30 janvier 2023
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Un voile sur la République

En novembre 2003, la cour suprême d’Iran a condamné, pour adultère, quatre femmes à être lapidée. Leur nom n’a pas été révélé. Pour nier leur existence ou pour empêcher la mobilisation internationale ?

Hani Ramadan, un des « théoriciens » des Frères musulmans, a publié une tribune libre sordide dans Le Monde (10 septembre 2002) : La charia incomprise .

Nous n’aurions pas compris… la condamnation à mort de Amina Lawal et nous aurions « soulevé un tollé » ! Le chef islamiste va expliquer :

« Réduire la richesse de la loi islamique –reconnue par les plus grands spécialistes du droit comparé ( !)- aux seuls châtiments corporels, c’est un peu comme si l’on prétendait résumer toute la médecine aux seules amputations chirurgicales. » Ce grand philanthrope assimilerait–il les chirurgiens aux bourreaux ? « La science médicale comprend une variété de disciplines allant de la prévention aux traitements les moins éprouvants. Il en va de même pour la charia. » La loi serait-elle devenue une science ? « Les peines concernant le vol et l’adultère ne peuvent être appliquées que dans une société où sont protégées les normes et les valeurs islamiques. » En Afghanistan du temps des talibans, au Soudan, dans les états islamiques du Nigeria… « Il est exclu de couper la main de voleur dans un Etat qui ne donne pas à ce dernier les moyens de vivre dignement ». C’est sans doute pour cela que les dirigeants de certains pays musulmans laissent leur population dans la misère.

P
ensant rassurer (et faire accepter ?), il précise « la lapidation prévue en cas d’adultère n’est envisageable que si quatre personnes ont été des témoins oculaires du délit. Ce qui est pratiquement irréalisable. A moins que le musulman choisisse d’avouer sa faute. Avant l’exécution les juristes précisent qu’il lui est toujours possible de revenir sur aveu ». L’homme peut s’en sortir (2).

Il ajoute « une grossesse illégitime (c’est nous qui soulignons) peut également entraîner une sanction ». Suivent des considérations de faux-juristes ou de faux-témoins sur des manières pour la femme d’échapper à la sentence. Les juges chariatiques du Nigeria n’ont pas l’air d’avoir compris les subtilités de la pensée ramadanesque.

Preuve non apportée, il en déduit : « On voit : ces peines ont surtout une valeur dissuasive » (3). Qu’est-ce qu’un droit qui proclamerait que ses sanctions ne seront jamais appliqué ? « La rigueur de cette loi constitue une punition, mais aussi une forme de purification. Il est interdit d’insulter le coupable » Non, il faut le lapider simplement jusqu’à ce que mort s’en suive.

Et comme nous ne sommes toujours pas con…vaincus : « Dieu [étant] le créateur de toute chose a aussi créé le virus du Sida. La personne qui respecte strictement les commandements divins est à l’abri de cette infection(…) seuls s’exposent à cette contamination ceux qui ont un comportement déviant. » Nous, « les partisans invétérés des Lumières », qui n’avons pas compris le rapport, faisons un « effort de réflexion». Pour les invertébrés de l’obscurité, la mort lente occasionnée par le sida est comparable à celle d’une personne lapidée. Le Dieu « tout puissant et miséricordieux » ramadanesque est donc un modèle de modération : « Le prophète Mahomet lui-même faisait tout pour en repousser l’application. Ainsi lorsque Mâ’iz se présente au messager de Dieu en lui demandant de le purifier parce qu’il avait commis l’adultère, ce dernier se détourna de lui. Mais Mâ’iz confessa son erreur à quatre reprises. Dès lors le Prophète ne pouvait qu’ordonner sa lapidation. »

Quelques éructations contre la débauche du monde occidental, et l’annonce imputée à Mahomet : « La turpitude apparue au sein d’un peuple, pratiquée ouvertement aux yeux de tous, entraîne la propagation d’épidémies et de maux(4) qui n’existaient pas chez leurs prédécesseurs ». On trouve tout dans le Coran. Géotrouvetout croit innover en théologie !
Pour (nous ?) achever : « En clair, que ceux qui nient qu’un Dieu d’amour (c’est encore nous qui soulignons) ait ordonné ou maintenu la lapidation de l’homme et de la femme adultères se souviennent que le virus du sida n’est pas issu du néant ».
Nous sommes anéantis de sottise et restons bien portants.

Une question : qui a créé le sieur Ramadan Hani ? Ce diable de Dieu tel qu’il le proclame ? Ou est-il sorti plus prosaïquement de l’insondable et éternel égout de la bêtise et de l’intimidation.

« Ec. l’inf. », comme l’écrivait Voltaire. Ecrasons l’infamie de ces « théologiens de la régression ». Leur vision est intolérable. Parce qu’elle heurte tout bon sens, mais aussi parce qu’elle donne une vision caricaturée, fausse de la religion musulmane. Ces pseudo-théologiens sont des générateurs d’islamophobie. Des « générateurs » volontaires et organisés (comme d’habitude). Ils ont besoin de l’affrontement pour s’imposer, pour dénoncer, pour justifier par la victimisation leur violence, intellectuelle pour l’instant. (mais le verbe est toujours le père des actions qu’il engendre.)

A la suite de ces écrits, Hani Ramadan, ce personnage étant de nationalité suisse, a fait l’objet, dans son pays, d’une enquête judiciaire « pour provocation publique au crime ou à la violence. ». Vivant en Europe, et en pays de droit, il est présumé innocent.

Ce texte est extrait d’un livre (au même titre) paru chez Stock en 2004, pp. 248-251. ( Voir l’action qui sera menée contre Ramadan le 14 octobre à Lyon).

Notes

(1)Voltaire, dans sa correspondance avec ses proches intellectuellement, ajoutait in fine « ec. l’inf. ». Code –peu secret- pour « écrasons l’infâme intolérance religieuse ». Ce n’était pas seulement une formule pour le défenseur efficace des victimes de persécutions religieuses (l’affaire Calas, etc…).

(2)Un tribunal islamique nigérian a annulé le 19 août 2003, en appel, la condamnation à mort par lapidation d’un homme de 54 ans jugé pour le viol d’une fillette de 9 ans. Il plaidait la folie…Le Figaro 20 août 2003

(3)-Dans le livre de L. Babès et T. Oubrou, op. cit. Tareq Oubrou avance les mêmes arguments. « Je tiens à dire qu’en droit musulman, plus une sanction est dure, moins elle est applicable » (p.67) A-t-il prévenu les juges nigérians ? « La douleur de la peine –physique ou morale- n’a qu’un seul objectif : améliorer la condition morale du musulman. » (p.76) ainsi que, selon un hadith « le droit au coupable, au moment de la lapidation, de se sauver, et aux exécuteurs le devoir de le laisser partir » (p. 69) . C’est en application de ce droit, sans doute, que personnes condamnées à la lapidation sont enterrées jusqu’au cou.
Tareq Oubrou, le recteur de la mosquée de Bordeaux et Hani Ramadan ont l’air de se comprendre, en tout cas ils tiennent le même discours ! Le droit « s’anoblit » quand il intimide. La liberté « progresse » lorsqu’on l’assassine.

(4)- Voir les agressions, en juin 2003 contre les femmes en Algérie, « responsables » du tremblement de terre, selon le même « hadith ».

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