1 décembre 2021

La réalité tressaille comme dans un vieux film s’effilochant

Drôle de situation à voir cette réalité officielle tissée par les médias mondiaux, rouge à lèvres habillé en silhouettes sveltes et souriantes, poches débordantes de liasses innocentes, elle se désembobine s’effiloche comme un mauvais bas noir de propagande bas de gamme découvrant dans sa déchirure au creux du matin froid sur la banquette arrière du taxi postmoderne une autre réalité bien moins grivoise  comme un levé de rideau précipité au temps du cinéma muet: cela craquelle en accéléré ou la décomposition en temps réel des visages poupins s’effondrant sous nos yeux-écrans (et caméras) en tas de poussières même plus nucléaires mais d’éoliennes sans vent. “C’est comment qu’on freine ?” Chantait feu Bashung ; encore faudrait-il déjà avoir des freins…

Mais comme nous sommes maintenant enfouis, vivants, à l’instar de déchets médiatiques sans conséquences car guère radioactifs -tant le Pouvoir en a neutralisé les noyaux actifs, même cette fenêtre d’opportunité de ce craquèlement historique à la sismique de plus en plus généralisée nous échappe glisse entre nos mains cybernétiques à l’instar de ces enfants qui voient bien qui attaque Guignol dans son dos mais celui-ci n’entend pas, ou alors ces paralytiques qui sont tombés de leur fauteuil appellent à l’aide mais personne ne vient…

Le film de la réalité ainsi tressaille jusqu’à faire apparaître la cassure de la bobine puis le “noir” sur fond “blanc” non parce que ce serait “fini” mais plutôt parce que le projectionniste s’est enfui.

Fini le temps où le capitaine coulait avec son bateau, aujourd’hui il est parti avec la caisse et l’ouvreuse (les médias) et sur la scène des figurants tentent de mimer le film (des poètes) disparu.

Mais peu importe peut-être. Après tout ce n’était qu’une fiction. Pourquoi s’accrocher à des lambeaux de rêves éveillés alors que cette histoire d’un monde “postmoderne” s’est effondré?  Ce monde gentil permettant que tout cohabite puisque l’étalon vérité aurait été effacé : des images sans scénario pouvaient ainsi émerger nous promettait-on puis disparaître sans dommage malgré les mondes des Big Brother, Big Pharma, Big Gafam qui pointaient à l’horizon.

Il s’avère pourtant que sous nos yeux dans les profondeurs des vitalités cruciales un sursaut surgit venu de nulle part et submerge tout sans coup férir comme si les cisaillements et coupures de ce film de la réalité officielle s’avèrent être ces césures et fissures inédites d’une tectonique des plaques symboliques qui aujourd’hui se rassemblent et se fracassent en tremblements de Terre de plus en plus sourds ( ceux qu’Henri Heine avait décrit dans De l’Allemagne annonçant les totalitarismes du 20 ème siècle) eux-mêmes préludes aux tsunamis immenses qui émergent déjà et dont l’énergie tellurique ainsi charriée s’avère si énorme qu’il n’est pas rare de retrouver des fossiles de poissons au plus haut des montagnes éternelles : toutes ces théories se prétendant scientifiques, ces arts et lettres, tout cela s’effiloche à vitesse grand V comment pouvoir les lire même les entendre ou la sentence d’Adorno réorientée : Auschwitz mais aussi le Goulag n’ont certes toujours pas été pensés, et ce surtout comme issu(e)s  du scientisme hygiéniste (élimination radicale de ce qui est nommé “virus”) qui n’a cependant rien à voir avec Descartes et sa volonté de mieux maîtriser le monde (afin de mieux nous connaître et non pas dominer en général); or il s’avère que leur suite présente reste toujours en friche, et ceux qui veulent apporter quelques remèdes efficaces restent évincés ou étiquetés complices objectifs des “virus” ainsi désignés.

Qu’en conclure ? Peut-être ceci: la complexité vitale de la réalité humaine semble se gausser de ces prétentions statistiques visant à la réduire en courbes alors que celles-ci ne sont que des illustrations, de l’art figuratif, prétendant être cette réalité, humaine, au même titre que la Carte énonçant qu’elle Est le Territoire et que donc celui-ci, ainsi remplacé (en “grand”…) peut disparaître, sans coup férir, ce qui s’avère cependant toujours faux: le Territoire en effet peut se venger (sauf génocide) jusqu’à échapper à la Carte qui ne représente plus alors qu’elle-même : ou le temps de la révolution néomoderne au sens d’affiner la notion de Nation vers plus de citoyenneté horizontale (référendums) et verticale (participations).

Encore faut-il voir ce processus : la Carte donc ne représente plus qu’elle-même (exemple BHL, Macron, Biden…) le Territoire  s’échappe (dans l’abstention, l’aspiration à voter pour des candidats “disruptifs”…) mais la Carte des trois B (Brother, Pharma, Gafam)  tente de le retenir par diverses interdictions “légales” et également mentales, comme ces diverses impositions dites sanitaires visant à nous  isoler comme ces particules élémentaires incapables ainsi de se couler dans dans la non-séparabilité de fonctions d’ondes à même, elles, de soulever des montagnes… Sans cependant se transformer en foules de rhinocéros (ce que n’a pas vu Sartre ni son lecteur July : le groupe en fusion a toujours besoin d’un poisson pilote…mais qui ne doit pas s’y substituer comme le croyait Lénine…César et Dieu, “l’État c’est moi” de Louis XIV restant encore impensé sauf à bien comprendre Bodin…) car sans direction et respect scrupuleux de la liberté d’être l’énergie dégagée risque de “dévorer ses propres enfants” selon l’adage… Du moins dans des limites à définir (afin de ne pas substituer aux factions des fractions).

En tout cas le bombardement incessant provenant de la Carte, avec cette chimio-politique relativiste transplantée médiatiquement dans la chair citoyenne du Territoire humain veut rendre ce dernier si malléable que se fabrique désormais industriellement des créatures façon Frankenstein, gardes chiourmes féroces afin d’empêcher que le Territoire, celui de la Nation, se rebelle puis se libère.

D’ailleurs, dans la devise Liberté, égalité, fraternité, la première de ces trois notions ne suit pas l’ordre alphabétique, gageons que la Carte voudra aussi rectifier ce Territoire… A nous de l’en empêcher. Qui “nous” ? Tous ceux épris de ce Territoire de ce Sol là, d’où l’impossibilité de le remettre en cause… C’est un acquis civilisationnel… Mais qui peut être amendé si des factions émergent pour le fractionner…

 

Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

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