14 mai 2021

La dure vérité est trop faible pour un désir psychologique ardent

(rappel)

Comme les Européens, les Israéliens ont soif du luxe d’ignorer le besoin primaire du pays d’assurer sa propre sécurité, et la préservation du caractère d’Israël en tant qu’Etat juif.

Depuis qu’Ariel Sharon a forgé le terme "désengagement", des opposants aux retraits territoriaux d’Israël se sont plaints du caractère orwellien du terme. Et pourtant, aussi durement que les opposants à la vision de gauche que la sécurité d’Israël est améliorée par des transferts de territoire israélien aux terroristes palestiniens, aient combattu contre la politique de retrait et souligné ses dangers, leurs avertissements étaient trop faibles face au concept de " désengagement ".

Dans les contextes géographiques, ethniques, et militaires d’Israël, le terme " désengagement " est d’abord et avant tout un concept psychologique. Il concerne non pas la réalité la le désir ardent profondément enraciné d’échapper à un environnement hostile. Il contient la promesse qu’Israël peut déterminer une frontière qui nous séparera de voisins hostiles.

Dans un article publié immédiatement après la conclusion du retrait de Gaza et du nord de la Samarie en août dernier, le commentateur d’Haaretz, Ari Shavit a soutenu la notion de la frontière. Il a affirmé que la signification de l’opération était que " après l’ère de la philosophie de l’implantation et après l’ère de la philosophie de la paix, le moment était venu pour la philosophie de la frontière ". Le problème est qu’une frontière ne peut avoir su sens pour le peuple des deux côtés de la séparation la reconnaît et comprend son sens de la même manière. Puisque les Palestiniens ne reconnaissent pas le droit d’Israël à déterminer ses frontières, toute frontière qu’Israël choisira n’opèrera que dans une direction. Alors qu’Israël honorera l’intégrité du territoire palestinien, les Palestiniens insisteront sur leur " droit " à traverser la frontière à volonté.

Mais la réalité est trop faible pour un désir psychologique ardent. Israël veut se désengager.

Les Israéliens ne sont pas les seuls à vouloir se couper de leurs voisins étrangers culturellement, pour ne pas dire hostile. Le syndrome de la frontière unilatérale a frappé de larges zones du monde occidental. Par exemple, le conflit entre les USA et le Mexique sur la régulation de leur frontière devient de plus en plus aigu alors que le gouvernement mexicain continue d’encourager ses citoyens à émigrer illégalement aux USA.
De même, les leaders des états arabes autour de la Méditerranée, comme le Maroc, la Tunisie, et l’Algérie, ont obstinément refusé les demandes répétées des européens de prendre des mesures pour empêcher l’immigration illégale massive de leurs citoyens vers l’Europe.

Ces exemples illustrent la complexité du concept de frontière quand des peuples des côtés opposés diffèrent dans leurs interprétations de sa signification et de son importance. Pourtant le syndrome de la frontière d’Israël est même plus aléatoire que celui dont pâtissent les Américains et les Européens parce qu’au moins les gouvernements mexicain, algérien, marocain et tunisien acceptent le fait de la souveraineté américaine et européenne. Leurs conflits sont limités à des interprétations divergentes de ce que la souveraineté implique. Dans le cas d’Israël, les Palestiniens n’ont jamais accepté la souveraineté d’Israël sur quelques frontières que ce soit.
Le fait est qu’à la suite du jihad global et du rejet croissant de l’assimilation par des minorités culturelles et ethniques dans les Etats occidentaux, parmi de larges secteurs en croissance des sociétés occidentales, des citoyens ont soif de s’isoler d’un environnement international de plus en plus hostile. En Europe, comme dans des secteurs de l’Amérique, des citoyens ignorent les cris de guerre de leurs ennemis et concentrent leurs énergies à débattre de leurs droits dans leurs sociétés de protection sociale.

Comme les Européens, les Israéliens ont soif du luxe d’ignorer le besoin primaire du pays d’assurer sa propre sécurité, et la préservation du caractère d’Israël en tant qu’Etat juif. La création par Sharon du terme " désengagement " a permis à ce désir irréaliste d’être transformé en une vision du monde socialement acceptable et en une politique de gouvernement attractive tout comme le concept abstrait, amorphe de " paix " est devenu le seul objectif socialement acceptable de la politique gouvernementale dans les années 1990.
Sharon et ses partisans politiques ont vendu au public la croyance que si Israël " se désengage " de son voisinage, alors la société israélienne sera finalement en mesure de tourner son attention aux problèmes " vraiment importants " comme les paiements de la protection sociale du gouvernement aux mères célibataires et le mariage homosexuel. Les médias israéliens ont joué un rôle critique en avançant la notion que le rêve du désengagement est une option politique réaliste.

