Les démocrates chrétiens contre le député François Bayrou

De façon particulièrement étonnante, certains journalistes présentent le ralliement de François Bayrou à la candidature Hollande comme celui des démocrates chrétiens voire des chrétiens. Et François Bayrou acquiesce. Pour ces journalistes qui manquent de culture politique et, plus encore, religieuse, être démocrate chrétien ce serait être relativiste en morale, en considérant que tout se vaut, se serait être laxiste en politique, en accueillant le droit à la différence, et se serait, enfin, être suffisamment indifférent aux jeux politiques pour que l’alliance de François Hollande avec les communistes ne pose pas un problème de conscience majeur.
Or, si chacun peut admettre que l’on peut être chrétien et voter pour quiconque, être démocrate chrétien est tout autre chose. Et, force est de le constater, François Bayrou non seulement ne représente pas ce courant, mais il lui est vivement opposé. Ce qui ne devrait pas manquer de conduire à quelques interrogations les électeurs chrétiens de sa circonscription.

Il n’est d’ailleurs pas anodin de voir, à travers l’histoire que jamais nulle part un parti démocrate chrétien ne s’est associé à une alliance socialo-communiste. Durant la IVème République, le M.R.P., parti démocrate-chrétien né de la volonté de résistants chrétiens a toujours été fermement opposé à tout rapprochement. Ce parti a certes parfois gouverné avec la SFIO des socialistes mais celle-ci était alors ferme sur ses valeurs et donc anti-communiste de façon absolument intransigeante, au point même d’interdire parfois la parution du journal l’ « Humanité » et d’envoyer la troupe contre la CGT. En Allemagne ou en Italie, chacun peut constater le même refus absolu de soutenir les communistes et l’extrême gauche et la même condamnation des socialistes quand ceux-ci acceptent des alliances immorales.
Plus fondamentalement, loin d’être un relativisme comme le prétend François Bayrou, ce qui caractérise le christianisme depuis ses origines, jusqu’à aujourd’hui, c’est, au contraire, le courage de défendre ses valeurs en ne considérant pas que tout se vaut. C’est bien cela, dés l’oprigine, l’un des sens de la mort du Christ en croix qui fut renié mais ne renia pas, et de tous ceux qui, des apôtres à Blandine, ont préféré la mort à l’abandon des valeurs.
Loin de considérer que toutes les civilisations se valent et d’accepter, en conséquence, un prétendu « droit de différence » absolu, les premiers chrétiens affrontèrent les civilisations sacrificielles, en particulier la civilisation romaine, qui s’amusait à mettre à mort des êtres vivants dans les jeux du cirque, mettait en esclavage, martyrisait des populations, détruisait des villes, prenait en otage, torturait, tenait les femmes dans la dépendance. Héritiers de la spiritualité juive qui avait, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, interdit le sacrifice humain en interdisant celui d’Isaac, les chrétiens affrontaient ainsi spirituellement toutes les civilisations sacrificielles. Songeons aux civilisations aztèques rencontrées plus tard, qui éventraient les humains et leur arrachaient le cœur pour satisfaire leurs dieux tandis que durant un mois, celui dit de « l’écorchement », les prêtres portaient les peaux des sacrifiés. Songeons aux civilisations arabes qui organisaient la traite transsaharienne des esclaves qui ne cessa qu’au XIXème siècle grâce à l’action des Européens, qui fut bien plus meurtrière que celle des Européens, et dont il ne reste plus un survivant. Songeons à la civilisation de la péninsule arabe qui croyait, et croit toujours, en l’infériorité naturelle des noirs mais aussi des blancs, qui prostituait les femmes, qui leur interdisait l’accès au savoir et les voilait intégralement. Songeons à la grande civilisation turkmène qui imposait le tribut esclavagiste aux populations européennes et