7 février 2023

Un appel pour ceux qui ne pratiquent pas le Ramadan

Dans son édition du 11 août 2010, le quotidien algérien El Watan a publié un remarquable appel du Collectif SOS libertés ramadhan pour le respect de la liberté de conscience.

« La liberté de conscience et la liberté d’opinion sont inviolables » Constitution algérienne (Art. 35).
« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion » Déclaration universelle des droits de l’homme (Art. 18).

Le Ramadan 2010 survient dans un climat politique délétère, une tension sociale grosse de risques et des conditions météorologiques particulièrement éprouvantes. Si, comme chaque année, l’Etat a pris des mesures pour faciliter l’observance de ce rite par les pratiquants, les non-pratiquants risquent, une nouvelle fois, d’être la cible des forces de sécurité, transformées pour la circonstance en bras armé de l’inquisition. Ces dernières années, des « dé-jeûneurs », pourtant discrets, ont été arrêtés et condamnés à de lourdes peines de prison. Le collectif SOS Libertés rappelle que le respect d’autrui n’a de sens que s’il est réciproque et librement consenti ; imposé à sens unique au nom d’une majorité « écrasante », il devient synonyme d’oppression et de soumission.

Le collectif SOS Libertés appelle les autorités à respecter les lois de la République, en mettant un terme au détournement des institutions au service d’une idéologie intolérante et liberticide. Le gouvernement doit rappeler fermement aux agents de l’ordre et aux magistrats que leur rôle n’est pas de pourchasser les citoyens pour « délit religieux », mais de protéger l’exercice des libertés fondamentales, garanties par la Constitution et les Pactes internationaux ratifiés par l’Algérie. Le collectif SOS Libertés exhorte les citoyens, croyants et non croyants, pratiquants et non pratiquants, au respect de la diversité des convictions et des pratiques religieuses qui conditionne la cohabitation pacifique dans une société plurielle apaisée. Le collectif SOS Libertés réaffirme que dans l’espace public, tous les citoyens doivent jouir des mêmes droits et du même respect. En conséquence, des lieux de consommation (cafés et restaurants) doivent être autorisés à ouvrir pour répondre aux besoins de ceux qui, pratiquant une religion autre que l’Islam ou n’en pratiquant aucune, ont choisi de ne pas jeûner.

Alger, le 10 août 2010

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