7 février 2023
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Manifestations Anti-Ahmadinejad : décodages

Cette fausse manifestation fait suite à celle de la Journée de l’Etudiant. Ce jour là, des étudiants d’un certain âge tenaient les photos d’Ahmadanejad à l’envers pour protester contre sa politique ! Le fait de tenir les photos à l’envers est une référence au pouce vers le bas, signe emblématique et imédiatment compris par les occidentaux. Le pouce vers le haut n’a pas la même signification en Iran car il est l’équivalent à un doigt d’honneur ! Tout dans cette fausse manifestation parlait aux medias occidentaux. Une croix sur la photo aurait été plus explicite.

Malgré un tapage médiatique des recycleurs d’infos des mollahs que sont les sites iranfocus.com (appartenant à l’OMPI) et www.iranpressnews.com (tendances politiquement correctes Ledeen/Ganji), la fausse manifestation du 7 décembre n’a pas attiré l’attention des médias occidentaux et le régime a décidé de passer à la vitesse supérieure : en présence d’Ahmadinejad, des étudiants l’ont insulté et brûlé sa photo (la même qu’à la manif du 7.12). Les « étudiants » lui auraient dit « casse-toi menteur » et « à bas le dictateur », ce à quoi, Ahmadinejad aurait très démocratiquement répondu « la protestation est le droit des étudiants ». Il y a eu le même type de manifestation sous Khatami (6 décembre 2004), toujours dans une université (avec des slogans similaires), et le président avait répondu la même chose et les mêmes photos (de l’agence gouvernementale FARS news) ont fait le tour du monde.

Pourquoi ce tohu bohu « démocratique » ? | C’est de la propagande indirecte. On met en scène des situations extrêmes et les dirigeants du régime réagissent démocratiquement à la situation. Même la conférence négationniste de Téhéran a participé à cet élan démocratique: d’un côté le régime a organisé ce show alignant tous les vieux négationnistes et de l’autre le député de la communauté juive iranienne a critiqué ouvertement le gouvernement Ahmadinejad. D’ailleurs cette année, c’est plein pot sur les faux dissidents : nous avons étudié un cas dans le cinema (avec Jafar Panahi et Off side), le féminisme interesse aussi les mollahs et ils alignent une batterie de féministes musulmanes ; nous allons certainement voir fleurir des mouvements de protestations simulées dans de nombreux domaines. Ces simulations ont 2 priorités : donner l’image d’un régime non monolithique et inflitrer les rangs des vrais opposants (comme l’a fait Hossein Derakhshan, le nouvel ami de Loïc Lemeur). Le seul défaut de ces opposants décoratifs est qu’ils sont entièrement d’accord sur la politique nucléaire de l’Iran et sur le soutien au Hezbollah.

Ce tohu bohu doit également créer des tensions politiques et encourager les iraniens à renoncer au boycott des élections qui auront lieu le 15 décembre. Même si le régime utilise souvent des images d’archives pour simuler une large participation populaire, la participation aura malgré tout une valeur de test pour le régime qui est actuellement désavoué par sa base. Ce tohu bohu s’adresse certes aux médias comme CNN mais aussi à la base car son boycott -même nié- pèsera sur l’avenir du régime.

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