émasculait les esclaves, dont il ne reste pas non plus de survivants, et qui différencie aujourd’hui encore le droit de l’homme et de la femme. Songeons aux civilisations de la Corne d’Afrique qui admettaient l’esclavage entre elles et qui, aujourd’hui encore, pratiquent l’infibulation des femmes. Songeons à la grande civilisation japonaise qui, durant des millénaires, s’accorda le droit de massacrer les autres peuples, en mettant son honneur dans le nombre de têtes étrangères coupées à coups de sabre, comme l’humanité le découvrit à Nankin, ou en les mettant en esclavage, tandis que les femmes étaient tenues à l’obéissance et à la soumission voire au sacrifice impérial.
Les chrétiens, entrés en chrétiens en politique, affirmèrent, dés l’origine et jusqu’à nos jours, qu’il fallait construire des civilisations nouvelles fondées sur l’amour des humains et le respect de la dignité humaine, ce fut la civilisation européenne, et transformer les vieilles civilisations sacrificielles nées au néolithique pour les pousser vers la vraie lumière, celle de l’humanité de l’humain.
Et, dans les pires tempêtes, au lieu du relativisme et des compromissions à la François Bayrou et à la François Hollande, au lieu du pacifisme des matérialistes communistes et socialistes (jusqu’en 1940), ils dressèrent leurs valeurs. Et ces chrétiens prirent les armes contre le projet de civilisation porté par les nationaux socialistes, à la façon des catholiques français de Gaulle et Jean Moulin, des protestants Churchill et Roosevelt, des chrétiens de Russie et d’Orient, de ceux d’Allemagne même, qui, tel Konrad Adenauer, affirmèrent que leur civilisation et ses valeurs valaient la peine que l’on se battent pour elles. Ils communiaient ensemble contre les calculs politiciens des opportunistes sur l’autel de l’amour de l’humanité et de sa dignité à la façon du pasteur Dietrich Bonhhoeffer, mis à mort, et de cet héroïque Pape Pie XII, qu’Hitler chercha à assassiner, qui avait écrit pour Pie XI la fameuse encyclique antinazie Mit Brennender Sorge et qui organisait le soutien aux juifs et aux résistants allemands. Et ils abattirent le nazisme, ce retour du Amalek de la Bible.
Et il étaient là encore pour abattre le Léviathan communiste derrière le Pape Jean-Paul II, les catholiques Georges Pompidou et Giscard d’Estaing, les protestants Reagan et Thatcher, Soljenitsyne et les 1500 confesseurs de l’église orthodoxe russe élevés au rang de martyrs, quand d’autres criaient « plutôt rouges que morts » et trafiquaient des unions immorales avec les communistes qui avaient déjà fait 1000 millions de morts et mis 2 milliards d’humains dans les fers. Et ils abattirent le Léviathan russe.
Et les démocrates chrétiens sont là aujourd’hui comme hier pour rappeler aux consciences, celles de François Hollande, égarée dans la recherche du pouvoir, celle de François Bayrou, égarée dans la haine d’un homme, que tout n’est pas acceptable, que gagner une élection ne mérite pas de perdre son âme en s’acoquinant avec des idéologies de haine.
Et ils sont donc là encore, ces démocrates chrétiens qui se battent avec leurs frères en humanité contre l’islamisme qui voudrait détruire cette vie à la française et sa civilisation, et contre les laxistes, une fois encore, qui veulent les laisser faire. Non pas une bataille contre l’Islam, comme disent les Bayrou et Hollande qui mélangent tout faute d’être assurés de leurs valeurs, mais contre l’islamisme. Non pas une bataille des seuls chrétiens, mais, en chrétiens, dans le rassemblement de tous ceux qui aiment les valeurs de la France, indistinctement, et avec les musulmans donc, ceux qui savent qu’ils doivent leurs racines spirituelles aux juifs, ceux qui veulent vivre selon notre civilisation qui se définit par des valeurs, des récits, des symboles, un mode de vie, une langue, ceux qui aime ce pays qui accueille avec tant de générosité chrétienne.

