L’Islam m’a rendue athée

Comme beaucoup après 2001 , je me suis penchée sur l’Islam. J’ai voulu comprendre ce qui s’était passé , j’ai voulu comprendre ce qui risquait d’arriver, de nous arriver …

Je me suis plongée dans le Coran, dans les Hadiths, dans les interprétations théologiques passées et actuelles de cette religion que je découvrais et que je n’avais jamais cherché à approfondir. A l’époque, dans mon esprit, cette religion était un peu comme le catholicisme ou le judaïsme : on croyait au même Dieu , les us et coutumes dogmatiques étaient différents.

Six ans plus tard , j’en suis arrivée à la conclusion suivante : Si Dieu existe il ne peut être représenté par aucune des religions du Livre, car l’exclusion même prônée par chacune d’entre elles, est la négation de l’existence d’un Dieu créateur de la Terre et de ses habitants, Dieu d’amour et de miséricorde . Comment imaginer un Dieu omniscient qui rejetterait les 4/5 des créatures qu’il a imaginé, alors même que la plupart d’entre elles ne connaissent ni son existence ni son message . Cette exclusion est la négation même de sa divinité, de son omniscience et de son universalité.

L’hégémonie et le sectarisme inhérents à l’islam « religion des interdits » m’ont remplie de stupeur. Les crimes commis en son nom m’indignent tous les jours .

J’aurais pu revenir au catholicisme en me disant que le message d’amour et de tolérance écrit dans les évangiles marquait une nette supériorité vis à vis de l’islam . Mais je ne l’ai pas fait car tout d’abord , le catholicisme exclut aussi : il rejette en particulier l’innocence de l’enfant non baptisé, au prétexte qu’il est issu d’un péché originel qui n’est pourtant pas le sien , et il ne s’indigne jamais devant les barbaries commises par d’autres religions , reniant en cela son message propre : « «Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt 25, 40). » . Il vient encore d’exclure, en Italie , un croyant handicapé qui voulait juste mourir dans la dignité .. En acceptant trop , et en particulier les persécutions dont les leurs sont victimes , les chrétiens se décrédibilisent

Alors devant ces incohérences multiples, je préfère revenir au discours de Montesquieu du 18 juin 1716 à l’académie de Bordeaux :

« Ce ne fut ni la crainte ni la piété qui établit la religion chez les Romains, mais la nécessité où sont toutes les sociétés d’en avoir une. Les premiers rois ne furent pas moins attentifs à régler le culte et les cérémonies qu’à donner des lois et bâtir des murailles.
Je trouve cette différence entre les législateurs romains et ceux des autres peuples, que les premiers firent la religion pour l’état, et les autres, l’état pour la religion. Romulus, Tatius et Numa asservirent les dieux à la politique : le culte et les cérémonies qu’ils instituèrent furent trouvés si sages que, lorsque les rois furent chassés, le joug de la religion fut le seul dont ce peuple, dans sa fureur pour la liberté, n’osa s’affranchir.
Quand les législateurs romains établirent la religion, ils ne pensèrent point à la réformation des moeurs, ni à donner des principes de morale ; ils ne voulurent point gêner des gens qu’ils ne connaissaient pas encore. Ils n’eurent donc d’abord qu’une vue générale, qui était d’inspirer à un peuple, qui ne craignait rien, la crainte des dieux, et de se servir de cette crainte pour le conduire à leur fantaisie
».
……………………………………
« Les Romains, qui n’avaient proprement d’autre divinité que le génie de la république, ne faisaient point d’attention au désordre et à la confusion qu’ils jetaient dans la mythologie : la crédulité des peuples, qui est toujours au-dessus du ridicule et de l’extravagant, réparait tout ».

Mais aujourd’hui , ou nos pays , nos nations, nos territoires géopolitiques sont devenus pluriels, nous ne pouvons invoquer la religion comme méthode de stabilisation du pouvoir politique , puisqu’au contraire le principe même qui autorise l’épanouissement de cette pluralité est que le pouvoir politique doit être totalement dissocié du pouvoir religieux .

Nous sommes donc condamnés à résoudre cette incohérence qui fait qu’on nous demande de n’exclure personne au titre des lois civiles , alors que les religions qui peuplent nos pays sont toutes des religions d’exclusion vis à vis d’autrui .

Amputé de ce socle reposant sur la crédulité des peuples , le pouvoir politique se doit d’être plus juste, plus représentatif pour conserver la stabilité dont il a besoin . C’est la réponse même de la démocratie et de l’égalité du citoyen devant une justice unique , qui pour être unique , ne peut être communautaire et encore moins religieuse .

Une démocratie plurielle ne peut se satisfaire d’autre chose que d’un système totalement laic , qui relègue la religion à la sphère la plus privée de l’individu et de sa cellule propre : la famille… Je prenais récemment pour exemple ce dentiste qui affichait un crucifix dans son cabinet dentaire (lieu privé) et qui de ce fait avait perdu un client. La première des politesses laïques est bien d’afficher une neutralité totale de ses convictions ou de ses sentiments face à un public ou une clientèle qui est venue chercher autre chose, en l’occurrence des soins dentaires comme premier objectif .

Dans les années 70 , les grandes sociétés américaines interdisaient à leurs cadres commerciaux toute fantaisie vestimentaire . Même les chemises masculines de couleur étaient proscrites. La neutralité était la règle absolue pour ne pas se détourner ou détourner le client du premier objectif qui était celui de lui faire exprimer ses besoins et ses désirs.

La première des pudeurs est celle de ses convictions et de ses sentiments , celle que je viens de transgresser en affichant les miennes… mais je l’ai fait volontairement car mon objectif est bien la défense des libertés , et la première d’entre elles , celle de croire ou de ne pas croire .
Je ne vois pas non plus pourquoi , en face du prosélytisme religieux auquel nous assistons, les athées n’auraient pas le droit de s’exprimer .

Dès que nos gouvernements se laissent fléchir ou influencer par des codes sociétaux d’origine religieuse, ils ouvrent la boite de pandore qui risque de déstabiliser le pouvoir démocratique .

Les démocraties trop tolérantes vis à vis des empiètements religieux, comme les Pays Bas qui viennent d’accepter la création d’un Hôpital islamique ou la France qui finance des lieux de culte, adapte des horaires de piscines publiques ou des journées d’examens aux fêtes religieuses, au mépris de ses propres lois, prennent d’énormes risques pour leur future stabilité et rompent le fondement même de leur régime qui est justement l’égalité du citoyen devant une justice unique. Sans renier nos racines qui sont incontestablement judéo-chrétiennes, et vouloir réformer toutes nos coutumes dont beaucoup trouvent également leur origine dans le paganisme ( Noël , Sapin , etc…), il est impératif de refuser la multiplication des avantages spécifiques aux différentes religions, comme les fêtes religieuses ou refuser les Dimanches travaillés… Chacun devrait pouvoir être libre de choisir son jour de repos hebdomadaire en accord avec les contraintes de son employeur et s’il n’est pas content, il change d’employeur .

Toutes nos constitutions garantissent la liberté religieuse… Mais toutes nos constitutions garantissent également les libertés individuelles, dont la première d’entre elles : La Liberté de conscience.

Il reste donc à nos gouvernements à faire un tri extrêmement rigoureux des contradictions entre libertés individuelles et liberté religieuse et à en faire de la pédagogie .

C’est à ce prix et à ce prix seulement que nous pourrons conserver une certaine stabilité dans nos démocraties. L’utopie irakienne d’une démocratie sans séparation des pouvoirs devrait nous le démontrer tous les jours….


20/1/2007

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