6 février 2023

Encore une fois P-A Taguieff attaqué par le P.C.F

Le P.C.F (politiquement correct français dont j'avais dessiné les derniers contours dans un livre récent) a encore frappé par la plume d'un certain Jean Birnbaum du "Monde" considérant que la tentative de P-A Taguieff d'analyser les raisons de l'échec de la diabolisation du FN consiste seulement à " dédiaboliser" celui-ci, au lieu de… De quoi précisément ?…Jean Birnbaum se garde bien de le dire sinon en rappelant que Taguieff avait écrit autrefois de façon plus conforme aux yeux de ce "journaliste".

Le plus curieux étant qu'une autre "journaliste", Françoise Fressoz, du même journal se fende d'une tribune dans le NYT disant peu ou prou ce qu'analyse P.A.T dans son livre, par exemple le fait que le FN bénéficie d'une démonétisation d'une classe politico-médiatique incapable de comprendre les raisons de sa montée en puissance électorale :

 

You would be hard-pressed to find anyone in France who isn’t fed up with national politics and all the expensive drama, impatient to pull out of the six-year-long economic spiral, or even willing to give up on the grand European project. The French would more than like to see better days. And if that means sending Marine Le Pen to the Élysée Palace in 2017, then a lot of people say: So be it.

 

Gageons que son collègue l'accusera également de tenter une analyse "dédiabolisante" au lieu de pourfendre seulement le FN puisque pour tout militant "antifa" l'essentiel doit être concentré dans le fait seul que M.L.P soit au moins battue au second tour en 2017 afin de pouvoir continuer le même spectacle de désolation (désirée par tous les soumis en puissance, adeptes de Masoch comme le conseille Deleuze) jusqu'à ce que, à force de crier au loup, celui-ci s'installe tout à fait légitimement en 2022… Le tout, pour l'essentiel, grâce aux "antifa" incapables tel ce Birnbaum de comprendre la prose suivante :

 Le déni des faits, pour la seule raison qu'ils sont exploités par la propagande lépéniste, constitue l'une des plus grandes faiblesses de l'argumentation antilepéniste, et s'articule souvent avec le recours aux clichés de la rhétorique diabolisatrice. Ce déni prend souvent l'attitude d'attitudes phobiques, exprimant la crainte d'une "contamination" idéologique. Comme si l'acte d'employer un terme suremployé par les leaders du Front national devait engendrer fatalement une terrifiante "lepénisation" de l'énonciateur dudit terme. C'est là confondre les mots et les choses, et oublier les choses au profit d'une querelle de mots.

Voilà ce qu'énonce P.A.T dans son ouvrage (pp.27,28), en quoi ce constat, froid et solide, consisterait essentiellement à "dédiaboliser" le FN ? Il vise plutôt à informer que la diatribe des pseudo-pourfendeurs de ce dernier ne font que lui donner du grain à moudre et en tout cas n'ont guère empêché sa progression, y compris dans des régions et des CSP qui ne sont guère touchées par la "crise"; ce qui implique qu'autre chose est en jeu dans le vote FN qui dépasse la simple comptabilité des facteurs socio-économiques toujours mis en avant et pour toutes sortes de situations, oubliant que le citoyen ne vit pas seulement que de pain mais aussi de symboles incarnés dont il ne sert à rien d'en décrier la "violence" s'il n'est pas également pensé que tout système symbolique porte en lui un ensemble de droits et aussi de devoirs et, donc, secrète une "violence" telle que par exemple cette violence de refuser toute dérive raciste, n'est-ce pas là une "violence" que ce refus, , ?…

On voit alors bien que toute la logorrhée foucaldo-bourdieusienne  prétendant "lutter contre la violence symbolique" en soi, n'a fait qu'interdire en réalité la possibilité de penser pourquoi dans certains secteurs, groupes, activités, des phénomènes de prégnance symbolique deviennent politiques et par là veulent s'affirmer en tant que tels. Cette cécité (volontaire) oublie qu'une population, autochtone, indigène, peut refuser qu'on lui impose une façon d'être incompatible avec sa manière multiséculaire d'être ensemble :-).

Cette fermeture, entêtée, dans l'analyse s'observe également lorsque l'on écoute les tenants de la nouvelle loi pénale cherchant à tout prix à éviter au délinquant la case prison puisque celle-ci le "transformerait en criminel endurci" alors que la relation de cause à effet non seulement n'est pas démontrée (tous les prisonniers lorsqu'ils sortent ne deviennent pas tous, dans leur grande majorité, des récidivistes) mais qu'il est également oublié que le point essentiel n'est pas d'abord de sauver le criminel mais d'abord de réparer une injustice : celle qui a fait que le pacte social ait été rompu et qu'une victime est en train de souffrir de cette rupture, parfois profondément non seulement dans sa chair physique mais sa chair symbolique, c'est-à-dire dans son lien d'appartenance avec la Cité (c'est ce que j'ai tenté de montrer dans mon livre) ; d'où alors le dégoût, la déception insoutenable, puis le désir de faire payer cette Cité si veule qu'elle va par exemple jusqu'à indemniser cette victime de quelques centimes par un criminel sans doute hilare tant il aura en plus tout autour de lui de bonnes fées qui viendront le "réhabiliter" alors que la victime, elle, se verra, bien sûr, abandonner à son sort de dommage collatéral de la "société capitaliste".

Voilà pourquoi le tueur du musée juif de Bruxelles veut être jugé en France : parce qu'il sent bien qu'il sera reçu, entouré, aidé, accompagné dans sa "réinsertion" déjà programmée, couvée, par toutes ces créatures qui entourent l'actuelle Garde des Sots.

Rira bien qui rira le dernier dans ce cas ? Hélas non : rira bien qui pourra rire (en 2022).

Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

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