Ce qui manque à Bayrou, c’est le courage d’être démocrate chrétien. Je sais que ce n’est pas facile. Car il en faut du courage pour assumer de telles valeurs universelles et ne pas transiger avec elles, pour dire non à des alliances avec les communistes qui seraient gagnantes, pour dire non à des mœurs et des valeurs venus de civilisations qui n’ont pas intégré encore nos valeurs universelles. Ainsi, il en faut du courage pour dire « non » à la burqa qui fait perdre des voix dans les mieux islamistes, et qui n’est pas une pratique musulmane car elle vient de la civilisation de la péninsule arabe. Ainsi, il faut du courage pour s’attaquer aux incivilités et de ne pas se cacher lâchement derrière des discours populistes qui les justifient par la misère au mépris de tous ces ouvriers, chômeurs, de cette France qui souffre, née sur ce sol ou non, et qui élève ses enfants dans le respect d’autrui. Et plus encore, pour dire la vérité afin de la traiter, au lieu de ne pas réprimer sévèrement ceux qui sifflent des femmes dans la rue et les traitent de « pute » quand elles ne portent pas le voile, voire, pire, portent une robe et conduisent une voiture, héritage de certaines civilisations d’Afrique du nord et du Moyen Orient où, depuis des millénaires et souvent aujourd’hui encore, les femmes doivent rester enfermer et mises à la disposition des hommes, leurs parures étant destinées dans les harems ou les fêtes à les séduire.
Il en faut donc du courage pour rappeler la nécessité de respecter notre civilisation pour les passants, celle de s’assimiler pour ceux qui veulent rester et celle de réprimer ceux qui violent les interdits sur lesquels notre civilisation est construite. Et il n’existe pas de civilisations sans interdits.
Ce courage qui manque tant à François Bayrou, les démocrates chrétiens le trouvent dans leur héritage millénaire français. La France ne fut pas par hasard appelée « fille aînée de l’Eglise ».
Car il en fallut du courage à ces ancêtres chrétiens pour dénoncer l’esclavage et, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’abolir en 524 sur le territoire de France. Il leur en fallut pour s’opposer à sa réinstallation par des idolâtres du Marché et les relativistes à la Voltaire quand vint le temps des colonies et pour finir par obtenir son abolition universelle, une invention chrétienne, n’en déplaise aux matérialistes qui inventèrent la fable du procès de Valladolid qui l’aurait accepté, dans l’objectif de dissimuler que leurs ancêtres ont bel et bien fermé les yeux, d’Alembert en tête, esclavagiste et chef des Encyclopédistes. Il leur en fallut du courage pour imposer les « trêves de Dieu » et l’amour courtois qui contraignait les seigneurs à respecter la dignité des femmes, la « Dame », celle qui devint la pièce maîtresse du jeu d’échecs, celle qui devait être priée dans les tournois, chantée dans les poèmes des trouvères et troubadours, celle qui fut l’objet des attentions avec la naissance de la galanterie française et qui obtint l’égale dignité, puis, peu à peu, l’égalité des droits et devoirs exigée par la loi naturelle au pays du culte de Marie. Il en fallut du courage aux moines (et aux savants juifs) pour sauver les livres quand les bibliothèques étaient brûlées par les barbares et pour préserver les bibliothèques d’Egypte, de Syrie ou d’Irak qui furent malheureusement privatisées puis détruites. Il en fallut du courage pour inventer la gratuité des études et construire des écoles ouvertes aux pauvres, autour des cathédrales, permettant une fantastique explosion des savoirs au Moyen-Âge qui réinventa l’expérimentation avec Jean d’Alexandrie, découvrit la physique mécanique avec l’orphelin Gerbert d’Aurillac (futur Pape Sylvestre II), la recherche médicale en créant les facultés de médecine, l’horloge mécanique, le moulin à vent, l’assolement rotation triennal, la cartographie, le gouvernail de poupe, la voile triangulaire, le quadrant. Il en fallut du courage pour refuser la fermeture sur soi et financer les voyages vers l’Asie, tel celui de Marco Polo ou les découvertes de l’Amérique. Il en fallut du courage pour financer les études du chrétien Copernic, vénéré par l’Eglise contrairement à ce que dit la fable, et enterré dans la cathédrale de Frombork alors qu’il défendait une hypothèse indémontrable, faute de lunette astronomique, mais qui stimulait la réflexion. Du courage malgré l’erreur face à Galilée, devenu sectaire et opposé au débat scientifique mais homme de génie, et la Sorbonne conservatrice qui tenta parfois d’opposer foi et savoir. Il en fallut même du courage pour inventer la méthode par enquête, dite inquisition, qui est à l’origine de tous les Etats de droit dans le monde, avec, pour la première fois, le droit d’être représenté, d’avoir un procès contradictoire, d’être jugé par des juges extérieurs au conflit, d’avoir accès aux pièces de son dossier, de pouvoir faire appel, une invention détournée un temps par les idolâtres de l’Etat, comme on le vit en Espagne avec Ferdinand et le terrible Torquemada, condamné et démis par le Pape.
Oui, il en fallut du temps pour peu à peu que les chrétiens en politique imposent leur vision et fassent de la France la patrie des Droits de l’Humain puis, aujourd’hui, celle des Devoirs envers l’humain, avec cette fameuse exigence chrétienne du Développement durable, rappelée par Rabelais : » Mais parce que (…) science sans conscience n’est que ruine de l’âme, tu dois servir, aimer, et craindre Dieu, et mettre en lui toutes tes pensées et tout ton espoir ».
Le Dieu de l’amour, celui d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, dit que nous avons un guide contre la Raison technicienne, comme nous avons un guide contre les idolâtries de l’Etat et du Marché : l’humanité de l’humain.
Décidément, la France des démocrates chrétiens, celles de la paix d’humanité qui vise à défendre les opprimés sans s’inquiéter de la couleur de la peau ou de leur religion, qui aide les victimes des catastrophes naturelles sur tos les continents n’est pas relativiste.
Et quand François Bayrou ne sait plus les valeurs chrétiennes au point de s’acoquiner avec ceux qui manifestent pour Chavez et le sinistre Castro, avec ceux qui portent les t-shirts à l’effigie de Che Guevara qui tua de sa main prêtres et agriculteurs qui refusaient le collectivisme, avec les groupes terroristes palestiniens au point de ne pas exiger que la France préserve ses valeurs contre les menaces de la culture islamiste, quand il voit la politique comme un jeu d’ambition personnelle où l’intérêt du pouvoir tient lieu de boussole, il est opposé de la démocratie chrétienne.

