8 décembre 2022

Callac ou le calice des bons sentiments

À première vue, et au-delà des a priori pour et contre, en soi, qui classe et ferme d’entrée de jeu la question, s’il s’agissait seulement de recruter quelqu’un du fait d’un besoin crucial de main-d’oeuvre (comme ici à Besançon) lié sans aucun doute également à la piètre considération des métiers au salaire médiocre et au coût social élevé pour l’employeur, la question se poserait différemment ; mais là à Callac il s’agit d’un projet différent, semblable à celui qui a prévalu à Riace en Italie avec des résultats pourtant très mitigés : les habitants à la fin ont voté plutôt pour un Maire de la Ligue qu’il ne suffit pas de marabouter en lui jetant un sort (“extrême-droite”) pour tenter de comprendre ce qui n’aura pas marché alors que beaucoup d’articles étaient dithyrambiques auparavant

Que s’est-il passé ?… Comme l’article ci-dessus l’indique : ” (…) “Ils se battaient entre eux (les migrants), ils ne voulaient pas du crucifix, ni de la crèche. Ce n’est pas du racisme, c’est simplement qu’ici c’est chez nous. Nous on les accueille et après ils créent des problèmes”, explique M. Falchi. (…)”

Qu’est-ce à dire ? Déjà ceci : il est une loi morphologique en politique (indiquée par Hobbes dans son Léviathan), qu’hélas les sociologues et idéologues marxisants oublient, stipulant que lorsqu’un ensemble de personnes forment un groupe celui-ci va fonctionner comme une entité vivante cherchant à croître dans toutes les directions en tant que tel, et non pas seulement comme une somme de différences isolées ; d’où la révocation de l’Edit de Nantes ou la proposition de Bonaparte visant seulement à reconnaître les individus mais jamais les communautés.

Précisément parce que celles-ci sont mécaniquement appelées à se mouvoir dynamiquement, c’est une loi de “nature” comme dirait Montesquieu montrant ainsi par là qu’il n’y a pas “que” la matière et la vie qui en possèdent, la société aussi (comme le savait également Comte dans sa Physique sociale, sans oublier Pareto…).

Aussi est-il aisé pour les ignares de se gausser en préférant user de sorcellerie propagandiste (“raciste, extrême droite”) au lieu d’analyser tous les facteurs ci-dessus, en ajoutant celui-ci : pourquoi ne pas exiger que ce problème migratoire soit posé au niveau mondial par l’établissement certes d’installation d’hébergement à certaines frontières mais aussi d’une réelle politique de lutte contre la corruption et pour le développement réel de tous ces “Etats” (qui n’ont jamais été en réalité plutôt que “failli”) quitte à faire pression sur eux en coupant les vivres à leurs dirigeants  plaçant les fonds détournés dans les paradis fiscaux (ainsi Zelensky cité dans les Pandora Papers...) ?…

Vœux pieux,  bien sûr.

Mais, pédagogiquement, diplomatiquement, stratégiquement, tactiquement parlant il est nécessaire de tenir ce genre de langage, tout en prenant à bras le corps les problèmes certes récurrents et complexes de la dévalorisation des métiers manuels, de leur coût social, de l’exode rural, de la sur-concentration des activités dans les villes de plus en plus spécialisées dans les services alors que l’industrie est sous-traitée dans les pays à bas coûts…

Car suffit-il de se contenter de nier les problèmes objectifs d’implantation de groupes en tant que tel sans qu’il n’y ait d’effets concentriques néfastes, comme le fait l’ensemble de la classe politique et médiatique tout à fait ignare de ces lois politiques plus du tout enseignées (un peu par l’école de Raymond Aron en France et encore…) – ce qui éviterait des emprises aventureuses comme il a été vu à Riace et enfin de s’occuper aussi de “la Corrèze plutôt que seulement du Zambèze” ? …

 À l’inverse, et comme le fait le camp dit “patriote” voire “identitaire” suffit-il également de se poser seulement en défense des acquis, sans cependant proposer des solutions réalistes s’agissant précisément de tous ces problèmes avancés plus haut qui ne peuvent se contenter de proposer de l’argent à de futurs ménages s’installant dans les zones désertées ou de seulement exiger de refouler les sans papiers qui sortent par la porte et reviennent par la fenêtre ou ne repartent jamais ?…

Si l’on veut éviter le maraboutage des jeteurs de sorts qui paralysent et hypnotisent  songeons aussi à être pédagogue et diplomate, ce qui implique d’ être politique, pleinement,  comme commencent à le faire certains au Danemark, en Suède, bientôt l’Italie….

 

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