7 février 2023
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No comment….ou la dhimmitude en acte !

Mesdames et Messieurs les Membres de la presse,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,


A l’instar des autres cultes, l’islam y est respecté et pratiqué en toute liberté dans le cadre du principe de laïcité, auquel nous tenons tant, Monsieur le Recteur, qui est au cœur de l’identité de notre République. Ce principe garantit le traitement égal et équitable par l’Etat de toutes les religions, croyances ou opinions philosophiques. Les musulmans de France bénéficient d’une entière liberté de conscience, de croyance et de culte.
Les valeurs de concorde et de réconciliation, au cœur du message de l’islam, sont empruntes d’une profonde sagesse. Ce sont de très nobles valeurs dans lesquelles les Européens n’ont aucune difficulté à se reconnaître car elles présentent un caractère universel.
Ces valeurs de concorde et de réconciliation sont plus actuelles que jamais. La communauté internationale doit constamment s’y référer pour encourager le règlement pacifique et juste des crises et des conflits qui perdurent. A ce jour, bien des plaies doivent être pansées, bien des frustrations apaisées, bien des humiliations réparées. Selon les paroles du prophète Mohammed, la discorde, – “la fitna” -, est “ce qui peut arriver de pire”.
En cette période où se développent incompréhensions, amalgames et préjugés et où le terrorisme est devenu un phénomène majeur se jouant des frontières, nous devons rester mobilisés et œuvrer inlassablement au rapprochement de nos peuples sur le double fondement du respect et de la connaissance réciproques.
Ce qui rapproche les trois religions du Livre est infiniment plus important que ce qui les sépare. Nous sommes issus d’un même humanisme et d’un même héritage spirituel. Nous vivons une communauté d’histoire, qui depuis toujours témoigne d’un enrichissement mutuel. Nous n’avons cessé de nous inspirer réciproquement. De nombreux lieux témoignent encore aujourd’hui de la richesse de nos rencontres. Je pense bien sûr à l’Andalousie médiévale, œuvre du génie musulman, juif et chrétien, à Istanbul ou à Jérusalem, la trois fois sainte.

Face à ces peurs qui s’expriment ici ou là à travers notamment la théorie d’un prétendu “choc des civilisations”, nous avons, il me semble, une exigence de vérité. La France ne peut pas accepter l’idée de ce divorce. Nous sommes tous liés par une communauté d’intérêts et de destin.
Respecter l’autre, c’est d’abord le connaître. Un dicton arabe disait fort justement que “l’Homme est l’ennemi de ce qu’il ignore”.
Le dialogue des cultures constitue une des priorités de mon action. Je l’ai évoqué à chaque fois lors de mes déplacements dans le monde arabe et récemment en Egypte ou j’ai eu le plaisir de rencontrer cheikh Tantawi à l’université d’Al Azhar.
Les crises au Proche et au Moyen-Orient n’ont pas qu’une dimension religieuse. S’agissant du conflit israélo-palestinien, il apparaît indispensable qu’un dialogue constant et confiant se rétablisse entre les deux parties afin de conserver l’espoir d’une relance de la “Feuille de route”. Je veux croire fermement en la capacité des hommes et des femmes de la région, qu’ils soient arabes ou israéliens, à construire la paix. La France se tiendra toujours aux côtés des peuples de la région auxquels l’attachent une histoire, un héritage et un destin partagé.
En Irak, la situation demeure préoccupante. Il nous appartient de convaincre toutes les communautés et les parties concernées à participer, dans un cadre démocratique, à la reconstruction politique, économique et sociale de ce pays. Là aussi, la communauté internationale doit faire preuve d’une ténacité et d’une détermination sans faille pour aider ce peuple à se réconcilier et à reconstruire son pays.
A quelques semaines de la célébration du Xème anniversaire du partenariat euro-méditerranéen fin novembre à Barcelone, je tiens à réaffirmer la volonté et la détermination de la France à donner une nouvelle impulsion à la politique méditerranéenne de l’Europe.
La Méditerranée, mer commune pour les sociétés de culture européenne et arabe, ne doit pas devenir une ligne de fracture. Entre Européens et Arabes, les relations puisent dans un passé vieux de quatorze siècles, marqué parfois par l’affrontement, mais aussi par le partage et l’échange. Echanges de biens, depuis la nuit des temps. Echanges des idées, favorisé par une fascination réciproque. Echanges humains enfin, dont témoignent tant de destins personnels qui constituent le lien vivant entre nos deux rives.
La “vision de Barcelone” demeure à mon sens le cadre privilégié pour soutenir une approche de la Méditerranée qui récuse l’idée d’antagonisme entre les civilisations et renoue avec le concept d’interpénétration des cultures, cher au grand méditerranéen que fut l’historien Fernand Braudel.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Chers Amis,

Monsieur le Recteur,


Les obstacles, les crises, les conflits, la tentation du repli et les crispations identitaires ne doivent pas nous détourner de notre objectif de rapprochement. En dépit des incertitudes actuelles sur l’avenir et des nombreux défis qui se posent à nous, je demeure convaincu qu’il y a place, dans ce monde en profonde mutation, pour un humanisme fondé sur les valeurs universelles transmises notamment par les trois religions monothéistes : la paix, le pardon, la générosité, la tolérance et le dialogue.

Je souhaite à toutes et à tous un excellent iftar et vous dis “ramadan karim”.
Je vous remercie.

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