8 décembre 2022

Plaidoirie du gaz carbonique

Puis, pour des raisons encore mal élucidées, sans doute à cause de modifications de la topographie à grande échelle, sous forme de soulèvements importants de chaînes de montagne et de hauts plateaux, mais aussi peut-être suite à une évolution de la circulation des eaux océaniques, le climat s’est refroidi et la concentration du gaz carbonique a décru.

Le règne végétal s’est adapté à une atmosphère devenue très pauvre en gaz carbonique, un tiers de moins qu’aujourd’hui, en inventant une nouvelle forme de photosynthèse plus efficace, celles que réalisent les plantes dites en " C4 ", par opposition aux autres, les plantes en " C3 3, apparues des centaines de milliers d’années avant.

Ces dernières comprennent tous les arbres et des végétaux cultivés comme le blé, le colza, le riz, le tournesol. Lorsque le climat s’est refroidi et est devenu plus sec, elles ont régressé et cédé une partie du terrain aux plantes en " C4 ". Celles-ci, comme la canne à sucre, le mil ou le maïs, sont presque toutes originaires de la ceinture intertropicale, ce qui se comprend vu les conditions écologiques " impossibles " qui prévalaient alors ailleurs.

Le président interrompt l’accusé : " Tout ce que vous nous racontez là est très intéressant, mais je ne puis vous laisser poursuivre car cela e paraît hors sujet.

"- Au contraire, ce récit nous a introduits au coeur de ma plaidoirie. Il nous indique en effet quelle serait la réponse des végétaux à une plus forte concentration du gaz carbonique dans l’air.

" Ceux du premier type, les végétaux en C3, sont avides de gaz carboniques et peu efficaces du point de vue de l’usage de l’eau (ils consomment beaucoup d’eau pour pousser, tel le riz) car ils descendent d’espèces adaptées à un climat humide et à une atmosphère riche en gaz carbonique. Si la concentration de ce dernier dans l’air augmente, on peut supposer qu’ils vont améliorer leurs performances et produire plus de matière sèche pour un éclairement et une quantité d’eau donnés. De fait de nombreuses expériences ont montré qu’un doublement de la concentration du gaz carbonique provoquerait une augmentation de la production de matière récoltable d’environ un tiers tout en réduisant du même facteur leurs besoins en eau.

" En revanche ceux du second type, adaptés à une atmosphère sèche et pauvre en gaz carbonique, profiteraient moins, mais profiteraient quand même, d’une élévation de la concentration du gaz carbonique dans l’air.

" Dans l’ensemble on observerait donc un phénomène de "fertilisation" par le gaz carbonique, qui se traduirait par une augmentation des quantités de carbon fixées par les plantes et dans les sols. (…)"

" Supposons maintenant qu’un réchauffement du climat se produise? Nous savons déjà que cela se traduirait globalement par une augmentation des précipitations. La végétation bénéficierait alors doublement de la situation: plus de gaz carbonique, donc moins besoin d’eau, mais plus d’eau quand même. On verrait donc des plantes reconquérir des régions où le niveau des précipitations est proche de la moitié actuelle de leur survie, dans les régions montagneuses continentales et en bordure des déserts, et même les zones un peu plus déshéritées encore où la pluviométrie viendrait à augmenter. Ailleurs cette " fertilisation par le gaz carbonique" améliorait les rendements tout en autorisant un moindre recours à l’irrigation et aux arrosages. "

( à suivre…)

(extraits de La vérité sur l’effet de serre, éditions La Découverte, 1992, pp.110-113)


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