7 février 2023

La “légitimité” djihadiste

Il faut parfois faire de la philosophie à coup de marteau disait Nietzsche donc il faut continuer à enfoncer le clou tant la surdité est (de plus en plus) grande ; ainsi les djihadistes se disent la chose suivante semble-t-il : l'islam (réel) est aujourd'hui soit source de droit, soit la source même du droit, soit, au moins, religion d'État, qui a droit de contrôle sur la nationalité, le mariage, le droit de la famille, la liberté religieuse, l'interdit sur certaines denrées etc, et ce dans la plupart des pays dits musulmans ; cela a même été renforcé en Tunisie, en Égypte, en Algérie (ne parlons pas des pays wahhabites évidemment) or, tous ces interdits sont adoubés évidemment par les djihadistes qui en veulent seulement bien plus comme cela se passe tout simplement en Iran en Arabie Saoudite, au Nord du Mali, etc : il y a donc une différence de degré pas de nature pour disons les courants proches de l'application d'un islam originaire comme solution globale aux problèmes complexes du monde techno-urbain.

Iran 1970

Et cette différence n'est pas liée à des pressions sociales liées à des inégalités et de la misère puisque le Qatar, l'Arabie, pays riches, et qui financent la plupart des ONG islamiques, soutiennent l'application littérale de la charia qui est en discussion en Tunisie, en Egypte, en Algérie également. Or, suffit-il pour ces pays d'indiquer que "l'islam ce n'est pas ça" ou encore "les terroristes n'ont rien compris à l'islam" alors qu'ils appliquent nombre de principes exigés par les djihadistes hormis il est vrai le droit de regarder la tv, d'écouter de la musique, fumer, jouer, tandis que l'application de la charia en matière de sanctions pénales se trouve limitée. Mais il y a vingt ans qui aurait pu penser que l'on se battrait aux portes des universités tunisiennes pour imposer le niqab ? On ne voit pas pourquoi, et nombre d'intellectuels formés à l'école de Foucault et de Bourdieu sont prêts à franchir le pas que les réalismes de puissance ont déjà accompli à savoir "respecter" la "diversité" d'un jugement pénal en Arabie, au Qatar, en Iran : décapitation, amputation, etc. Ce qui est déjà le cas d'ailleurs : lorsqu'un Mamère proteste, c'est qu'il est d'accord pour accepter cette application qu'un Fabius refuse en parlant de "barbarie" alors qu'il s'agit seulement d'une application juridique validée par tous les musulmans y compris "modérés" mais qu'en effet ils n'appliquent pas, tout comme la lapidation et d'ailleurs Ramadan a proposé un moratoire aux docteurs (qui a été refusé aux dernières nouvelles).

Conclusion ?

Si les musulmans dits modérés veulent vraiment avaliser leur conception "modernisée" de l'islam c'est-à-dire supposée intégrer les avancées universelles des droits humains (non seulement occidentaux donc) à savoir la démocratie, la séparation et la balance des pouvoirs, il leur faut discuter intellectuellement théologiquement politiquement avec les djihadistes au lieu de les mépriser en leur disant qu'ils ne connaissent rien à l'islam ; cela permettrait aux jeunes attirés par la vision salafiste de (se) questionner… Cela pousserait les gouvernements islamiques à répondre autrement que par la mitraille. Les généraux "algériens" ont tout de même tué plus de 200 000 personnes dans les 90 qui voulaient simplement vivre ce qu'on leur enseignait à l'école et dans les médias. C'est ce débat là qui manque: à quand un Mots Croisés animé par Calvi avec des représentants officiels de "l'islam de France" et des représentants du courant plus originaire, hormis Ramadan s'entend ; il est vrai que les représentants officiels refusent de venir si celui-ci est invité, ne parlons pas des autres, or, c'est ce refus de débattre qui n'est plus soutenable.

Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

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