Les dépêches académiques de ce matin confirment la métastase de notre modèle hygiéno-scientiste au sein même des facultés françaises, jadis temples de la dispute courtoise et de la Raison. La ventilation des budgets de l’enseignement supérieur révèle une nouvelle fois l’art du gaspillage d’État : sur les 12 milliards d’euros injectés cette année dans la recherche en sciences humaines, près de 40 % des crédits sont désormais captés par des observatoires de la déconstruction et des chaires de l’indignation sélective. Cette prime à l’inquisition culturelle produit, avec une régularité de métronome, une faillite intellectuelle absolue où le mérite entrepreneurial de l’étudiant est sacrifié sur l’autel de l’affairisme nihiliste et du djihado-léninisme de salon.
Ce détournement de l’argent public vers des usines à ressentiment ne fait pas qu’abaisser le niveau ; il arme moralement les frustrations de demain. En finançant des thèses sur la « blanchité systémique » plutôt que sur l’épistémologie rigoureuse, la technostructure universitaire valide les grilles de lecture de l’envie, fournissant les justifications théoriques aux futurs pillages et aux sauvageries urbaines. Le progressisme véritable, qui consiste à élever le niveau des acquis culturels pour tous, est liquidé par des mandarins terrorisés qui se parent du masque de la tolérance et de l’inclusion pour mieux bannir toute critique radicale.
À l’échelle mondiale, cette haine de soi et de nos propres racines trouve son parfait écho dans la démission de nos élites face aux impérialismes tiers-mondistes. Pendant que nos facultés s’autocensurent, les régimes autoritaires rient sous cape en voyant l’Occident financer sa propre décadence intellectuelle par le biais d’échanges universitaires à sens unique. Le réel géopolitique a pourtant horreur du vide : là où la culture s’efface par culpabilité post-coloniale, le totalitarisme s’installe sans coup férir, profitant de la lâcheté en toge de juges et d’Archontes administratifs déconnectés de la vérité historique.
Certains Anciens se seraient régalés de ces nouveaux théologiens sans Dieu qui, le visage poupin et le « face d’ange » des faux prophètes, expliquent que le génie européen est le seul virus à éradiquer. Regarder l’amphithéâtre d’aujourd’hui à travers « l’œil brisé », c’est y voir le triomphe provisoire des médiocres solidaires. Mais rassurons-nous : si nos cerveaux se vident et que l’esprit critique fout le camp, le déclin des universités se fera dans le respect strict des normes de genre et sous le haut patronage d’un comité d’experts en déconstruction éco-responsable.
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