La couverture locale par les médias des évènements dans l’Autorité Palestinienne est si superficielle et indifférente qu’un consommateur de nouvelles israélien serait parfaitement justifié de croire que des évènements à Ramallah, Jénine et Gaza ont peu d’influence sur sa vie et son bien-être. Les diffuseurs d’information parlent dans un même souffle de missiles tombant sur Ashkelon, al Qaïda attaquant depuis le Liban et du ministre des affaires étrangères Silvan Shalom sapant l’autorité du chef de son parti Benyamin Netanyahou. Dans le meilleur des cas, les trois histoires sont considérées d’importance équivalente par nos diffuseurs d’information. Dans la plupart des cas, les tentatives de Silvan d’humilier Bibi sont couvertes avec une passion et une attention bien plus grandes dans les détails que les tentatives de frappes par des missiles sur le pipe-line Ashkelon-Eilat et sur l’activité accrue d’al Qaïda au Liban et à Gaza.

Sur cette toile de fond de l’obsession sociétale israélienne, les élections au conseil législatif palestinien sont programmées dans 12 jours. La plupart des couvertures d’information et de commentaires concernant ces élections sont centrées sur des questions à court terme : le Hamas sortira-t-il vainqueur de ce élections ? Les résidents arabes de Jérusalem seront-ils autorisés à voter ? Bien que ces questions soient d’intérêt, elles manquent la réalité plus large.
Cette réalité est que sans considérer ce qui adviendra de ces élections, et sans considérer si Israël et les Palestiniens reprendront jamais les négociations, les contours de l’Etat palestinien sont bien connues et ont été connues depuis l’établissement de l’Autorité Palestinienne en 1994. L’anarchie, la terreur, la corruption, la pauvreté et l’engagement idéologique à la destruction d’Israël qui ont été les caractéristiques constantes de l’Autorité Palestinienne depuis ses débuts nous apportent la description précise de ce qu’implique la réalisation de la vision d’une solution à deux Etats au conflit palestinien avec Israël.
Sans même considérer quelle sera la fraction qui émergera victorieux des prochaines élections (si elles ont effectivement lieu), il est absolument certain que la direction palestinienne comprendra des terroristes, des sympathisants terroristes et des organisations terroristes – parce que ce sont les seuls candidats et les seuls partis en course. Les Palestiniens expliquent eux-mêmes que pour tout ce qui est lié au désir de détruire Israël (ou ce que les médias et le corps diplomatique international désignent comme les " plateformes diplomatiques " des partis), ils ne voient aucune différence entre le Hamas et le Fatah. Pour les électeurs palestiniens, la principale différence entre les deux mouvements est que le Fatah est corrompu alors que le Hamas est honnête. Cette forte distinction a même conduit des Chrétiens à soutenir le Hamas.
Ainsi nous arrivons au principal fait que nous avons refusé de reconnaître depuis que l’Autorité Palestinienne a été établie. Nous savons déjà ce qu’un Etat palestinien est puisque nous avons vécu près de lui depuis 11 ans.

Pour Israël, cet Etat a quatre attributs significatifs :

– D’abord, l’Etat palestinien est en état d’échec comparable à la Somalie et restera en état d’échec comparable à a Somalie. L’Etat Palestinien ne sera jamais gouverné par la loi. Il sera toujours gouverné par des gangs qui prospèrent sur le chaos. Il ne combattra jamais la terreur, mais il favorisera plutôt toujours la terreur. Il ne construira jamais des fondations physiques, économiques ou idéologiques sur lesquelles une économie saine pourra croître mais continuera plutôt à gaspiller ses fonds pour financer le terrorisme et continuera à endoctriner le peuple dans la culture du jihad. La transformation des anciennes communautés israéliennes de Gaza en camps d’entraînement au terrorisme est juste un exemple qui illustre ce principe général.