Aujourd’hui encore, les démocrates chrétiens suivent cette parole de saint Paul, rappelée aussi bien par les catholiques, les protestants que les orthodoxes : « ce n’est pas en vain qu’il (le détenteur de l’autorité) porte le glaive : il est ministre de Dieu pour faire justice et châtier celui qui fait le Mal ». Le Mal n’étant pas mesuré à l’aune des désirs des uns ou des intérêts des autres, et certainement pas en fonction de dogmes religieux. Le Mal, le seul qui mérite la majuscule, consiste dans le viol des droits et devoirs naturels donnés par Dieu, droits qui conduisent à l’expression des valeurs universelles.
Tel est bien le rôle d’un chef politique humaniste. Car, sans doute François Bayrou l’a-t-il oublié, mais l’a-t-il jamais su ?, la laïcité est une invention chrétienne, venue du Moyen-Âge, où il faut rendre à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu. Non pas une séparation mais une distinction.
Aucun relativisme donc. Dans cette Cité, le pouvoir politique ne peut abolir les droits naturels car il ne peut prendre ce qui ne lui appartient pas. Il peut seulement veiller à les protéger et il le doit. Tel est la première obligation, l’ardente obligation, d’une politique menée par des chrétiens.
D’où les Cours constitutionnels et les conseils constitutionnels qui, dans toutes les démocraties, limitent les pouvoirs de César. Et qui préservent, en France, les droits de l’Homme, tandis que les partis politiques doivent veiller sur nos valeurs de liberté, égalité, fraternité donc aussi de justice sociale et de laïcité vraie car, comme le dit saint Thomas d’Aquin : « C’est pour cela qu’il est dit dans les Psaumes : Soutenez le pauvre, et délivrez le malheureux de la main des pécheurs ». Les « pécheurs » étant ceux qui violent les droits naturels et oublient les devoirs envers l’humain, ou bien, quand il s’agit de la puissance publique, ceux qui laissent faire et ne protègent pas ces droits naturels, ni ces valeurs universelles.
Pris dans le péché d’orgueil, François Bayrou a perdu le sens des valeurs, pour lui substituer le relativisme. Il accepte les alliances immorales et combat ceux qui prônent la fermeté sur les valeurs. Il faut en prendre acte.
La France vaut-elle si peu ? Ses électeurs auront à en juger lors des législatives. J’imagine difficilement que les clubs de patriotes de sa région, ceux qui sont animés par démocrates chrétiens en particulier, ne lui rendent le service insigne de lui retirer une charge qui pèse tant sa conscience au point de tant l’égarer.

Yves Roucaute.

Yves Roucaute 4/5/2012

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