20 octobre 2021

La déconnexion

Cette déconnexion n'est pas seulement lié à cet été tardif qui ressemble de plus en plus d'ailleurs à un printemps exubérant tant les arbres fleuris sont en pleine déhiscence : ils embaument comme si nous étions en mai. Mais, en juillet, le "mai" est politique, en Égypte comme au Brésil, et, dans une certaine mesure, aussi en France, tant les personnels politiques sont en déconnexion de plus en plus grande avec les besoins réels des peuples.

Ceux qui avaient par exemple enterré très vite ledit "printemps du jasmin" (pompeusement nommé "arabe" alors que cette identité n'a rien à y voir) ont dû déchanté en observant avec beaucoup de désappointement la population urbaine égyptienne refuser ce que l'on a encore plus vite nommé "leur culture islamique" ; il fallait s'y faire selon eux, les "valeurs occidentales" ne sont qu'un effet provisoire de la "domination occidentale" censé disparaître tel un visage de sable sur une plage balayée par les eaux venues du si célèbre puit sans fond de l'Histoire.

Sauf que ces valeurs ne sont pas occidentales dans leur vérité mais dans leur forme. Aussi chaque peuple peut s'emparer du fond de ces valeurs en leur donner la forme désirée. Elles dépassent leur lieu de naissance du fait qu'elles sont en réalité des mesures nécessaires pour qu'émergent la liberté et le développement réel. Elles sont donc bien plus des conditions requises que des normes uniquement construites au fil des modes.

Ainsi, même si leur fond morphologique s'exprime par des formes conventionnelles, ces valeurs sont bien des mesures universelles permettant de s'appuyer dessus de façon solide. Par delà le bien et le mal ne veut pas dire par delà le bon et le mauvais disait Nietzsche, autrement dit la valeur doit être revisitée dans sa forme tant celle-ci peut corseter la poussée nouvelle du fond des valeurs qui exige une nouvelle forme. Sauf que l'ancienne forme s'accroche à ses privilèges comme l'avait bien vu Marx.

C'est ce que l'on voit ces temps-ci dans nombre de pays dans lesquels la "forme" État ne correspond plus aux besoins multiformes de foules de plus en plus urbanisées et donc désireuses d'un confort matériel et spirituels adéquats. En fait les questions posées nécessitent de penser la forme du politique d'une nouvelle manière comme le pensent de plus en plus les rénovateurs républicains de la démocratie pensée en vue du plus grand nombre et non pas "en son nom" : ce qui implique de penser à des formes modernes de la démocratie directe comme le vote électronique à chaque séance visionnée en directe des réunions municipales avec un quorum à atteindre à chaque fois. Les questions plus importantes peuvent être tranchées par référendum. Les rôles du Sénat et de l'Assemblée Nationale doivent évoluer : le premier se chargeant de coordonner cette démocratie directe ; la seconde ayant en charge les relations avec l'étranger.

La centralisation amène son lot de corruption et de passe droits. La localisation aussi sans doute sauf que la capacité d'y remédier peut être plus rapide tant il est possible de localiser justement les racines bureaucratiques malades.

En France, tout est focalisé autour d'une élection présidentielle qui semble bien mobiliser tous les moyens légaux et occultes en vue de se faire réélire alors que le pays attend une réelle gouvernance. Plus encore la démocratie représentative, loin de gérer le pays, administre ses propres affaires, croyant bien faire, alors que souvent elle obéit à des lobbies et des clientèles. C'est cet état de fait qui ne peut plus durer. Dans le monde entier.


Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

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