30 janvier 2023
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Münich de Spielberg : la déchéance morale d’Hollywood

Il est vrai que, si le cinéma américain reste encore capable de produire des films imprégnés de valeurs respectables, ces films sont aujourd’hui plus rares qu’à l’époque de John Ford, Frank Capra, Howard Hawks, Alfred Hitchcock ou Raoul Walsh.
Dans la production de l’année 2005, on peut sauver le superbe « Monde de Narnia », adapté du roman de C.S. Lewis, le « King Kong » de Peter Jackson, « Walk the Line », belle biographie du grand Johnny Cash, quatre ou cinq autres productions, ce qui est déjà bien davantage que ce que le cinéma français a eu à nous offrir.
Mais, à côté de cela, que de films ineptes ou imprégnés de l’esprit de la gauche caviar de Beverly Hills ! Depuis le début de l’année 2006, quelques uns des plus beaux échantillons de ce dont je parle sont sur les écrans français et recueillent, bien sûr, l’approbation de la critique.

L’un d’entre eux, « Le secret de Brokeback Mountain » semble destiné à démolir une fois pour toutes l’image héroïque et virile du cow boy. À quoi mène la solitude des hommes gardant des troupeaux dans les grands espaces de l’Ouest ? À l’homosexualité, pardi ! Comme, chacun le sait, l’Amérique profonde est prude et a des vues étroites, les deux amants se marient chacun de leur côté avec des femmes, ce qui ne les empêche pas de se retrouver régulièrement pour des ébats passionnés. Ne parlez pas de tromperie ou de débauche ! Le jour où j’ai vu le film un reportage passait à la télévision où il était question d’une famille moderne : maman était lesbienne et vivait avec une jeune fille, papa était homo et vivait avec un collègue de bureau, cela créait un climat idéal pour les enfants, paraît-il.

Un autre de ces films est le « Good night and good luck » de George Clooney. Je l’avais vu voici quelques semaines dans une salle de San Francisco, la ville la plus à gauche et la plus homo des États-Unis, et toute la salle avait applaudi à la fin, c’est dire… La thèse du film est simple : il n’y a jamais eu d’espionnage communiste aux Etats-Unis, les communistes étaient de doux agneaux idéalistes, et le sénateur McCarthy un ignoble monstre menaçant la liberté. Heureusement de courageux journalistes aux allures de penseurs profonds ont réussi à terrasser la bête immonde.

Si vous voyez des ressemblances avec l’Amérique actuelle où, aux yeux de la gauche américaine, un ignoble monstre appelé George W. Bush menace la liberté sous prétexte d’un danger terroriste islamiste aussi imaginaire que le danger communiste il y a cinquante ans, vous ne vous trompez pas : les ressemblances sont volontaires.
J’ai gardé le pire pour la fin : le « Münich » de Steven Spielberg. Spielberg est un grand réalisateur, c’est incontestable. « La liste Schindler » était un film âpre et absolument poignant. « La guerre des mondes » était déjà porteur d’un message écologiste qui pouvait laisser sceptique, mais « Münich » passe les bornes. Traiter d’un acte terroriste palestinien particulièrement odieux et de l’élimination ultérieure des terroristes survivants aurait pu être une bonne idée. Faire reposer le poids de la culpabilité sur les Israéliens transforme la bonne idée en abomination.

Les athlètes israéliens pris en otage et tués à Münich en 1972 n’existent pas dans le film. Ils ne sont que le prétexte. Ce qui existe, c’est la souffrance des « Palestiniens ». Les agents israéliens sont présentés comme des assassins sans beaucoup de scrupules. Dans le raisonnement de gauche, c’est en général l’assassin qui est la vraie victime ; l’assassiné, lui, doit avoir quelque chose à se reprocher…
« Münich » présente la validation de la thèse de la propagande arabo-islamiste selon laquelle Israël aurait été créé sur des terres volées aux Arabes à la suite de la shoah. Et la validation de la thèse ignoble selon laquelle Israël serait une parenthèse de l’histoire : à la fin du film, le principal agent de l’action anti-terroriste d’Israël « comprend » que ce que les dirigeants de son pays lui ordonnent est immoral et, laissant Israël derrière lui, rejoint Brooklyn aux Etats-Unis. Le film ne le dit pas, mais on peut penser qu’il votera pour un candidat de gauche pacifiste à la prochaine élection. Les antisémites-antisionistes en auraient rêvé. Spielberg l’a fait. C’est triste et c’est révoltant.

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