7 février 2023
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PIQURE DE RAPPEL

Où sont les foules religieuses défilant dans les rues des capitales du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest pour crier leur rage contre la lapidation des femmes iraniennes, les assassinats à la bombe de croyants dans les mosquées en Irak, en Arabie Saoudite, les contrats maffieux contre les intellectuels et les artistes iraniens, égyptiens… J’attends avec impatience les fatwas d’Al Azar et d’autres hauts lieux de la foi contre les forcenés qui salissent la parole du Prophète ! Je guette chaque apparition télévisée de Mouloud Aounit, le patron du Mrap, dans l’espoir qu’il annonce qu’il a porté plainte contre le GSPC et ses « communiqués » vengeurs pour « incitation à la haine raciale ». Je scrute la presse dite « de référence » à la recherche d’une défense et illustration de la liberté d’expression et de penser ; je n’y trouve que « déférence » veule pour une nouvelle Inquisition travestie en liberté de croyance. Des voix s’élèvent déjà pour exiger des pin-up de lingerie de la pub qu’elles aillent se rhabiller. Bientôt on demandera aux femmes de rentrer dans leur foyer. De se couvrir la tête et de faire beaucoup d’enfants.

Vite, de l’air, j’étouffe ! Tous ces drapeaux qu’on brûle, ces mosquées, ces synagogues, ces églises, ces temples qui flambent non loin des ambassades « impies »… L’air devient irrespirable ! C’est un cauchemar. Mais nous sommes en France, que diable ! En France, la Liberté (qui se confond avec la République) est une femme, et elle a les seins nus ! Nos députés, à l’Assemblée nationale, siègent sous des statues de femmes nues ! Qui va venir brûler l’Assemblée nationale pour « atteinte à la pudeur des croyants » ?

En 1905, la France a mis au pas la religion catholique romaine, qui ne le lui a d’ailleurs jamais pardonné. Et depuis la Révolution de 1789, on peut penser, dire et écrire que la religion, quelle qu’elle soit, a été inventée pour emmerder le peuple, le frustrer et l’asservir, en un mot, le soumettre aux intérêts particuliers des hommes de pouvoir. Tant que le peuple croit au Paradis, il ne se rend pas compte qu’il vit en Enfer.

En France, le « jésus » est un saucisson de Lyon, une barque qui cure le bassin d’un port est une « marie-salope », Joseph est amicalement désigné comme « le cocu », le signe de la croix se caricature en « Au nom du Pèze, du Fric et du Saint-Bénéfice »… Ça s’appelle le droit au blasphème, et le catholicisme romain a dû s’en accommoder.

Imagine-t-on la même chose concernant la religion musulmane ? Ceux et celles qui s’y sont essayés ont risqué leur peau, comme Théo Van Gogh, Ayaan Hirsi Ali, Salman Rushdie… Et les beaux esprits laïcs trouvent normal que la simple critique de l’islam entraîne une condamnation à mort ! Je précise : les beaux esprits se montrent plus subtils. Ils condamnent bien sûr la condamnation à mort (qui est en soi indéfendable). Mais ils ajoutent aussitôt : « Mais nous comprenons l’émotion… ».


Eh bien non ! Non, on ne comprend pas. On ne comprend pas pourquoi on peut déblatérer sur le pape, le rabbin, David, Moïse, Saint Paul et les autres, et pas sur Mahomet, Omar, Ali et consort. Qu’on dise une bonne fois que l’islam, tel qu’il est perçu aujourd’hui, est une religion de terreur et de soumission, là ça devient compréhensible. Reconnaissons une bonne fois que les islamistes font régner la terreur y compris dans les cerveaux du monde libre. Osons dire qu’on ne peut, pour l’instant, critiquer l’islam parce qu’une poignée de fous furieux menace de mort quiconque s’y risque. Mais n’appelons pas cette nouvelle Inquisition un « respect » de quoi que ce soit ! C’est de la trouille pure et simple. Elle passera.

Précisons au passage qu’une religion sûre d’elle-même n’a aucun besoin de se défendre par la terreur qu’elle inspire. C’est bien parce que l’islam est, comme toutes les religions constituées, en voie de dissolution dans la société mondiale, qu’il montre le hideux visage du fanatisme.

La France est le seul pays au monde à avoir imposé, en fait et en droit, les valeurs de la République au-dessus des valeurs religieuses. Depuis plus de deux cents ans. Ça fait une sacrée expérience. Ici, l’islam se retrouve dans la situation du catholicisme romain à la fin du XVIIIème siècle. Il ne saurait pourtant y avoir deux poids, deux mesures. En démocratie laïque, tout le monde doit être logé à la même enseigne. Ceux qui crient à l’ « islamophobie » (un terme inventé par les intégristes iraniens dès 1979 pour stigmatiser les femmes qui refusaient de porter le voile) devraient s’intéresser à la façon dont la France a réglé son compte à une Eglise catholique trop arrogante.

Peut-être est-il temps, pour les derniers arrivés, pas assez immunisés contre l’insolence religieuse, de subir une piqûre de rappel.

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