7 février 2023
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L’excision : un fléau oublié qui touche principalement les Africaines et mérite notre mobilisation. Jusqu’à ce qu’il disparaisse.

Cela se fait au nom d’une coutume barbare qui a pour nom excision ou, depuis quelques années, selon la description plus explicite qu’en ont fait les institutions internationales comme l’UNICEF : Mutilations Génitales des Femmes.

Des mutilations le plus souvent pratiquées avec des couteaux, des rasoirs ou même des morceaux de verre, dans des conditions d’hygiène déplorables. Elles sont d’une violence inouïe, une atteinte à l’intégrité corporelle de petites filles ou de jeunes filles, voire de jeunes femmes.

Le plus souvent cela se fait entre quatre et quatorze ans. On se saisit de l’enfant, on la brutalise car celle-ci se débat, et coupe une partie plus ou moins importante de ses parties génitales, l’étendue des mutilations dépendant des coutumes locales, la laissant blessée, en sang, et profondément traumatisée. A vie. Pas question d’anesthésie, bien entendu, sauf dans certains pays, comme on le verra plus bas. S’ajoutent toutes sortes de pratiques barbares, insoutenables, comme brûler les chairs coupées à vif, ou enfoncer des herbes dans le vagin des petites filles, pour n’en citer qu’une ou deux. Les conséquences physiques de ces mutilations sont multiples : hémorragies -certaines en meurent – infections, septicémies, parfois, stérilités, douleurs persistantes, cicatrices gênantes et qui rendent souvent les rapports sexuels ou les accouchements douloureux, voire problématiques. S’y ajoute une plus grande propension à être infectée par le virus du Sida…

Quant on ne recoud pas les plaies – cela s’appelle alors infibulation- avec ce qu’on a sous la main, des épines, parfois, ne laissant qu’un espace qui permet à la femme d’uriner ou au sang des règles de s’écouler. Et dans ce cas le mari « ouvrira » celle qu’il vient d’épouser…on imagine le calvaire de la nuit de noces et des rapports suivants.
Quant aux conséquences psychologiques, on les devine aussi aisément : peurs, insomnies, phobies, impossibilité de se concentrer…
Rien de tout ceci n’est imaginaire, grossi ou ne stigmatise mais a été dûment répertorié et a fait l’objet de maint rapport de l’UNICEF, entre autres organisations internationales. Voir notamment : http://www.unicef-icdc.org/publications/pdf/fgm-gb-2005.pdf

Il y a eu à ce sujet des congrès, des déclarations, des chartes, des engagements pris. Depuis le début des années 50, même. Mais rien n’y fait. Ou si peu…
Pourtant, dans certains cas, on gomme les risques de santé en faisant commettre ces ignominies par des personnels de santé qui, ce faisant, bafouent toute déontologie puisqu’ils mutilent sciemment des petites filles, des jeunes filles ou des femmes. Ce sont ainsi plus de 60 % des excisions qui sont pratiquées par un personnel médical en Egypte et plus de 30 % au Soudan ou au Kenya. Donnant ainsi bonne conscience aux familles. Mais ces femmes n’en restent pas moins mutilées.

Les raisons invoquées sont coutume et religion. Même si l’Islam, la religion le plus souvent invoquée et bien que des animistes ou des chrétiens se livrent aussi à ce genre de pratiques, ne contient rien qui enjoigne d’exciser les femmes. Mais on sait qu’il en va de même pour le voile qui n’est pas une injonction religieuse mais reste incontournable pour nombre de musulmanes. Toutefois l’excision n’est pas pratiquée par la majorité des musulmans et ne l’est pas, par exemple, dans les pays d’Afrique du Nord ni en Arabie Saoudite, semble-t-il.

Dans les pays ou régions qui commettent des violations des droits humains des femmes lorsqu’une fille n’est pas excisée elle ne trouvera pas de mari. Car l’excision est censée garantir la virginité des jeunes filles et calmer de supposées ardeurs sexuelles des femmes et donc assurer leur fidélité. Alors que, le plus souvent, la polygamie est autorisée, voire encouragée, dans la plupart des régions concernées…

Des raisons d’hygiène ou d’esthétiques ont été inventées aussi…Tout est bon pour justifier que l’on viole ainsi l’intégrité physique et psychique des femmes. Et tout cela se fait bien entendu sur fond « d’honneur familial, » critère central dans les cultures qui s’adonnent à ce genre de pratiques.

Autre facteur inhérent, même s’il n’est pas avoué : il y va de la soumission des femmes à qui, en quelque sorte « on apprend à vivre » dans tous les sens possibles.

Cela se fait dans 28 pays en Afrique et au Moyen-Orient. Dans une bande allant du Sénégal à la Somalie, pour l’Afrique. L’Egypte, pays qui semble à première vue si proche de nous, a un triste record en la matière car, selon les chiffres disponibles, 97 % des femmes y sont excisées. En Guinée le chiffre est de 99 %…Viennent ensuite Mali et Soudan, avec respectivement 92 et 90 %…

Des cas ont été rapportés au Yemen, en Jordanie et dans la Bande de Gaza, où le Hamas tient le haut du pavé. Ou encore en Malaisie ou en Inde. Mais dans des proportions bien moindres. L’horreur y est cependant au rendez-vous pour ces femmes marquées à vie.
L’infibulation, qui ajoute l’horreur à l’horreur, avec ces blessures recousues et ouvertes à nouveau par les maris, se pratique surtout au Soudan, en Érythrée, en Somalie et à Djibouti.

Il est très difficile d’obtenir des chiffres pour une grande partie des pays concernés. Par ailleurs, ces mutilations peuvent être pratiquées dans certaines partiss d’un même pays et très peu dans d’autres. La République de Centre Afrique en étant un exemple flagrant puisque l’excision n’est pas appliquée du tout dans certaines régions alors que cela peut être systématique dans d’autres et touche alors 100 % des femmes…

Les chiffres sont également difficiles à obtenir pour les pays tels que la France, la Suède, le Canada ou l’Australie puisque ces pratiques y sont interdites. Elles existent pourtant et l’on sait que des familles immigrées continuent à faire subir ce sort à leurs filles au mépris des lois tant le carcan de la coutume est fort et tant leur identité première reste incontournable. S’y ajoute, selon les observations de l’UNICEF, la peur d’être stigmatisés au sein de leur propre communauté, l’excision faisant partie des obligations parentales dans les cultures qui pratiquent ces mutilations. L’UNICEF signale d’ailleurs que certaines filles la réclament même pour ne pas être rejetées !

Il semblerait opportun de rouvrir publiquement ce débat et de ne pas le clore à l’heure où les violences systématiques faites aux individus sont à l’ordre du jour.

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