6 décembre 2020

La cuistrerie des puissants

Loin de se remettre réellement en cause en observant la victoire, inédite, des conservateurs en U.K, la persistance et même la progression de courants souverainistes, certes hétérogènes mais néanmoins consistants dans divers pays dont les USA, de même que le refus pour certaines catégories sociales, par exemple en France, de voir s'homogénéiser, à leur détriment, les systèmes de protection sociale, il s'avère que la caste sui generis globalisée (post-national et hyper-échangiste) au pouvoir persiste et signe; tout en manipulant la peur la trique et les sanctions financières asphyxiantes (interdisant par exemple aux banques de prêter de l'argent à certains partis jugés "extrêmes" croyant ainsi arrêter la "contamination" en cassant le thermomètre). 

Ainsi, et alors que de plus en plus les masses populaires votent souverainisme et les masses élitistes soutiennent le globalisme (de plus en plus repeint en plusieurs nuances de vert ou l'islamo-écologisme) ces dernières n'ont de cesse de salir abrutir ponctionner les premières en agitant, d'une part, les peurs ancestrales de fin du monde, toutes bardées de chiffres épouvantables en guise de malédictions prophétiques (ce qui permet de financer à marche forcée dans des technologies sujettes à caution comme l'éolien) et, d'autre part, en soufflant sur les peurs de guerre civile désignant par exemple à la vindicte les nouvelles "punaises" (disait autrefois Lénine) poux, microbes que seraient certains de ces souverainistes:

il paraîtrait en effet que leur dangerosité supposée est telle qu'il faudrait non seulement maintenir mais renforcer un "cordon sanitaire" (remugle du fameux front anti-fasciste des années 30) tout en mettant sous le tapis bien sûr les problèmes soulevés par ces dites "impuretés" (comme préserver un certain art d'être ensemble (et non pas seulement cohabiter) mais en disant le contraire bien entendu, l'accompagnant simultanément de quelques mesures cosmétiques et de quelques coups de trique, absorbant même, in fine, la critique en soutenant voire en affichant certaines dénonciations "au nom de la liberté d'expression" comble de l'hypocrisie et de son hyperréalisme fantasmatique. 

Pour y arriver deux croquemitaines sont déployés: le fait que des évolutions climatiques cycliques (tel le recul de certains glaciers –depuis 1870 pour la Mer de Glace) mais aussi la sédentarisation humaine multi-millénaire (la création des pâturages en haute montagne) soient "la"preuve d'une culpabilité occidentale blanche capitaliste qui aurait "accéléré" ces deux phénomènes ; il s'agirait alors désormais de les effacer (et ce littéralement : par le refus pour certains de se reproduire par exemple tout en encourageant l'avortement tardif comme aux USA et au Canada) manipulant dès lors les évolutions démographiques mondiales liées pour une grande part à la corruption post colonial incluant le tiers-mondisme, les imposant à des populations autochtones sommées de l'accepter sous peine d'être accusées de racisme en agitant l'anathème "extrême droite" prétextant de la présence d'une frange racialiste puriste (qui a son pendant à l'autre extrême agitant, elle, un racisme de classe contre "les" riches).

Les globalistes insistent ainsi lourdement sur cet anathème parce qu'ils font tout pour justifier l'importation intensive de fait d'une immigration (qui, attirée par les dépendances diverses, leur servira à terme de clientèle électorale) fuyant une corruption liée à une hyper-spécialisation affairiste (ou l'ultra-échangisme dont ledit "consensus de Washington" n'est que le bouc émissaire) sinon mise en place du moins protégée par ces mêmes globalistes, l'enrobant également d'explications "classiques" liées à l'involution de l'enfantement en Occident, et au fait que certaines professions dites pénibles soient rejetées.

