1 décembre 2021

Coupés de la branche

Quelques radiations adaptatives marginales, ont conférés à l’humain un destin très différent de celui qui le sépare des autres singes. Certains de ses cousins ont disparus. D’autres ont perdurés et continuent de partager la quasi-intégralité du patrimoine génétique avec n’importe quel prix Nobel. Il y a moins d’écart entre l’homme et le chimpanzé qu’entre le zèbre et le cheval.

Le fait que le déterminisme biologique humain se prolonge grâce à la singularité de son système neuronal, en une infinie variété de productions culturelles et technologiques, lesquelles, à leur tour, se reproduisent en un rythme désormais quasiment autonome de l’action anthropique, tend à faire oublier l’arbre duquel il descend et sa malléabilité évolutive. Ni plus, ni moins que celle de n’importe quelle autre espèce. Cette perspective naturaliste a progressivement disparu au cours des 20 et 21èmes siècles des considérations philosophiques. Le principe cadre de l’évolution lui reste ce qu’il est : soit les organismes finissent par assimiler l’information et, à terme, s’adaptent aux déterminants extérieurs qui le précèdent, soit ces mêmes déterminants sont cause de l’extermination.

Le passage à la station bipède, dont le détonnant continue d’être incertain, a représenté un moment crucial il y a de cela entre 5 et 10 millions d’années. Il a pu suffire de très peu de chose. L’humain moderne, lui, ne dépasse pas les 40.000 ans, l’Histoire 10.000 ans. Autant dire des nanosecondes, comparé aux éons qui le séparent de l’étincelle du grand devenir organique. Quel impact pourrait avoir en termes d’anthropogénie le fait de jouer à la roulette russe avec un aspect aussi essentiel que le dimorphisme sexuel ? Quelle conduite biologique se verrait inhibée comme conséquence de schémas culturels imposés par les chimères de l’idéologie de genre ?

Les promoteurs de l’idéologie de l’unicorne proclament qu’ils viennent remplir la mission de rompre avec les schémas culturels, alors que l’évidence indique que ce qu’ils visent consiste à faire table rase des invariants naturels, congénitaux, anthropologiques, éthologiques, en une sorte de reverse engineering, visant le non-dit transhumaniste.

Cette négation du fait biologique pourrait expliquer la raison pour laquelle sont passés sous silence de nombreux travaux sur la diminution du différentiel hommes femmes et sur la stérilité, non plus sociétale, mais bel et bien physiologique. Un phénomène assimilable à une forme douce d’hermaphrodisme en progrès. Cette réalité est antérieure à l’entéléchie de nouveaux « droits ». Nous ne sommes pas les mêmes qu’il y a un siècle. En un siècle, une série de phénomènes métaboliques, conséquence de la dispersion de molécules étrangères à notre constitution, les xénobiotiques, omniprésents dans notre écosystème et la chaine d’alimentation, ont généré de graves perturbations hormonales.

Les perturbateurs endocriniens sont partout : métaux lourds, plastiques, pesticides, herbicides, cosmétiques et de manière générale dans tous nos actes de consommation active ou passive. Même l’alimentation bio y passe. Ils complotent contre l’homéostasie comme aucun autre facteur au cours de l’évolution ne l’avait fait. Les conséquences sont systémiques. Elles affectent en particulier la fécondité masculine. Même en conséquence minime, ces particules agissent comme des œstrogènes ou anti-androgènes. La réalité est que l’ensemble du vivant, faune et flore compris, et singulièrement l’homme, se déploie dans un environnement hautement colonisé par les hormones féminines. « On ne nait pas femme, on le devient », est une prophétie, pas un slogan féministe.

La conséquence la plus visible est le syndrome d’indifférenciation sexuelle, auquel il convient d’ajouter une longue liste de pathologies :  outre la stérilité, les problèmes neurologiques, l’augmentation des cancers, etc. Et il ne s’agit pas d’un épiphénomène. Les tares sont transgénérationnelles, dû à l’interaction entre les récepteurs et l’ADN.

