6 février 2023
Non classé

Bye bye Baker

Aussi n’est-il pas étonnant que l’on nous annonce la mort du néoconservatisme depuis trois ans . Des néoconservateurs l’ont fait. Fukuyama, toujours aussi futuriste, est passé de “la fin de l’histoire” à la période “post néoconservatrice” en quelques ouvrages, prouvant par là que l’on peut être un intellectuel mondialement reconnu et passer à côté de l’Histoire en marche. De son côté, Murawiec a affirmé récemment que les néoconservateurs étaient partis de la Maison Blanche. La raison de ses prédictions : les hésitations de Bush lors de son second mandat.

Surtout, et c’est là que je veux en venir, tous deux ont annoncé le retour du réalisme. La nomination de Gates a été ressentie comme l’un des symptômes, bien que l’ex chef de la CIA ait été formé sous Reagan, comme l’a rappelé Guy Millière. Figure de proue des réalistes, Kissinger est rallié à Bush. Si ce n’est d’eux, d’où vient la vague tant annoncée ? La commission Baker, vous répondra-t-on. Vous avez lu des centaines et des centaines d’articles sur la question. Pour… rien, visiblement.
La commission Baker recommande la partition de l’Irak. La Maison Blanche, le Pentagone et le gouvernement irakien refusent.

La commission Baker recommande un retrait des troupes, Bush refuse, le Pentagone considère l’envoi de troupes… supplémentaires…

La commission Baker recommande l’implication de la Syrie et de l’Iran dans la stabilité de l’Irak, le Washington Times écrit que Bush n’acceptera jamais. Le Financial Times confirme.

Au final, pas une des recommandations de la commission ne semble se frayer un chemin au Pentagone ou à la Maison Blanche. Dans un article à paraître le 11 décembre dans le Weekly Standard, Robert Kagan et William Kristol écrivent :

Bien que ni les médias américains ni les observateurs de la vie politique ne semblent l’avoir réalisé, la commission Baker n’a aucun pouvoir pour forcer Bush à changer la politique qu’il a choisie. Il n’est pas non plus aisé pour la majorité démocrate de s’impliquer sur l’Irak. Dans le système américain, le président a toujours eu un grand pouvoir sur la politique étrangère, s’il veut l’utiliser. Le Président Bush compte clairement le faire. Il veut poursuivre sa stratégie en Irak. Il est déterminé à ne pas se retirer d’Irak avant d’avoir stabilisé et démocratisé le pays. Il ne sera ni influencé par le politiquement correct, ni par Baker [ci-dessus] et ses collègues, quelles que soient les pressions que ces derniers vont faire pour le mettre en difficulté.

Le prestigieux National Review ajoute :

Le ISQ [Iraq Survey Group] a apparemment mixé la volonté républicaine de poursuivre la bataille en Irak avec les propositions démocrates d’établir un calendrier de retrait pour l’année prochaine. Il proposerait ainsi de retirer les troupes américaines selon un calendrier non établi. Si les rumeurs se confirment, nous devrions éviter les coûts de distribution du rapport en l’imprimant puis en le jetant, immédiatement, dans la corbeille la plus proche.

Il semble que le seul endroit où la commission Baker ait de l’influence ce soit… dans les médias.



Pour en savoir toujours plus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


%d blogueurs aiment cette page :