L’étau se serre autour d’Ahmadinejad

Alors que l’Iran célèbre l’anniversaire de la Révolution islamique (septembre 1979), les critiques intérieures émises à l’encontre du président Mahmoud Ahmadinejad se multiplient en raison de son aventurisme diplomatique. Pour le président du Conseil du Discernement de l’Iran et ancien président de la République, le cheikh Akbar Hashemi Rafsanjani, a qualifié Ahmadinejad d’irresponsable qui « sous-estime », à tort, les Etats-Unis. Rafsanjani qui compare Washington à un « tigre blessé » (en Irak), semble être parmi ceux qui, dans l’Establishment iranien, veulent éviter la confrontation armée.

« Nous devons être plus vigilants, ils (les Américains) sont comme un tigre blessé, nous ne devons pas les sous-estimer. » Puis il a ajouté : « La République islamique d’Iran est l’obstacle principal [aux plans] des Etats-Unis dans la région. Où qu’ils se dirigent, ils se trouvent face à un grand mur lié de façon ou d’une autre à l’Iran ». Rafsanjani a enfin appelé au rassemblement et à la vigilance jusqu’à ce que le « navire de la révolution traverse cette période de tension due à la mauvaise gestion du dossier nucléaire », ont rapporté les journaux iraniens.

Cette mise en garde vise clairement le président Mahmoud Ahmadinejad qui ne cesse de faire des déclarations hostiles aux Etats-Unis et à l’Occident. « Ils [les Américains] prétendent vouloir dialoguer, néanmoins lorsqu’ils ne s’en sortent pas, ils ont recours aux armes, mais même leurs armes sont obsolètes », avait-il dit dimanche 25 février.

Selon le quotidien arabophone londonien Ashark al-Awsat, le Guide suprême de la Révolution islamique Ali Khamenei serait «profondément indigné » de la politique du gouvernement. Khamenei a en effet sévèrement critiqué Ahmadinejad la semaine dernière avant de s’entretenir avec un certain nombre de ministres en l’absence du président.

Quant aux médias iraniens, ils sont de plus en plus virulents dans leurs critiques. Selon eux, la rhétorique de leur président cause plus de mal que de bien alors que les représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et l’Allemagne, qui assure actuellement la présidence de l’Union européenne, étudient actuellement des restrictions contre l’Iran sur le commerce et les armes. « Pourquoi tenez-vous un langage qui provoque de la honte ? », écrit lundi 26 février le quotidien réformateur Etemad-e-Melli (Confiance nationale) dans un éditorial. Mais les réformateurs ne sont pas les seuls à s’opposer à la politique d’Ahmadinejad. Le quotidien conservateur Resalat estime pour sa part que « ni faiblesse ni parole inutilement choquante ne sont acceptables en politique étrangère. Nous devons défendre (…) avec des paroles logiques et riches ».

Téhéran qui défie les appels à la suspension d’enrichissement d’uranium continue à prétendre que son programme nucléaire n’a aucune visée militaire et que son seul objectif est la production d’énergie. Mercredi 28 février, le président Ahmadinejad a déclaré que son gouvernement est attaché au « devoir de mettre en application les lignes de conduites nucléaires du Guide de la Révolution islamique l’ayatollah Ali Khameneï », en ajoutant que la nation iranienne ne renoncera pas à ses « droits nucléaires ».

Masri 28/2/2007

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