28 avril 2026

Historialité ou Politeialité ? Le problème n’est pas tant l’apport “historique” que sa continuité “politique”

Différence ici entre “historialité” : les êtres humains peuvent bien “exister” tels des composites de “racines” diverses, pièces historiques de musées à terme, mais pas comme “politeialité” (ce qui est mal) : néologisme indiquant que les êtres humains ne font pas seulement qu’exister (la pierre existe elle n’est pas) ils vivent comme des êtres politiques c’est-à-dire maîtres de leur destinée  citoyenne(Polis) en apprenant (sans fin) à se limiter c’est-à-dire sans écraser autrui par principe ; les “minorités” étant par exemple libres d’accepter le principe majoritaire (démocratie) de la Politie considérée ou de partir comme le faisaient les Grecs naguère allant fonder une autre Cité, ou les sectes religieuses d’Europe allant expatrier leur dissidence au Nouveau Monde , mais se heurtant ou vivant en bonne entente avec les gens du cru jusqu’à ce que les forces centrifuges de l’appétit humain et de son outil urbain s’organisant en machine “étatique” bousculent les structures ancestrales (et ce depuis l’Imaginaire de la Tour de Babel …).

Or, d’aucuns par exemple tentent d’avancer que tel ou tel apport (et retrait) civilisationnel expliquerait uniquement la suprématie actuelle de “l’Occident” : ainsi l’on parlera d’un côté “d’accumulation primitive du capital” liée à l’exploitation de richesses externes (pourtant l’or importé par les Espagnols les a ruiné paradoxalement, tandis que l’or noir des monarchies du Golfe ne les a aidé en rien à se défendre contre l’ogre khomeyniste) tandis que de l’autre côté l’on mettra en avant tel apport en “sciences et techniques” ( sans se demander si celui-ci a pu à lui seul produire la coupole, la machine à vapeur ou le fusil…) avec pour conséquences l’exigence (si aigrie et envieuse) de demander des réparations ou alors de légitimer des transferts de population au sein même de cet Occident ainsi indûment bénéficiaire ; comme s’il était déduit d’une part que ces apports auraient manqué aux sociétés censées les avoir “créés” pour se développer elles-mêmes (ce qui est déjà absurde : comme s’il s’agissait d’un exode asséchant de fait la source d’origine…), et comme si d’autre part ces mêmes sociétés auraient pu elles-mêmes les développer s’il n’y avait pas une interférence extérieure les en empêchant, entendez “le” colonialisme, alors que celui-ci  n’a en rien agi de la sorte (bien au contraire) sinon en répercutant les problèmes “permanents” (disait Léo Strauss) de toute société en expansion à savoir la structuration de sa stratification sociale et la répartition toujours conflictuelle de la valeur ajoutée produite….

Aussi il s’agit moins de se demander si ces “apports” sont la raison maîtresse de la suprématie technique née en Occident (précision importante puisqu’elle s’est aujourd’hui universalisée) mais pourquoi ces apports ont pu d’abord prospéré en Occident -mais aussi en Chine jusqu’à un certain point cependant- et sont restés à l’état de promesses, de potentiel partout ailleurs ; ce fut d’ailleurs la question que se posa Max Weber, bien plus pertinent que Karl Marx en la matière, dans L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme (à différencier de l’avidité et l’appât du gain intemporels et en amendant que “l’esprit” du capitalisme c’est précisément la constante de la modernité permanente). Or, nos pourfendeurs actuels laissent présupposer que sans ces “vols” de richesses et de savoirs l’Occident ne se serait pas développé d’une part, et qu’il aurait empêché d’autre part aux sociétés du “Sud” de le faire, ce qui expliquerait leurs difficultés actuelles, leur immigration par exemple qu’il serait alors justifié d’accepter afin de réparer ce qui leur aura été accaparé. Seulement rien n’est plus faux…

Et point n’est besoin de déblatérer plus à fond tant des bibliothèques entières ont pu expliquer que “l’impérialisme” n’est pas le “stade suprême du capitalisme”,  la dimension “impériale” l’ayant précédé bien avant sa formalisation avec l’âge démocratique et sa technique industrielle, ou encore que la guerre n’est pas le produit de la propriété privée ; Proudhon et Marx ont mésinterprété Rousseau, lui même s’étant empêtré dans une lecture étriquée des Evangiles alors qu’il s’agirait de lire toute la Bible : lorsque les frères de Joseph vendent celui-ci, lorsque Saül veut faire périr David, cela n’a rien à voir avec une question de propriété privée mais d’envie d’ être le seul souverain et d’attirer ainsi “puissance autorité et richesses” ces trois mamelles du pouvoir chez nous les Grands Singes…

Voilà pourquoi aura été posée, depuis, la question cruciale de la “Limite”: non seulement pour appliquer l’Absolu (par domaine de définition) mais pour pouvoir justement savoir être ensemble sans s’entretuer… Mais, aujourd’hui, ce “savoir être” n’est plus enseigné ou si peu sinon par le plus petit bout de la lorgnette façon “c’est à cause de” ou c’est “la faute à”, toujours un facteur externe donc : “c’est à la faute à Rousseau si je suis dans le ruisseau, c’est la faute à Voltaire si je suis tombé par terre “… On comprend alors mieux pourquoi la France, première puissance du monde après la guerre de 14 est, un siècle plus tard, de plus en plus en queue de peloton et continue même à descendre, tout en disant le contraire et menaçant ceux qui l’énoncent, jusqu’à les déclarer “hors la loi” s’ils persistent à faire remarquer que “le roi est nu”… En plus d’être sans tête…

Historialité (arts décoratifs subventionnés) ou Politeialité (art-limite du Politique souverain) ?…


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Lucien SA Oulahbib

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