7 février 2023
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Après le second tour

Le petit livre rouge ne donnait pas lieu à un petit livre rose de la Pensée Ségo, mais on en était pas loin, tout ceci grâce aux choix de la candidate et de son équipe rapprochée, grâce à la mosaïque de petits morceaux ramassés ici et là : bouts verbaux ou pauses empruntées au jeune postier candidat, à l’ancienne employée de banque candidate, au médecin candidate et écologiste, etc.

Tout ce folklore pourrait appartenir au passé, mais l’ambition débridée s’affichant dans la volonté affirmée d’être la candidate en 2012 montre que non.

Rénover le parti socialiste… En quoi consisteront la rénovation nécessaire et l’analyse des contours de la nouvelle période ?

S’agira t’il de prendre à bras le corps, en les faisant siennes les dernières directives de la commission européenne, ou au contraire conviendra-t-il de s’y opposer ?

Pour l’ancien rival interne de la candidate renvoyée à ses chères études énarquo-participatives, « sur l’Europe, il faudra rester vigilant, sans quoi le France n’aura pas d’avenir… »

Quant à Nicolas Sarkozy, il a lancé « un appel aux partenaires européens », les conjurant d’entendre la voix des peuples qui veulent être protégés, demandant aux partenaires de ne pas « rester sourds ».

Empruntant la toge de Nessus écologiste, exprimant effectivement une brûlante réalité, le nouveau Président s’est tourné vers le partenaire américain qui a « le devoir de ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique».

Laurent Fabius de son côté a lancé le mot d’ordre d’une gauche décomplexée, prenant le monde tel qu’il est, et qui se rassemble.

Dans quel sens faut-il l’entendre ? Dans le sens d’une ruse puérile entendue dans la bouche de notre championne du néo-gauchisme énarquien, lorsqu’elle a répondu à Nicolas Sarkozy lors du débat, qui lui rappelait que le 29 mai 2005 le Peuple avait voté Non ? Elle avait, a-t-elle répondu, dans son équipe, des gens ayant voté oui le 29 mai 2005 (elle et quelques autres) et des gens ayant voté non. Cela suffisait, à la suivre, et à conclure qu’elle avait tiré les leçons du vote français renforcé par le vote hollandais. Est-ce si sûr ?

Pendant la campagne électorale, la Commission européenne n’a pas chômé. Directives poursuivant le démembrement du service public postal, Directive concernant le livret A, se sont suivies de très près…

Une curieuse absence d’écho a accompagné ces oukases de la bureaucratie bruxelloise. Incontestables expressions du travail inlassable d’une machine à fabriquer de « l’ultra libéralisme », ces directives. Pendant la campagne électorale, ainsi que dans les tentatives d’actions de protestations contre le Président « ultra libéral », on n’aura pas entendu la moindre condamnation de l’ultra libéralisme de la commission. Y aurait-il un bon ultra libéralisme ?

On peut le croire, en écoutant Noël Mamère qui tire de l’élection la leçon : « qu’une grande majorité de Français a cru ou croit qu’une dose de libéralisme autoritaire menace ».

Il y aurait donc un libéralisme autoritaire, dangereux, avec le Président Sarkozy, et un libéralisme non autoritaire, libertaire probablement, positif et écologiste…

Le Parti socialiste a réuni son conseil national. Les cadres du PS, adversaires du « libéralisme autoritaire » par définition, celui du nouveau président, celui qui n’est pas acceptable (on peut en effet déduire que le libéralisme économique « non autoritaire » serait la doctrine et le fil à plomb économique de la malheureuse rivale), ont rangé provisoirement les couteaux. Courant encore de victoire en victoire, la caudilla vendéenne n’a fait que passer et s’est auto proclamée candidate en 2012, après s’être couronnée reine d’un jour du futur groupe parlementaire PS dans l’assemblée nationale qui sortira des prochaines élections.

