Dans “La destruction des Juifs d’Europe“, somme monumentale de Raul Hilberg (1985, 2006, 2287 pages hors Index, éditions Folio/Gallimard, qu’Edouard Husson, défendeur récent de Rima Hassan, ne cite pourtant pas dans son Heydrich et la solution finale -2008, 2012, éditions Perrin, ni dans l’Index, pas même dans les “sources”- et pour cause comme il sera vu) Raul Hilberg remarque ceci dans le chapitre X intitulé “Réflexions” de son Tome III (pp. 1828 et suivantes) :
“L’immersion, dans les opérations de destruction, de l’appareil administratif en tant que tel fut fondamentale. Nous savons qu’à mesure que se déroulait le processus, ses exigences devenaient plus complexes et son accomplissement mettait en cause un nombre croissant de services, de bureaux du parti, d’entreprises commerciales et de commandements militaires. (…) lorsqu’un processus s’insinue dans chaque phase de la vie humaine, il doit en dernier ressort puiser dans les réserves de la communauté organisée tout entière. (…) l’appareil de destruction ne présentait pas de grandes différences avec l’ensemble de la société allemande organisée ; seule différait la fonction. L’appareil de destruction était bel et bien la communauté organisée, dans l’un de ses rôles particuliers (…) les chemins de fer allemands facturèrent à la Police de sécurité le transport des Juifs, calculant le prix d’un aller simple pour chaque déporté en fonction du kilomètre de voie ferrée. (…)
Le processus de destruction était, par nature, illimité. C’est pourquoi le pouvoir fut moins bridé, pourquoi les champs d’action furent amplifiés et les compétences élargies. (…) Les ordres verbaux étaient donnés à tous les échelons. (…) Un cheminot de Cracovie, responsable des horaires des trains de la mort, rappelait que son supérieur immédiat lui ordonna de conduire les convois chaque fois que les SS le demandaient. (…) On ouvrait les valves pour que la décision passe. Le fonctionnaire blanchi sous le harnais se réalisait enfin. Un bureaucrate moyen, au même titre que son supérieur hiérarchique le plus haut placé, prenait conscience des courants et des possibilités. Dans les détails comme dans un contexte plus général, il savait reconnaître ce qui était mur à une période donnée. Et, le plus souvent, c’était lui qui déclenchait l’action.
Des milliers de propositions furent introduites dans des mémorandums, présentée à des conférences, débattues dans des lettres (…). Parfois, on estimait que le moment était venu, même en l’absence de toute consigne précise de la hiérarchie. En décembre 1932, Hans Globke rédigea des propositions antisémites dans un décret relatif aux patronymes alors qu’il n’existait encore ni régime nazi ni Führer. (…)”
Hilberg décrit ainsi une “communauté organisée” dont les membres se concurrencent l’un l’autre (comme dans tout groupe humain socialisé) pour apporter une proposition d’action participer à sa réalisation renforçant ainsi son estime de soi. Rien de tel comme analyse dans le Heydrich de Husson où l’étude de la Solution Finale n’y est en fin compte réduite qu’à l’initiative de quelques hauts placés et leurs divers remous internes.
On comprend mieux alors pourquoi Husson défend Rima Hassan et condamne la riposte israélienne à Gaza (et avec lui toute la droite dite ethno-différentialiste, de Tocsin à Radio Courtoisie en passant par Géopolitique profonde dans lequel écrivent nombre d’antijuifs souverainistes) : Husson ne saisit pas (ou ne veut pas admettre) que les djihadistes du 7 octobre 2023 sont issus également de la “communauté organisée” (ici Oumma) dépassant à Gaza (et ailleurs) les membres mêmes des groupes de tête affiliés aux FM, financés par les wahhabites du Qatar et les khomeynistes d’Iran.
Ainsi lors du 7 octobre sur 6000 à 7000 attaquants, plus de la moitié était des “civils” qui faisaient ainsi “corps” avec leurs combattants pour aller assassiner mutiler violer voler kidnapper. Lorsque l’un de ces “civils” téléphona à sa mère il lui annonça fièrement qu’il avait tué plusieurs Juifs, réitérant le geste d’ un autre “civil” il y a quelques années auparavant lorsque des soldats israéliens avaient été kidnappés et tués : il était apparu à une fenêtre agitant ses deux mains pleines de sang, membranes qui devinrent ensuite l’emblème mondial du soutien à cette nouvelle “destruction” de Juifs lorsqu’ils refusent de se soumettre à leur statut de dhimmis; comme ils l’étaient avant l’arrivée de la France à Alger et que les occupants actuels de celle-ci, djihadistes en costume cravate, veulent d’ailleurs restaurer en sommant par exemple les défenseurs de Boualem Sansal de se débarrasser de leur “avocat juif”…
La “destruction des Juifs” en particulier souverainiste a été, est toujours, le prélude de la destruction des chrétiens et des sécularisés comme il est vu actuellement en Syrie et de plus en plus en Europe ; et cela ne vient pas seulement de groupes dédiés mais de la “communauté organisée”au sens déjà spirituel du terme ; certes, individuellement des sympathies peuvent être nouées ; mais dès que le mot d’ordre passe, celui du djihad, ce déclencheur touche un nombre donné d’individus, souvent désaxés, qui vont alors entrer en émulation afin d’agiter leurs mains rouges de sang juif, chrétien, sécularisé, des mains agitant aussi des caricatures tout en vociférant les mots lasers habituels “racistes”, “extrême-droite”…
Et cela marche (!) puisqu’un BHL et un Finkielkraut courberont l’échine, le premier faisant tout son possible pour annuler une conférence sur l’antisémitisme à Jérusalem parce que Jordan Bardella et Marion Maréchal y sont invités, le second en diabolisant Netanyahou se rangeant ainsi parmi ceux qui s’en servent de bouc émissaire quant à l’absence de “la solution à deux Etats” source paraît-il de tous les maux ou le degré zéro de l’analyse politico-stratégique…
Ainsi tout un continuum d’anti judéo-chrétiens s’est constitué ; regroupant également toute une ribambelle de censeurs se prétendant “franc-tireurs” et de passeurs nihilistes grassement payés refusant que des penseurs et citoyens sécularisés fassent entendre leurs voix ; cela va des ethno-différentialistes anti-israéliens façon Husson (Géopolitique profonde, Baud etc.,) à des “citoyens du monde” made in BHL (reprochant naguère aux communistes français de préférer Descartes à Lénine) en passant par leurs intermédiaires comme Finkielkraut, Macron (qui refuse de manifester pour ne pas effaroucher ses alliés occupant aussi Alger) sans parler de Raphaël Glucksmann (qui demande à ce que la Statue de la Liberté soit rendue… Mais à qui ?…) le tout de telle sorte que leur “différence” affichée avec LFI n’est en fait pas réellement de nature mais seulement de degré ; malgré les agitations cosmétiques actuelles dans lesquelles d’Apathie à Patrick Cohen, ces partisans transis des accommodements avec le djihadisme chic et l’affairisme hygiéniste alarmiste globaliste, certains désireux de se rafistoler une virginité idéologique font avidement cause commune, ce qui est évidemment suspect, et ne changera rien au fait qu’ils devront, tous, rendre des comptes… Tous ? Tous…
Mais à qui (encore une fois) . That is the question, d’autant que “la” justice, “la” politique, “la” culture, “la” presse, sont désormais des cadavres exquis… Reste l’Imaginaire… Celui de Gavroche se battant aux côtés de Marianne, (les) Jeanne, elles (Hachette, Arc…) ayant été déboulonnées depuis longtemps…
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