Moubarak puni par l’Amérique

Dans le rapport annuel sur les Droits de l’homme dans le monde, publié par le Département d’Etat américain, l’Egypte figure avec la Libye et les Emirats arabes unis (EAU) dans la catégorie B de la liste des Etats qui ne respectent pas les Droits de l’homme et de l’enfant. Une catégorie C inclut de nombreux pays membres de la Ligue arabe où des violations plus importantes sont pratiquées à une grande échelle : l’Algérie, Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar, le Soudan et la Syrie.

Selon le même rapport, l’Egypte est considérée comme un fief de réseaux mafieux, qui se servent du territoire comme point de passage pour des prostituées en provenance d’Ouzbékistan, de Moldavie, d’Ukraine, de Russie et d’autres pays d’Europe de l’Est, avant de les envoyer en Israël à travers la péninsule du Sinaï. De même que l’Egypte est accusée, toujours selon ce rapport, de ne pas agir en faveur de la protection de l’enfance : le tourisme touristique, l’exploitation des enfants dans les travaux domestiques, l’absence de protection sociale pour les travailleurs mineurs, les mauvais traitements que subissent les délinquants mineurs dans les postes de police et les prisons égyptiennes. Enfin, le rapport appelle les autorités égyptiennes à coopérer avec les ONG et les associations nationales dans la lutte contre les violations des Droits de l’homme et pour les réformes politiques.

Ce durcissement de la position américaine à l’égard du régime égyptien exprime une détérioration des relations diplomatiques entre les deux pays pour les raisons suivantes :

1- Le régime de Moubarak a rejeté les incessants appels du président Bush de libérer l’opposant Ayman Nour, ancien candidat à la présidentielle et fondateur du parti libéral Al-Ghad, principale opposition au Magles el-Chaab (Conseil du peuple, parlement égyptien) après les islamistes Frères musulmans ;
2- Hosni Moubarak a refusé de soutenir le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (Fatah) dans son bras de fer avec le Hamas qui contrôle désormais la bande de Gaza. Moubarak s’est contenté d’appeler les deux parties au retour à la table des négociations et au dialogue, tandis que Mahmoud Abbas refuse de s’asseoir avec ceux qu’ils considèrent comme « des tueurs et des terroristes » ;
3- Les autorités égyptiennes continuent à fermer les yeux sur le trafic d’armes du Sinaï vers la bande de Gaza à travers des tunnels construits par les terroristes palestiniens. Il semble que le régime de Moubarak essaie d’éviter de provoquer les Frères musulmans islamistes, dont les liens avec le Hamas palestinien ne sont pas à démontrer.

Au Caire, le ministre des Affaires étrangères égyptien Ahmed Aboul-Gheit a aussitôt critiqué la position de Washington en accusant les Etats-Unis de s’ingérer dans les affaires intérieures d’un pays souverain.

En revanche, la fermeté de Washington est applaudie par de nombreux intellectuels égyptiens ainsi que par des personnalités actives dans le monde associatif comme le professeur Saadedin Ibrahim, président de l’Institut Ibn Khaldoun pour le développement, Nihad Abou-Qomsan, directrice du Centre égyptien pour les Droits des femmes, et autres figures de l’intelligentsia opposante qui considèrent que le conditionnement des aides étrangères accordées aux autorités égyptiennes est le meilleur moyen de faire pression sur le régime et de l’obliger à se réformer de l’intérieur selon la célèbre théorie de « la Démocratie sans démocrates ».

Masri 26/6/2007

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