Bonapartisme dérisoire


Le parlement du PS se relevait d’une gueule de bois. La participation aux meetings de la caudilla laissant croire à la victoire démentant les sondages. Elle avait « gagné aux points lors du débat télévisé »…

La méthode coué a secoué ceux qui y ont cru. Mais François Hollande, nouveau Saint Paul, a vu ses yeux se déciller et s’ouvrir à la lumière ; il a « pointé » les erreurs faites dans la campagne de sa compagne : « ne pointant pas suffisamment de choses concrètes».

Je n’ose parler en la circonstance d’un coup de pied de l’âne…

On a peut-être parlé rénovation de la gauche et du PS dans ce conseil national, mais on n’a, semble-t-il, pas été beaucoup préoccupé par les dernières manifestations du « libéralisme autoritaire » de la Commission européenne. La poste, le livret A, fredaines faut-il croire.

Que le conseil national du PS se rassure, il n’a pas été seul à n’avoir pas entendu parler des dernières directives ultra-libérales de la commission ou n’avoir pas d’opinion à leur sujet.

L’ancien candidat, toujours facteur à la poste menacée par la directive, n’a trouvé à dire devant les caméras complaisamment venues le voir, que la gauche avait perdu par « absence de politique claire et nette », et de recommander « une gauche qui ne baisse pas les bras ». Les bras auraient pu m’en tomber, si j’avais, comme quelques-uns, cru dans les rodomontades de notre véloce facteur de Neuilly-sur-Seine.

L’élection de Nicolas Sarkozy fait beaucoup parler. Le Président Barroso, présent chef de l’armée de hauts fonctionnaires ultra libéraux de la commission européenne, le Président Barroso s’est dressé sur ses ergots. Il a fustigé la position turque du nouveau président. « On a décidé, il n’y a pas à revenir là-dessus » oppose-t-il en substance à la déclaration claire et nette du nouveau Président. Vous devez appliquer, vous êtes liés par le vote de votre prédécesseur!

Ce « libéralisme autoritaire » n’aura choqué personne dans le petit monde de don Camillo des anti « Sarko-facho ». Normal, comme m’a expliqué un voisin supporter de la caudilla vendéenne, « l’Europe, on ne peut s’en retirer. Ce sont ses règles. Elle est comme ça – entendez ultra libérale – de toute façon, on n’y peut rien ». En d’autres termes, l’anti-libéralisme économique et l’opposition à la dictature politique, par les tenants plus ou moins enthousiastes du ségolénisme, s’arrête là ou commencent les diktats de la Commission. Bref, il s’agit d’un rideau de fumée, de borborygmes verbaux et verbeux. Ils suffisent à satisfaire les alter-mondialistes ralliés, les « communistes révolutionnaires » et autres anti-libéraux de diverses nuances, tous « européens » par « internationalisme».

En écoutant ces flots de paroles anti-libérales, épargnant miraculeusement la Commission, j’avais une impression de déjà vu.

Ségolénistes et alter-mondialistes pro-européens me font irrésistiblement penser aux staliniens de la grande époque. Ces derniers identifiaient Socialisme et dictature du Kremlin. C’était le « socialisme réel ». C’était la « voie concrète de l’histoire », avec ses effets pervers regrettables mais inévitables. Aujourd’hui, Ségolénistes et autres européistes se placent dans un même rapport à la commission européenne et à ses dogmes économiques, à ses directives qui déclinent le tout. La machine à pondre et à imposer l’ultra-libéralisme au quotidien dans l’Europe entière est proclamée «l’Europe », la seule possible, l’Europe réelle par opposition à l’Europe irréelle et utopique. En dehors d’elle point de salut veut-on encore nous faire croire, à nous autres qui aurions pu être tirés au sort comme jury expert de la « démocratie participative », à nous qui avons déjà exprimé massivement notre expertise le 29 mai 2005.



Article sélectionné par Irène Elster

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