29 janvier 2023
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L’écologiquement correct ou l’homme (moderne) de trop

« Sommes-nous trop nombreux ?, c’est le grand problème. Cette interrogation s’impose avec une photo de Yann Arthus-Bertrand qui montre un bidonville dans la région de Caracas. On se dit : ‘‘ Mais comment les hommes peuvent-ils proliférer à ce point-là ?’’. Et si on fait la réflexion scientifique, on s’aperçoit qu’effectivement qu’avec neuf milliards, il y aura trop d’hommes sur Terre. Mais le vrai problème est : quels sont ceux qui véritablement sont provisoirement en trop ? Et on pense que ce sont justement ces gens qu’on a relégués dans des bidonvilles.

Or ce n’est pas vrai, parce que ceux-là, ils ne coûtent pas grand-chose à la Terre. Par contre, ceux qui habitent dans des régions cossues, ceux qui ont de beaux appartements, ceux qui vivent à Paris, comme vous et moi, ceux-là coûtent tellement cher à la Terre, que si l’ on multipliait par six ou sept milliards ce qu’ils coûtent, eh bien ! la Terre est détruite en moins d’un siècle. Par conséquent, oui ! il y a des hommes de trop et ce ne sont pas ceux que l’on croit. »

Voilà donc qu’à la réflexion ouverte par la tension entre l’Homme et la Nature est substituée la solution du goulag intellectuel. Voilà donc le porte-parole de la finitude terrestre qui se supprime lui-même de son discours, déportant tranquillement l’auditeur vers l’absence de toute réplique. Voilà donc que tout est dit : le luxe a gâté irréparablement notre nature, nous ne sommes plus dignes que d’assister à l’arrachement de cet aveu. Voilà donc qu’au procès que nous intente la Terre, la sentence a déjà eu lieu : l’homme moderne n’a plus qu’à répéter sa condamnation.

Voilà donc que s’agite la parodie d’une parole jugée en somme trop humaine. Voilà donc la sacro-sainte misère, l’humiliation de Prométhée, comme ultime sursaut humain pour combler le silence commandé par la voix naturelle. Voilà donc la petite ritournelle de la haine de soi qui s’étouffe et en jouit froidement, au pied d’un gouffre si captivant. A quand donc le passage à l’acte ?

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