C’est l’un des arguments les plus intouchables de l’alarmisme climatique : l’augmentation de la teneur atmosphérique en gaz carbonique (CO2) est causée par les activités humaines. À l’appui de cette affirmation, il y a des arguments scientifiques très solides. D’abord, la corrélation est bonne entre nos émissions calculées et les mesures du taux de CO2. Ensuite, l’évolution du taux d’oxygène dans l’atmosphère est cohérent avec les processus de combustion qui sont à l’œuvre dans nos sociétés industrielles. Mais jusqu’à présent l’argument le plus décisif a toujours porté sur les propriétés chimiques du CO2 atmosphérique.
Comme on le sait, le carbone existe sous plusieurs formes, appelées isotopes. Selon la proportion de deux d’entre eux dans l’air ambiant (les isotopes 13 et 14), on est théoriquement capable d’en déduire la quantité de CO2 qui provient directement des activités humaines. Même chez les plus sceptiques de l’apocalypse climatique, ce point a rarement été contesté.
Mais la science est généreuse en détours et en renversements, et il semble bien que cet argument aussi fort que consensuel soit sur la sellette. Une équipe de chercheurs vient en effet de publier dans la revue scientifique Nature une étude qui remet en cause la manière dont nous pensions pouvoir trancher sur l’origine du CO2. Il semble en effet que l’une des sources naturelles de gaz carbonique, les rivières, produit par érosion un CO2 que l’on pourrait confondre avec celui émis par un avion ou une centrale au charbon.
Selon les auteurs, cet effet porte sur environ 60% du total du CO2 émis avec l’isotope jusque-là considéré comme la marque exclusive des destructeurs de planète que nous nous figurons être. Compte-tenu des incertitudes, le chiffre pourrait même aller jusqu’à 75%, excusez du peu !
Une place forte du récit de la catastrophe climatique d’origine humaine se trouve ainsi considérablement menacée par les derniers développements de la science. S’il se confirme qu’il faut diviser par 2, par 3, voire par 4 le rôle de l’homme dans l’évolution de la teneur atmosphérique en CO2, alors le récit de la catastrophe climatique approchante et humainement provoquée sera coupé à sa racine la plus profonde.
Une hirondelle dans Nature ne faisant pas le printemps du climato-réalisme, gardons-nous de croire que viendrait donc de s’écrire le point final de la fumeuse histoire du « dérèglement » climatique. Plus encore que sa remise en cause d’un argument, l’étude qui vient de paraître doit surtout servir de leçon d’humilité à tous ceux qui croient encore que le discours dominant sur le climat n’aurait plus à être scientifiquement discuté.
Article initialement publié dan Valeurs actuelles le 18 juillet 2025
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