2 février 2023
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Les USA en ont l’opportunité ; vont-ils sauver le Darfour ?

Le nombre de victimes de la campagne d’épuration ethnique menée depuis trois ans par le gouvernenment soudanais contre des noirs africains approche maintenant 400.000. Les militaires soudanais et leurs milices djandjawides ont chassé plus de deux millions de réfugiés de leurs foyers. L’an passé, une enquête du Haut Commissaire de l’ONU pour les droits de l’Homme a repertorié près de 2.000 villes et villages dépeuplés par une politique brutale de la terre brûlée.

Au-delà de l’aspect abstrait des nombres, il y a les horribles violations de la dignité humaine qui ont eu lieu au Darfour. Le Haut Commissaire et de nombreuses organisations non gouvernementales ont documenté une campagne délibérée et à large échelle de terreur et de violence sexuelle : des femmes et des jeunes filles sont réduites en esclavage ou victimes de viols collectifs en public ; des hommes sont castrés et saignés à mort.

Sous-évalué à cause des intérêts commerciaux de la Russie et de la Chine, et des allégeances politiques aux Etats islamiques et africains, le Conseil de Sécurité de l’ONU a avancé à un rythme glacial dans ce que les investigateurs de l’ONU ont eux-mêmes qualifié de “pire des crises humanitaires”. Au printemps dernier, après deux ans d’effusion de sang, le Conseil a annoncé que de maigres sanctions pourraient être appliquées à des individus responsables du carnage au Darfour, et il a menacé les criminels de guerre de poursuites devant la Cour Criminelle Internationale.

Au cours des semaines récentes, la situation au Darfour a empiré. Des milices Djandjawides soutenues par des hélicoptères de combat soudanais ont augmenté leurs attaques contre des civils sans défense. Le Darfour n’est pas seulement une zone de guerre ; c’est aussi la scène d’un crime dans lequel les atrocités se poursuivent chaque jour.
Les Etats Unis ont été une voix isolée, encore totalement inefficiente, au sujet de ce génocide. Jusqu’à ce que les dirigeants américains perçoivent un semblant d’appui électoral pour arrêter la tuerie, les mots continueront de remplacer les actes. Et parfois, même les mots manquent.

Le Président Bush a été profondément silencieux et scandaleusement passif sur le Darfour. Pour tous les discours de bel esprit sur la puissance d’une transformation démocratique et pacifique, l’administration Bush est descendues à des abysses d’immoralité avec l’un des régimes non démocratique le plus violent du monde, pour obtenir sa coopération douteuse dans la guerre contre le terrorisme.
Ce mois-ci, les Etats Unis détiennent la présidence tournante du Conseil de Sécurité. L’ambassadeur John Bolton se trouve dans une position privilégiée pour dissiper l’inertie du Conseil, et initier des actions qui sauveront des vies sur le territoire du Darfour.
Bolton a déjà accompli quelque chose de conséquent. Le Conseil de Sécurité a approuvé une déclaration qui entamerait un plan de contingence pour une force de maintien de la paix au Darfour. La force de l’ONU proposée remplacerait une force de l’Union Africaine mal équipée, en sous-effectif, et largement inefficace de 7.000 contrôleurs, dont le mandat s’achève à la fin mars.

Pour le moment cependant, une force de maintien de la paix de l’ONU n’est qu’hypothétique. Et malgré le modeste résultat obtenu par Bolton, il y a peu de raison d’espérer que la politique d’indifférence bénigne de l’administration Bush ait changé. Lors d’une interview le 7 février avec le journaliste Jim Lehrer, le Vice-Président Dick Cheney a donné cette déplorable évaluation de la réponse des USA au Darfour : “Je suis satisfait car nous faisons tout notre possible”.

A chaque fois que j’écris sur la situation au Darfour, des lecteurs me demandent : “Que faire ?” Invariablement, je les renvoie vers des organisations d’aide telles que “Save Darfur Coalition”, ou bien je leur conseille de contacter leur représentant [député, ndt] et leurs sénateurs.

Ce mois-ci, ma réponse est différente. Contactez la Maison Blanche. Dites à Bush que pendant que les USA présideront le Conseil de Sécurité, un plan de contingence pour une force de maintien de la paix de l’ONU doit devenir un plan opérationnel. Vingt mille gardiens de la paix, équipés et soutenus par les Etats Unis et l’Union européenne, sont nécessaires sur le terrain rapidement. La première étape pour mettre fin à la violence est l’application d’un zone d’nterdiction de survol au Darfour par l’OTAN.
Seule la direction américaine peut obliger les Nations Unies à arrêter le massacre au Darfour. Ce n’est qu’en secouant notre torpeur morale que Bush peut empêcher un génocide qui est déjà bien en voie de s’achever sous son regard.

Adaptation française de Simon Pilczer


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