25 septembre 2022
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Mon voyage en Israël : Nazareth (3)

En effet, Nazareth est habitée majoritairement par des Arabes chrétiens et musulmans. Ceci a son importance dans un contexte où 68% des Israéliens craignent que les Arabes de leur pays fomentent une guerre civile. Plusieurs fois par année, des terroristes arabes israéliens, alliés aux Palestiniens, préparent des attentats, fournissent papiers et matériel dans les territoires. Récemment encore, alors que je me trouvais sur place, le parti politique des Arabes israéliens a demandé l’établissement d’une constitution “multiculturelle”, laquelle, dans les faits, niait la judéité d’Israël (le multiculturalisme dans toute sa splendeur). Aussi le voyage avait-il un double intérêt : spirituel d’abord, puisque je me rendais dans le village de l’enfance du Christ, politique ensuite, puisque j’allais rencontrer des Arabes israéliens, et me faire ma propre idée dans ce débat.

Pour me rendre en Galilée, j’ai pris le bus. Les lignes de chemins de fer ne sont pas nombreuses en Israël. La principale couvre la côte, de Bersheeva à Haïfa. Pour se rendre à l’intérieur des terres, le bus reste la meilleure des solutions, à moins de louer une voiture. La gare routière de Tel Aviv était envahie de soldat(e)s, en permission ou en route pour leurs bases en Judée et en Galilée.

L’avantage du voyage en bus réside dans le paysage incroyablement varié qui défile sous vos yeux. Vous longez la mer Méditerranée, avant de bifurquer et entrer, véritablement, en Israël. Les paysages sont bibliques (collines verdoyantes et rocailleuses). Au fil des kilomètres, on mesure l’exploit des premiers sionistes qui ont transformé un désert en terre cultivable où les bananiers et les palmeraies se disputent la primeur du soleil.

Un simple coup d’oeil sur les panneaux de signalisation donne le vertige : Jérusalem, Capharnaüm, Tibérias… D’autres nettement moins, à l’image de l’indication “Jénine, à droite”, qui en dit long sur la proximité entre les territoires des fanatiques et la civilisation.

Le bus ne s’est pas arrêté au centre de Nazareth, et il a fallu que je repère la basilique de l’Annonciation pour ne pas terminer mon périple dans le Golan… ! Premier choc. Loin de Tel Aviv, Nazareth est une ville du Proche Orient comme vous la voyez au journal télévisé. Une série de bâtiments plutôt pauvres, plantés là sans organisation. La circulation est chaotique, sauf autour des bâtiments les plus connus et la rue Paul VI. Les touristes qui se rendent en pélerinage sont retranchés dans leur bus de tour-opérateur et ne s’arrêtent que dans les places touristiques. A tort. Je me suis promené dans la ville sans risque. Les enfants arabes qui rentraient à l’école me regardaient comme si j’étais un martien. J’ai bien croisé quelques imams qui, du regard, m’ont voué aux flammes de l’enfer ou certaines femmes voilées de noir, outrées que je les regarde dans les yeux, mais rien de nouveau sous le soleil. Les habitants de Nazareth sont habitués aux touristes, et comme me l’a dit laconiquement l’un d’entre eux , business is business. Tant que vous avez l’air occidental, touriste, à priori prêt à débourser des shekels pour vous acheter des souvenirs, le reste ils s’en moquent. Quelques soldats israéliens passent dans les rues, mais ils sont bien plus rares que dans le reste du pays. Ce jour-là, Nazareth était prise d’assaut par les touristes américains, anglais et nigérians. Preuve, s’il en fallait, que la Terre Sainte est le coeur de l’humanité.

Sur mon chemin vers la basilique célébrant la venue de l’ange à Marie, j’ai passé dans un souk. Mon opinion sur les Arabes de la société israélienne y a pris un sacré coup. Entre deux séries de cartes postales consacrés à la Vierge Marie, vous pouvez acheter des ouvrages hagiographiques sur Cheikh Yassine, le leader du Hamas goûtant aux flammes de l’enfer depuis qu’une roquette a eu la brillante idée de le rencontrer à Gaza. Le vendeur, que j’ai d’ailleurs photographié, m’a demandé si j’étais intéressé par cet ouvrage, “qui représente les combattants de l’islam”. Sans commentaire.

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