7 février 2023

Les Berbères et Constitution Libyenne

Des représentants de la minorité Amazigh, ou berbère, de Libye, dont la langue avait été interdite sous le régime du colonel Mouammar Kadhafi, ont demandé  aux nouveaux dirigeants d'inscrire la reconnaissance de leur communauté et de leur idiome dans la Constitution dont le pays compte se doter.
 
 
Plusieurs centaines de Berbères , qui ont relevé la tête depuis le début de l'insurrection contre le colonel Kadhafi,   manifestent depuis quelques jours  devant les bureaux du Premier ministre libyen à Tripoli, pour réclamer que leur communauté soit dignement représentée dans les nouvelles instances dirigeantes.
 
Les Berbères, établis principalement sur les hauteurs du Djebel Nefousa, dans l'ouest pays, ont joué un rôle crucial dans la chute du régime Kadhafi. Leurs milices contrôlent actuellement plusieurs quartiers de la capitale. Dans le Djebel Nefousa, les insurgés qui se battaient hier  pour libérer leur pays reprochent au projet de Constitution de la nouvelle Libye de ne pas reconnaître le tamazight, à côté de l'arabe, comme l'autre langue officielle du futur État. L'exemple du Maroc, qui vient de reconnaître ces deux langues officielles dans sa Constitution, fait des envieux en Libye
 
Premiers à s'insurger, en même temps que les Arabes de Benghazi, à l'autre extrémité du pays, les Berbères qui vivent dans l'Ouest, le long de la frontière tunisienne, mènent aujourd'hui un nouveau combat pour la reconnaissance de leur langue et de leur identité dans la future Libye, celle de l'après-Kadhafi. Les Berbères  réclament que leur communauté soit dignement représentée dans les nouvelles instances dirigeantes.
 
Les Amazighs de Libye en particulier, étaient  les premières victimes du pouvoir de Kadhafiste. Ils ont toujours dénoncé les injustices, les mépris  et les tentatives de l’islamisation et l’arabisation .Ils étaient obligés d’utiliser la langue arabe. La langue berbère n'était pas  enseignée, elle était  absente des médias. Les berbérophones étaient obligés de donner à leurs enfants des prénoms arabes. Les militants opposés à cette politique d'arabisation étaient victimes d'une répression féroce.
 
Kadhafi avait mené une politique de discriminations à l'égard des Berbères. La Constitution de 1969, révisée en 1977 stipulait que la Libye appartient à la « nation arabe » et que sa langue est l' « arabe ». La politique d'assimilation était donc gravée dans le marbre.
 
Les jeunes appelés Amazighs étaient systématiquement envoyés dans les coins les plus chauds du pays. L’État libyen réprime violemment toute opposition à cette politique : les défenseurs d'une Libye ouverte à son identité berbère ont été arrêté ou liquidés. Parmi les victimes de la répression on peut citer l'écrivain SaïdAl-Mahrouk, l'universitaire Omar El-Henani et un religieux Cheikh Yahia Mammar.
 
Après 43 années de génocide culturel, il était effectivement grand temps de se préoccuper de la question des Amazighs pour qu’ils redeviennent citoyens égaux .Historiquement la Libye est une terre d’abord Amazighe , comme tout le reste de l’Afrique du Nord d’ailleurs (1).

 
Ftouh Souhail
 
(1) L’Afrique du Nord n’est pas arabe et encore moins Libyenne , tunisienne, algérienne  ou marocaine. Les arabes sont arrivés Afrique du Nord autour du 7ième siècle. Les berbères vivaient sur ces terres des millénaires avant les arabes. L’Afrique du Nord est donc berbère et pas le moins du monde arabe.

2 réflexions sur « Les Berbères et Constitution Libyenne »

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