Or, rien ne dit que l'effondrement démographique devienne pérenne si les mesures adéquates sont prises (soutien financier aux jeunes parents, crèches, accompagnements divers, tutorats…). Par ailleurs une meilleure organisation de la protection sociale via le salaire complet et la création de fonds d'épargne ouverts y compris aux plus défavorisés permettraient simultanément de mieux payer les travaux pénibles, tout en faisant en sorte que les préposés n'y restent pas trop longtemps et soient plutôt accompagnés dans des formations plus épanouissantes; enfin le fait que dans les pays à forte émigration les instances internationales aident à la création de réels outils politiques et techniques permettraient à la fois un meilleur développement et la lutte réelle contre la corruption, clé majeure d'un réel développement durable, du moins si l'on ne se contente pas de souiller les halls des fonds de pension.

Tout cela serait très possible. Sauf que deux écueils politiques et idéologiques, bien repérés depuis longtemps, restent à écarter : d'une part l'idée fausse qu'il faudrait déjà revenir aux solutions du Conseil National de la Résistance ainsi qu'à la retraite à soixante ans alors qu'elles ont amené à la situation actuelle ; d'autre part le fait qu'il serait nécessaire pour pallier aux conséquences néfastes de cette dernière de poursuivre simultanément la globalisation hyper-échangiste (délocalisations, morcellement exacerbé des chaînes de production et non réciprocité des ouvertures de marché).

Contrebalancer les effets pervers de l'hyper-échangisme ne se fera pas par l'étatisation non seulement de toute la solidarité mais aussi de tous les mécanismes de renouvellement et de maintien de la structure sociale considérée (scolarité, formation, santé…) ; d'autant que c'est  très mal fait à voir la désertification les mauvais salaires et l'excès de travail, le tout bien sûr péroré au nom de l'égalité et de la fraternité, humaine ; alors que cela se fait en réalité au détriment de la liberté citoyenne, pourtant première (par exemple dans l'adage républicain français) tout en continuant à faire payer la facture, le coût global d'une telle homogénéisation/étatisation, et ce comme à l'époque de la monarchie absolue, au nouveau Tiers-État : soit les catégories moyennes dites les plus "aisées" (soulagées un instant en ce début d'année car les élections intermédiaires approchent…)

Cette étatisation issue de l'hyper-échangisme globalisé sécrète non seulement une nouvelle caste mais elle prétend aussi parler et agir "en même temps" au nom des plus "défavorisés" qu'elle s'empresse en réalité de multiplier afin de prospérer dessus en prélevant taxant, déshabillant Pierre pour habiller Paul ("aider" indifféremment PME et Firmes) ; en fait la pauvreté ne provient pas de l'existence d'actifs favorisés mais de favorisés non actifs au sens de ne rien produire mais plutôt empêcher la création indépendante de richesses afin de faire croître le nombre d'assistés transformés en électeurs dociles renouvelés par des vagues d'immigration sommées de ne pas s'assimiler et de plutôt s'accrocher à la drogue dure des pensions diverses comme l'exigent les pseudo insoumis(es) de l'islamo-écologisme et du faux féminisme, toujours à la pointe de la démagogie malgré leurs mensonges et soutiens aux régimes les plus totalitaires.

Tout cela est cependant (trop) connu.  Ce qui l'est moins peut-être consiste en ce que cette situation empire malgré quelques lueurs ici et là (variation, à la marge, de quelques indices) qui créent, en même temps, des phénomènes fragilisants tels que l'accroissement des dépendances aux subsides mais aussi aux psychotropes légaux et illégaux se doublant par la fuite en avant vers les extrêmes prétendant à un âge d'or passé ou à venir.

Il est alors dommage que les (rares) esprits les plus à même de réfléchir et surtout agir au sein de ce contexte historique si complexe s'enferment dans ces mêmes impasses théoriques et pratiques (confondre économisme et libéralisme, marxisme et esprit critique) qui font toujours le lit des opportunismes multiformes.

Et d'ailleurs si "le" peuple se trompe en les portant pourtant au pouvoir c'est bien parce que "l'élite" ne fait pas son travail (alors qu'elle prétend combattre la "post vérité") ce qui a des conséquences bien plus graves, comme cela s'observe, hélas, de plus en plus. 

Heureusement que "la" société civile creuse, silencieusement, les alternatives réelles. Même si cela se voit moins.

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