18 avril 2021

L’argent du Qatar

Un évènement récent, passé plus ou moins inaperçu par le monde médiatique. Inaperçu, car insignifiant par rapport aux élections américaines et le changement à la tête de la Chine, sans compter le virage à 180 ° de la politique de notre gouvernement.
 
De quoi s’agit-il ? Dans le monde arabo-musulman récent, un clivage était en place : dans la vieille cassure entre les chiites et sunnites, l’axe pro chiite Iran-Syrie d’Assad-Hezbollah –Hamas paraissait solide comme un roc et inamovible contre la nébuleuse sunnite dirigée (et financée !) principalement par le Qatar et l’Arabie Saoudite. Même plus, la mollarchie iranienne donnait des satisfécits aux  révolutions arabes (sunnites) avant que celles-ci n’atteignent l’allié syrien.
 
Une question me taraudait, moi l’occidental ignare des mystères et soubresauts de cet Orient compliqué. Comme dans les jeux de logique, je trouvais un intrus dans cet axe pro chiite ; si le groupement composé de l’Iran chiite, les Hezbollah aussi et le clan pro Assad –des alaouites -(une branche du chiisme) faisait un ensemble homogène et logique, que fait le Hamas, le parrain de Gaza, tous sunnites ? Mais bien sûr, l’explication est toute trouvée : d’un coté la haine d’Israël et de l’autre, la manne financière provenant de l’Iran via la Syrie qui permet aux cadres et dirigeants de Hamas de vivre dans une opulence extravagante par rapport à sa population.
 
Et bien, qu’apprend-on du Qatar ces derniers jours ? Une visite de l'émir Hamad Ben Khalifa al-Thani  de seulement quelques heures dans la bande de Gaza, accompagnée d’un chèque de 400 millions de dollars a suffi pour faire basculer totalement la donne. Ismaïl Haniyeh, Premier ministre du Hamas à Gaza a eu une révélation divine (oh, les religions…) Il s’est rappelé soudainement qu’il est sunnite, mais en plus, appartenant à une branche des Frères Musulmans qui sont au pouvoir en Egypte, Tunisie (grâce aussi aux prébendes Qatariennes) ; donc, il s’est déclaré solidaire de la rébellion anti Assad en Syrie. Suite logique, Assad a fermé le bureau de Hamas à Damas et son dirigeant fut obligé, apparemment, de quitter la Syrie. Quel pataquès : dorénavant les Hamas en Syrie – ex alliés d’Assad- luttent dans les cadres de la rébellion, tandis que les palestiniens affiliés au Front Populaire de Libération de la Palestine d’Ahmad Jibril luttent dans le camp adverse. Et l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas, reconnue par les instances internationales comme le représentant unique du peuple palestinien, ne reçoit pratiquement plus d’argent du Qatar ; même plus, celui-ci essaie d’évincer l’Autorité Palestinienne laïque, pour les remplacer par Hamas.
Avec l’argent, toutes les voies célestes sont ouvertes.

Une réflexion sur « L’argent du Qatar »

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