Curieusement cette tragédie de toxicologie environnementale ne préoccupe pas les grandes fondations philanthropiques, toutes occupées qu’elles sont à développer le mythe de l’Anthropocène et fomenter leurs projets écologiques malthusiens pour y remédier. Dans leur acception l’homme est nuisible et sa substitution définitive par la machine n’arrivera jamais assez tôt. La misanthropie systémique se revêt d’intentions de faiseuse d’anges. Son programme, partie substantielle de l’écologie politique, n’est autre que l’éradication de tout ce qui nous fait humain. Rien n’est plus éloigné du naturalisme que l’écologie politique.

L’idée serait de détruire ces fonctions vitales qui nous égalent comme espèce depuis que nous sommes descendus des arbres. La feuille de route aurait pour priorité déprogrammer les matrices de survie, détruire la notion de parenté, entraver les processus d’apprentissage, imposer toutes les barrières possibles au réflexe d’assistance mutuelle, changer la diète alimentaire, inhiber l’empathie, noyer l’instinct.

L’instinct, intransférable, inimitable, dernière marque de notre animalité, donc de notre humanité, cette capacité de perception, partie de la morphogenèse, cache toute une organisation neurosensorielle de conservation de l’espèce et de moteur de la pression sélective. L’instinct n’obéit à aucun déterminant culturel. Il permet à l’espèce de réagir à des alertes. Par exemple la menace de captivité.

Un dressage sous forme d’endoctrinement aussi massif que consensuel peut reprogrammer tout ce marquage éthologique.  Les enfants nés au cours de la dictature covidiste auront naturalisés le fait de vivre sous un état d’exception. Les contraintes et restrictions leur paraitront garantes de leur sécurité.

Le mot liberté, un concept à forte connotation subversive, propre aux sauvages, sera devenu un gros mot d’ici à 2030 et perçu comme un antonyme de sécurité.

Un des nombreux outils de mutilation massive dans le cadre du reconditionnement porte sur l’accélération de la maturité sexuelle des enfants au travers de l’arsenal de la porno-pédo-pédagogie. Ces manuels qui enseignent aux enfants des pratiques sexuelles que les générations qui précédent ignoraient, à moins d’appartenir à une ultra minorité de sexopathes. Pratiques sexuelles qu’aucun adulte aurait osé aborder face à un public de mineurs, sans peur d’être accusé pénalement de stupre. Ce réveil sexuel précoce n’est toutefois pas une question morale. C’est une menace évolutive au regard des facultés cognitives de l’enfant.

Le saut évolutif de l’humain par rapport aux autres espèces est en partie dû à l’allongement du temps d’apprentissage de l’enfant. Plus dure le temps de l’enfance biologique, plus s’allonge le temps d’acquisition de contenus complexes. Le fait d’accélérer la maturité sexuelle, prive de partie de cet avantage compétitif. Les conséquences sont observables au travers du spectacle scabreux de l’hypersexualité adolescente. Accélérer la maturité sexuelle est aussi imbécilisant que pourrait l’être déléguer les facultés intellectuelles de l’humain vers la machine. Or, malheureusement, il s’agit de deux fléaux concomitants.

La dénaturalisation est un tout holistique. La nouvelle Loi d’enfant trans en Espagne déchoit virtuellement les parents de leur tutelle parentale, attribuant à l’État le rôle d’éducateur. C’est là un des points clés de la réingénierie humaine : déliter les liens de parentalité et leur hiérarchie. L’idée est de sous-traiter les soins des éléments les plus vulnérables des deux pôles d’âge, vers des entités subsidiaires et ainsi, progressivement instaurer l’État comme puissance tutélaire. Permettre à l’État d’interdire que les familles visitent leurs parents dans les maisons de retraite, abolir les rites funéraires, et plus largement abolir tout ce qu’il y a d’humain en nous.

Le communisme s’y est essayé mais il ne disposait que de la bureaucratie et de la force brute. L’idéologie de genre s’appuie et se rétro alimente de la technocratie. Ce qui n’exclut pas pour autant la force brute et la répression à l’égard des récalcitrants dans le cadre d’une société à points. De l’utopie communiste, nous sommes passé à la dystopie de l’homme dénaturalisé. Les civilisations sont des macroorganismes qui naissent et meurent. Les espèces ont une durée de vie en moyenne de 62 millions d’années. Il faut espérer que ce qui est en péril ici, s’en tienne à la civilisation occidentale et non l’espèce.

Nous avons peut-être d’être besoin d’être envahis par les barbares.

@Teresita Dussart, tout droit de propriété intellectuelle protégés

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