14 mai 2021

La relation “homo”comme reflet narcissique

Il est curieux qu'à l'aube du XXI° siècle, au début de ce IIIe millénaire, l'amenuisement des présences féminines et masculines (non réductrices, ici, à l'hétérosexualité) soit dorénavant valorisées dans certains pays occidentaux, dont désormais la France. Non seulement valorisées mais très strictement institutionnalisées, et ce "au nom de la République", c'est-à-dire " au nom du peuple", ce qui n'est pas rien semble-t-il.

Cet amoindrissement de la présence féminine ou masculine en Occident (alors qu'elle y est aujourd'hui imposée, mécaniquement, par la parité au niveau politique, et banalisée au niveau plastique et sexuelle jusqu'à en faire un ornement cosmétique), ce retrait aspire d'ailleurs aussi à bien plus en terme de "citoyenneté". Il n'est en effet pas possible de faire une telle démarche vers l'identique, si impressionnante, par exemple au sein d'une mairie, entourée par le faste des ornements républicains, et ne pas vouloir aller plus loin encore, institutionnaliser encore bien plus l'accouplement au pareil, par le "droit" à "l'enfant", et même le droit à le fabriquer via la PMA et la GPA, vraies victoires de la postmodernité. Mais laissons cela de côté (pour le moment).

Concentrons-nous pour l'instant sur ce seul point : ce tournant vers l'identique veut reposer sur un fondement symbolique fort, proposé désormais de la façon la plus officielle aux futures générations qui nous regardent : l'homosexualité, institutionnalisée, serait un "choix citoyen", voire un progrès de civilisation, nous dit-on sur tous les tons. Enfant bâtard de la liberté et de l'égalité avant d'être aujourd'hui reconnu. C'est même enseigné, du Collège à l'Université. Sauf qu'un choix peut être normalement réversible. Or, comme il est "citoyen", il apparaît non seulement irréversible, mais même recommandé, "quelque part", du moins officieusement, culturellement, puisque l'homosexualité, comme la folie, apparaît être une condition sinon du génie, du moins du progrès, clame le lobby homo…d'où la nécessité de l'inscrire dans le marbre, donc institutionnellement, de peur que l'on ne s'aperçoive que le roi est en réalité nu, en ce sens que l'homosexualité n'est nullement nécessaire, et si peu un choix volontaire en réalité: l'on ne voit peu ou guère, sinon pas du tout, d'homosexuels se déclarer, par la suite "hétérosexuels "…

De plus, s'il s'agit seulement d'un "choix", alors d'autres "choix" sont aussi possibles et demandent leur part de citoyenneté : la polygamie dans le droit musulman par exemple, et pourquoi pas le sado-masochisme puisqu'il ne s'agit plus désormais d'une déviance…Laissons de côté la pédophilie puisque la différence entre âge mineur et âge majeur tient bon (il serait d'ailleurs paradoxal de le lever là et de le maintenir au niveau des délits et des peines). Laissons cependant cela aussi ici de côté pour nous concentrer sur le fait homosexuel lui-même.

S'il s'agit, donc, d'un "choix de civilisation" comme le dit Madame Taubira, alors il a été décidé, en haut lieu, que la question ne se situe pas seulement entre sexualités, mais touche à la question de la présence comme autre en particulier l'altérité. L'on ne peut en effet réduire la présence féminine ou masculine à l' "hétérosexualité", comme il a été dit plus haut… Certes, "on" se vantera plus communément d'avoir des amis "homos" ou "hétéros", mais il ne s'agit pas de cela, puisque la sexualité n'est pas le tout du genre…

Il semblerait que dans l'homosexualité le pareil soit confondu avec le semblable en quelque sorte… Pourquoi donc ?… La tradition, par exemple psychologique, enseigne, au moins, deux possibilités qui pourraient d'ailleurs se combiner selon les cas :

1/l'hypostase du phallus comme pouvoir de la figure du père (phallocratie), hypostase du vagin comme pouvoir matriciel uniformisant (vaginocratie) ; 2:une mère castratrice qui en retour force à sublimer le père effacé (et l'inverse s'il s'agit du genre opposé).

1/La première possibilité est complexe, en même temps saisissable : le phallus comme symbole de la force, de la puissance, fascine, rassure ; idem pour le vagin : attraction matricielle comme miroir uniformisant, celui de la Reine dans le Conte de Blanche-Neige aussi, " suis-je la plus belle ?…"

La femme, dans son appartenance spécifique, dégage une présence plus enveloppante, chatoyante (tant dessinée par les poètes et les romanciers, du moins avant Sade, après cela se gâte…), femme mystérieuse (vierge, déesse, nymphe, fée, "golfe d'ombres"…), Joseph Nuttin développe l'idée que la femme, du moins lorsqu'elle n'est pas dépendante des idiomes phalliques de l'hégémonie masculine séculaire, ou idiomes matricielles des femelles mangeuses de mâles, choisit la qualité relationnelle, le sens, plutôt que la performance, sans que cela soit cependant liée à la maternité ; de même que la curiosité vers l'inconnu peut être certes plutôt historiquement masculine, mais cela ne semble pas être réductible à ses hormones… L'homme, en effet, dans sa spécificité, n'est pas seulement force, puissance, attirance vers l'ailleurs, mais aussi capacité à bâtir, à prendre des décisions en allant à l'essentiel.

2/ La mère castratrice quant à elle signifierait que l'orientation homosexuelle serait une réaction à la trop grande infantilisation d'une présence maternelle autoritaire qui, en réaction, pousserait vers le contraire afin de prouver que l'altérité masculine existe et même doit être magnifiée, surtout si le père a été dévalorisé ou absent ; il y aurait ainsi une revanche à prendre, l'enfant vengeant son père et en même temps le sexe dont il est issu, idem s'il s'agit d'un père possessif, abusif…

3/ Je pencherai aussi pour une troisième possibilité, biologique (mais compatible avec les deux premières) en ce sens que lors de la procréation des permutations encore inconnues ont fait basculé la balance, tels les "trans" qui se sentent femme ou homme et cherchent à retrouver leur corps "physique" ; sauf que "l'homosexuel" moyen, lui, ne va pas jusqu'à là, même s'il peut en jouer le rôle…narcissique.

Conclusion : un phénomène somme toute minoritaire, bio et/ou psychique, se voit valorisé à l'excès par des idéologues en mal de théories à réaliser depuis que le communisme est mort et que le capitalisme survit malgré toutes leurs malédictions. La sexualité est une arme de combat, c'est l'extension du domaine de la lutte ou la guerre tant vantée par Sorel et Lénine continuée par d'autres moyens, le tout contre un ordre moral que l'on suppose en soi mauvais, alors que l'on prétend en instruire quelques rudiments sous le vocable de laïcité, de citoyenneté. Gageons qu'il s'agira ici juste de morale a minima (conseillée par Adorno d'ailleurs, un des ancêtres du postmodernisme) teintée de tolérance ; sauf que l'on ne pourra guère éviter les demandes pressantes de PMA et de GPA, sans oublier la polygamie et le SM, il n'y a aucune raison de pouvoir les en empêcher.

Mais il est tout aussi loisible de critiquer l'homosexualité pensée comme choix citoyen en y voyant plutôt un appel à la réitération de l'identique et un refus de l'altérité comme présence autre que sexuelle ou d'enfantement.

 

 

 


Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

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