-Ensuite, la direction palestinienne, qu’elle provienne du Fatah ou du Hamas, parlera toujours selon deux voix. En traitant avec les Etats arabes et d’autres Etats du Tiers Monde, ses membres se présenteront comme les dirigeants de l’Etat souverain de " Palestine " et signeront des accords comme chefs de cet Etat. Dans leurs échanges avec l’Occident et avec l’ONU, les Palestiniens clameront qu’ils ne peuvent accepter l’état d’Etat indépendant parce que, diront-ils, ils sont toujours sous " occupation israélienne ". Exactement comme à la veille du retrait d’Israël de la bande de Gaza, les chefs de l’AP ont redéfini les limites de Gaza pour inclure la communauté d’avant 1967 de Netiv Ha ‘asara de façon à argumenter que " l’occupation " n’avait pas pris fin ; de même, si Israël devait se retirer de 90 % de la Judée et le Samarie, les Palestiniens argumenteraient qu’ils demeurent sous occupation. Si Israël évacuait Jérusalem Est, Les Palestiniens reviendraient au plan de partition de 1947 de l’ONU et clameraient que le Negev et la Galilée demeurent " occupés ". Voilà pourquoi les Palestiniens clameront qu’ils vivent sous occupation israélienne aussi longtemps qu’Israël existe, quelles qu’en soient les frontières.

Troisièmement, comme c’est arrivé à Gaza dans les quelques mois passés, et comme c’est arrivé après qu’Israël se soit retiré des centres de population palestiniens en Judée et en Samarie dans les années 1990, les Palestiniens continueront à utiliser tous les territoires que les Israéliens évacuent comme des bases opérationnelles pour augmenter leurs capacités terroristes. Cette semaine, Le directeur de Shin Beth (agence de Sécurité d’Israël) Youval Diskin a déposé devant la Knesset que depuis qu’Israël a évacué Gaza, la contrebande d’armes de l’Egypte vers Gaza avait augmenté d e300 %. Diskin a aussi noté que d’octobre à décembre, les attaques terroristes et les tentatives d’attaques terroristes avaient été multiplié par près de six fois.

-Dans l’arène internationale, les intérêts nationaux des Etats membres de l’UE – assurer l’approvisionnement des importations de pétrole depuis les Etats du Golfe persique, apaiser leurs populations musulmanes de plus en plus irrédentistes et continuer de défier la puissance des USA sur des champs de batailles commodes – dictent que de nouveaux retraits israéliens n’auront aucun impact sur leur position à l’égard d’Israël ou des Palestiniens. Les européens continueront de soutenir " les droits nationaux " des Palestiniens sans considération de leurs actions, ou des tentatives de conciliation d’Israël. En l’absence d’une offensive israélienne diplomatique concertée et constante, les Américains poursuivront aussi leur politique actuelle de pression sur Israël pour de nouvelles concessions territoriales aux Palestiniens pour acheter un soutien diplomatique aux Arabes et aux Européens.
Tout cela conduit à une conclusion simple. Le désir de frontière d’Israël ne peut être traduit en une politique efficace. Le fait est que aucun intérêt de sécurité d’Israël ,’est obtenu en transférant un territoire aux Palestiniens ou en continuant de soutenir l’établissement d’un Etat palestinien qui en fait existe déjà et en fait ne reconnaîtra jamais sa propre existence.

La question alors est : que doit faire Israël ? La réponse se situe en rappelant les actions de Sharon comme Premier Ministre avant sa métamorphose gauchiste. En mars 2002, quand Sharon a ordonné à Tsahal de réaliser l’opération " Bouclier Défensif " en Judée et en Samarie, il a prouvé une chose. Quand nos dirigeants font respecter le droit d’israël à se défendre lui-même, le Peuple d’Israël se rassemble derrière eux.
Puisque les Palestiniens ne se guériront pas eux-mêmes de leurs pathologies nationales en un temps proche prévisible, la politique nationale d’Israël doit être construite non pas sur le rêve qui ne sera jamais reconnue, mais sur la nécessité de garantir sa sécurité. Heureusement, Israël a la capacité de se défendre lui-même.
Mais de manière à réaliser nos capacités, nos dirigeants nationaux doivent faire reconnaître à la majorité du public que la réalité dans laquelle est une réalité dont nous ne pouvons pas nous désengager. La philosophie de la frontière est une fausse philosophie. La seule philosophie nationale derrière laquelle nous pouvons raisonnablement nous unir et prospérer sur le long terme est la philosophie de la sécurité nationale.

 

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