16 mai 2021

“Y’a pas bon Banania”

Selon l'AFP (sur le site du Figaro) : "Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a estimé aujourd'hui devant la cour d'appel de Versailles que la société titulaire de la marque Banania n'avait pas respecté un accord sur la fin du slogan publicitaire "Y'a bon".

L'association, déboutée en première instance en 2009 par le tribunal de Nanterre, et le Collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais (Collectif Dom) avaient signé début 2006 avec la société Nutrimaine un protocole d'accord qui consacrait l'abandon de ce slogan jugé dévalorisant pour les Noirs. Le protocole prévoyait un délai d'écoulement des stocks de 8 mois au profit des licenciés de Nutrimaine.

Le Mrap, qui a fait constater par huissier la présence en 2008 de produits dérivés portant le message "Y'a bon" accolé à la marque et à la célèbre image du tirailleur sénégalais dans une boutique parisienne et sur un site internet, a réclamé au total 650.000 euros de dommages et intérêts à la société. "Je veux bien croire qu'il y a des erreurs aléatoires, je veux bien croire que c'est le joyeux bazar chez les licenciés mais Nutrimaine s'était engagé" dans le protocole d'accord à "faire cesser" la fabrication et la commercialisation des produits litigieux, a plaidé Me David Marty, l'avocat du Mrap. "La marque 'Y'a bon Banania' existe depuis 1914, c'était une autre époque, il ne s'agit pas de refaire l'histoire mais en 2005, nous avions assigné l'entreprise en justice car nous considérions que cette marque était contraire à l'ordre public", a-t-il rappelé.

Pour l'avocate de Nutrimaine, Me Isabelle Leroux, "il n'est pas démontré que la société, qui n'est plus titulaire de la marque 'Y'a bon' mais reste titulaire de 'Banania', ait commis une faute". "Des produits portant 'Y'a bon', il est fort probable que vous en trouviez dans dix, vingt ou cent ans dans les cuisines des ménagères et les antiquaires et Nutrimaine ne s'était pas engagé à rapatrier les produits qui se trouvent dans les cuisines", a-t-elle lancé, en ajoutant que Nutrimaine est "maître de ce que font uniquement ses licenciés", et non les revendeurs.

La cour d'appel rendra son arrêt le 19 mai ".

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