représentative de ces données (ci-contre).

Comme on le voit sur ce graphique, les prédictions des modèles climatique s’écartent progressivement et notablement des observations (droite rouge). En effet, la stagnation ou le repli des températures océaniques observé depuis 2003 indique un déséquilibre radiatif nul ou même négatif.

Pielke fait aussi remarquer que pour que le modèle du GISS (dont Hansen est le directeur à la NASA) soit vérifié, par exemple en 2012, il faudrait ajouter quelques 9,8. 1022 Joules aux océans pendant les quatre ans 2008-2012. Ceci exigerait, en supposant ce réchauffement uniformément réparti sur les quatre années à venir, un déséquilibre de 1,50 Watts/m2, c’est à dire 2,5 fois plus que prévu par les modèles de Hansen (0,6 Watts/m2). Autant dire qu’en toute hypothèse, le modèle du GISS sera manifestement faux…

Pielke ajoute (perfidement) que " Bien que la période temporelle démontrant cette divergence modèle-réalité soit relativement courte, on peut se demander combien il faudra d’années pour que soient rejetées les capacités prédictives de ce modèle…"
A noter que les observations de Pielke et les résultats des mesures recoupent les conclusions de l’article de Joel Schwartz (
rapporté ici.) publié dans JGR en 2007.
Quant à la physicienne Katia Laval de Paris 6 qui se posait la question suivante devant les reporters du Figaro (
voir ici)
« Pourquoi les sceptiques croient-ils autant à 1/6 de watt par mètre carré dû à l’effet du soleil et mettent-ils tant en doute 2,4 watts par mètre carré haussemerdus à l’effet du CO2 ? »,
Elle a la réponse à sa question : Le contenu thermique des océans nous montre qu’il s’agirait plutôt de 0,15 Watts par m2 (ou même zéro depuis 2003) plutôt que 2,4 Watts par m2…

Cette stagnation du contenu thermique des océans est cohérente avec le graphique (ci-contre) de la hausse du niveau des océans que m’a transmis un lecteur averti (que je remercie) et qui est tracée à partir de la base de données de l’Université du Colorado On observe que la hausse du niveau des océans (SLR Sea Level Rise) s’est nettement ralentie depuis 2005-2006.

En conclusion : Cher lecteur(trice) qui entendez dire sans cesse (TF1, A2, FR5 etc) et qui lisez partout dans la presse (le Monde, Libé, Le Figaro etc.) que "Tout est bien pire que ce qui est prévu par les modèles" qu’il s’agisse d’ailleurs de tout et de n’importe quoi, comme la fonte des glaciers, la disparition de la mer arctique, de la hausse du niveau des mers etc.., vous voilà désormais en mesure de répondre :
"NON :
Le contenu thermique des (ou la chaleur stockée dans les) océans croit beaucoup moins vite (en fait, il ne croit plus du tout) que prévu par les modèles et le déséquilibre radiatif dû au CO2 est certainement beaucoup moins grand que prévu…" D’autre part, ce billet montre une fois de plus,
tout comme le suivant, qu’en matière de climatologie, il suffit de bien choisir les points de départ et d’arrivée pour démontrer tout ce que l’on veut.. Pauvre science ! Et dire qu’elle est censée servir de base à la politique..

Mise à jour du 1er Juillet 2009

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