27 janvier 2022

Dérive corporatiste des services publics?

Ouvrir le capital ? Oui! pour de meilleurs services publics.

L’erreur des Britanniques et des Américains avec la privatisation du rail et de l’électricité aura été de ne pas comprendre que l’on ne peut pas privatiser l’arbitre,-l’instance de régulation- même si pour le rail anglais il ne faut pas oublier que lorsque Thatcher le privatisa en 1980 il avait déjà trente ans de retard en matière de maintenance…Cela fait aujourd’hui 56 ans.

En Californie, l’augmentation de la consommation électrique du fait du boom des années 90 en passant du simple au double au moment même où les centrales se privatisaient a fait que certaines ont voulu en profiter par la spéculation et la fraude.

Cela a brouillé en France l’idée que de nouvelles réglementations (au lieu de dérégulation qui ne veut rien dire) permettaient cependant de gagner en qualité de service,
Il est pourtant possible d’ouvrir le marché public et de veiller à ce que le cahier des charges soit sous le contrôle d’une instance indépendante pour éviter les effets secondaires non désirés, les inégalités d’accès, etc.

Depuis que France Télécom n’a plus le monopole, personne ne peut dire que cela nuit, malgré ses achats impétueux et son déficit (qui n’est pas dû à cette ouverture mais au fait qu’elle devait payer cash puisqu’elle n’était pas une société de droit privé alors qu’elle aurait pur faire des échanges d’actions). Et même si certaines catégories se plaignent, et sûrement à juste titre, des cadences, cela relève du combat syndical classique et ne dépend pas du statut juridique de l’entreprise.

Les salariés pourraient d’ailleurs fort bien exiger des compensations en demandant plus d’embauches, il y a actuellement pénurie d’ingénieurs et d’ouvriers qualifiés en électronique…, dans le bâtiment.

Mais pour cela il faut plus d’argent. Or aller seulement “en prendre aux riches” ne fera qu’accélérer la fuite en avant dans le déficit (puisqu’il suffit de puiser dans la poche des “nantis”) ce qui, au bout du compte, aggravera le ralentissement économique puisque l’argent pompé ne servira pas aux investissements, donc à l’emploi, mais à boucher les trous. Or le ralentissement économique actuel (dû pour une part à la saturation de la consommation en biens classiques dans le Nord, voir l’article de Shirley Loral dans le PDF -réservé aux inscrits) ne fera que s’aggraver, ce qui diminuera la rentrée d’impôts…et donc augmentera les divers déficits, retraites sncf, dettes diverses, sécu, etc.

Pourtant EDF, GDF, la SNCF, la Poste, les Musées pourraient décider d’apporter le plus d’argent possible à la collectivité en devenant sociétés anonymes, en payant donc plutôt d’ impôts à terme, tout un argent nécessaire pour accroître la solidarité, la protection, la formation.

Seulement la difficulté de la pensée syndicale à la française, hormis les actuels efforts de la CFDT, et, paradoxalement de SUD, (paradoxalement parce que son discours est plus radical, mais, parfois, plus pragmatique) consiste à refuser, d’emblée, de considérer le patronat comme un partenaire. La CGT voit par exemple seulement en lui un interlocuteur. Or c’est justement ici qu’il s’agirait d’entamer un débat essentiel afin que les salariés soient parties prenantes dans la décision économique. Tout en sachant néanmoins que la fonction syndicale reste distincte de la fonction gestionnaire.

Il n’est en effet pas question de confondre les genres : sous couvert de productivité et d’augmentation des dividendes, les salariés pourraient être la cause même de leur propre surmenage…

Le rôle de l’Êtat en France serait donc de veiller à ce que le fameux “dialogue social”, se déroule dans les meilleures conditions. Par le référendum sur le Service Public par exemple. Êtes-vous oui ou non pour un service public plus fort, modernisé ?

Le futur Président (ou Présidente…) en France sera élu sur ce mandat. A lui de saisir cette chance et faire en sorte que le “dialogue” débouche sur un renforcement de la France. N’oublions pas aussi que la planète a de plus en plus besoin d’elle. Pour universaliser ce qu’il serait possible de nommer une néo-modernité ou comment articuler liberté et solidarité.

22 février 2007

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