3 février 2023
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Irak : de Villepin et Douste Blazy préparent-ils la candidature de Chirac?

Car c’est bien là l’essentiel du message villepiniste. Puisque si l’on se penche encore un peu sur la situation irakienne, (avant d’en étudier les répercussions françaises indiquées ci-dessus), il est loisible d’observer que les forces hâtivement baptisées de “résistantes” s’en prennent, de temp à autre, aux forces coalisées pour se donner une légitimité, alors qu’il s’agit pour elles de masquer qu’elles combattent pour la confiscation du pouvoir en réalité. Si, en effet, elles se battaient, réellement, “pour” l’Irak, elles rentreraient dans le processus politique ; ce qui permettrait aux troupes de la Coalition de se retirer, troupes avalisées soit dit en passant par l’Onu et dont la présence reste requise par l’actuel gouvernement.

On peut certes ergoter par ailleurs et pour finir ce chapitre sur l’origine première de ces violences sectaires, en oubliant qu’elles commencèrent bien avant l’arrivée de la Coalition, puisque des centaines de milliers de shiites et de kurdes furent éliminés par les sunnites saddamistes. On peut également se demander si un tyran n’est pas enfin de compte préférable pour ce genre de pays, sous entendant que la démocratie ne serait pas exportable, le tout dit en France par des fervents admirateurs d’un Napoléon qui a passé la plupart de son temps à précisément répandre au bout du sabre les idées de la Révolution française…

En réalité, des forces hostiles à toute velleité de démocratie se coalisent et, en même temps, s’entredéchirent pour empêcher qu’une telle expérience, inédite, (hormis en Israël) puisse se consolider et mette à mal toutes les dictatures de la région. Surtout en période d’offensive généralisée de forces islamiques hostiles par essence et non par réaction à toute vie démocratique. Voilà ce que ne disent pas les actuels pourfendeurs français de l’effort de guerre anglo-américain qui ont été bien contents de voir en 1944 les forces angloaméricaines exporter leur conception démocratique sur les plages normandes.

En réalité, toute la classe politique française, FN compris, ne veut pas admettre que leur réel échec, c’est celui de la politique arabe de la France, qui n’a toujours pas compris d’ailleurs pourquoi elle a perdu en Algérie, or, par une étrange absurdité, les politiciens français se drapent dans cet échec pour donner des leçons au reste du monde au lieu d’analyser les causes du retrait consistant, permanent, de la présence française dans les affaires du monde, hormis, paradoxalement, à l’époque mitterrandienne ; lorsque Mitterrand accepta la présence des Pershing en Europe et participa à l’effort de guerre de la première guerre du Golfe.

Il va de soi que si Jacques Chirac avait été au pouvoir à ce moment là il aurait refusé les deux, ralentissant dans ce cas l’effondrement du mur soviétique et raffermissant la dictature saddamiste. Le comique de la chose étant de le voir s’en prendre actuellement à la Syrie alors que sa politique a visé principalement à consolider celle-ci en caressant dans le sens du poil l’intransigeance du nationalisme arabe, allant jusqu’à conseiller Arafat de refuser de signer le plan Barak-Clinton ou le second volet des accords d’Oslo…

Fort de ses échecs, et de la cannibalisation de son propre camp, Jacques Chirac se dit sans doute que le meilleur atout qui lui reste pour revenir dans la course électorale en France consiste à miser sur l’anti-américanisme et l’électorat “musulman”. Le fait que cela soit son avocat qui défende la Mosquée de Paris ne doit sans doute rien au hasard. Parions même qu’il faille sans doute s’attendre à ce que Charlie Hebdo soit condamné en première instance parce que le message subliminal passé aux juges doit être clair : il faut construire, ce qui est pourtant reproché à Sarkozy, une constellation de subdivisions entre français, entre français et étrangers, afin de mieux affermir la puissance jacobine de l’Etat, réitérant pourtant les mêmes erreurs qui ont rendu impossible la gouvernance en Algérie puisqu’en divisant les communautés par l’instauration de lois différentes on les dresse à terme les unes contre les autres, alimentant, de surcroît, les extrêmes ; c’est ce que l’on peut reprocher Sarkozy lorsqu’il veut “toiletter” la loi de 1905, c’est ce que veut également faire Chirac pour se maintenir au pouvoir, tout en disant évidemment le contraire ; or, c’est bien lui qui a avalisé l’idée de nommer des préfets “musulmans” alors qu’il y a toujours eu des préfets originaires d’Afrique du Nord, en particulier kabyles….

On le voit, dans la partie de billard à mille bandes qui caractérise la vie politique en général, de Villepin et Douste Blazy sont lancés à l’assaut de l’opinion pour sonder la résistible nécessité d’une présence chiraquienne à la présidentielle française ; Gilles de Robien avait déjà lancé une pique en défendant bec et ongles un bilan éducatif qu’il est le seul à voir positif ; de plus, Jacques Chirac vient de se proclamer chef suprême de la révolution écologique mondiale, ce qui est à n’en pas douter un plus pour préparer l’opinion à sa Résurrection ; n’oublions pas d’ailleurs que l’élection présidentielle française va se dérouler à proximité de Pâques…

La Bête bouge encore, donc.

Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

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