27 octobre 2020

Les “Algériens” veulent redevenir Français…

Sur un terrain sensible, favorable aux surenchères populistes, c'est sans doute ce désir de nombreux Algériens de «redevenir français» qui a déclenché le courroux présidentiel. Signe d'«apaisement des tourments de l'histoire» pour les uns, de «revanche de la France coloniale contre la révolution algérienne» pour d'autres, cette évolution des mentalités est récupérée par les milieux ultranationalistes, qui accusent, depuis des années, les binationaux d'être «la cinquième colonne du néocolonialisme». Des associations ont même revendiqué leur exclusion des responsabilités politiques et de la haute fonction publique. Le président Bouteflika vient de leur donner raison en déclarant : «Je ne connais aucun pays au monde qui donne des postes de souveraineté à des binationaux.»

Trop galvaudé par le discours officiel, le patriotisme sonore ne fait plus illusion auprès de la population. Pour les familiers du sérail, cette charge présidentielle contre les binationaux vise à occulter le statut de «coopérants techniques avec résidence hexagonale» de certaines notabilités du régime. Jouissant de la double nationalité et pris en charge dans des palaces algérois, ils ont mis leur famille à l'abri en France, où ils ont scolarisé leurs enfants. D'autres font la navette entre Alger, où ils exercent des fonctions officielles, et Paris ou Marseille, où ils sont propriétaires de commerces, notamment dans l'hôtellerie et la restauration".
L'article de Arezki Ait-Larbi dans son entier : Le président algérien fustige les binationaux

Lire également : L’héritage français s’effiloche en Algérie :
dont cette phrase :
« Kaddour ne peut pas expliquer pourquoi il a davantage confiance dans les entreprises de l’ancienne métropole que dans tous les « étrangers » qui arrivent en Algérie appâtés par les milliards que l’Etat entend consacrer au soutien de la croissance. « Tous ces Chinois qui construisent des logements ! Que Dieu me pardonne mais ce serait tellement mieux si les chantiers étaient français ! Et ce traité d’amitié que nous venons de ratifier avec les Turcs ? Pourquoi n’a-t-on pas signé avec la France ? Qui connaît les Turcs ici ? La France nous est tout de même plus proche ! Le pouvoir demande des excuses à Paris, pourquoi n’en a-t-il pas exigé d’Istanbul?»

Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

Voir tous les articles de Lucien SA Oulahbib →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


%d blogueurs aiment cette page :