28 janvier 2023

Veillées électorales…

Une impression étrange et en même temps si légère, de la crème fouettée, trop sans doute ou l'euphorie avant la catastrophe : l'élection US a bel et bien échappé aux griffes des médias et des lobbies aux ordres (cela commence aussi un peu à se faire en France comme on le verra après) la serre s'est desserrée aux USA depuis quelques jours.

Mais tout le monde politico-médiatique, effrayé, effaré, cherche absolument à rabattre le plus vite possible la chape de plomb, le "couvercle de verre", il faut à tout prix rattraper l'animal en train de brouter avec des gens de mauvaise vie (Trump the tramp) dans ces plates-bandes interdites, réservées à la nomenklatura (comme dans Soleil Vert).

Autrefois (il y a quelques semaines…) la messe était dite, Trump devrait même abandonner, pourquoi ne l'a-t-il pas fait ? Certains "lab", wasp compris, également français cherchaient la faille légale, il ne devrait même pas se présenter, pourquoi n'est-il pas déjà aux arrêts d'ailleurs fric frasques fisc ?

Un tel sentiment de confiscation traversa l'Atlantique, allant droit vers nos élites confites, sages, propres sur elles, humaines si humaines, il suffit de voir la souffrance, non feinte, émergeant du visage ravagé d'une Nicole Bacharan, spécialiste française attitrée des USA, pour comprendre l'effroi d'une classe politique et intellectuelle occidentale se croyant supérieure, bien propre sur elle, au-dessus de Trump, de mille coudées malgré les frasques de Bill Clinton, et dernièrement de l'ex mari de la principale conseillère d'Hillary, mari pédophile par lequel le FBI revient ces temps-ci à la charge s'agissant de mels officiels.

Cette classe si pure donc… qui se bouche les oreilles, Républicains compris ; elle est certes au courant de l'existence en soi de propos salaces et de toute la gestuelle porno (important secteur industriel des USA) mais uniquement dans la littérature estampillée comme il faut, voire dans les soirées un peu pince fesses de quelques Madonna promettant actuellement de généreuses fellations à tout votant démocrate.

Aussi voir tout ce remugle envahir la scène, tout d'abord sous injonction démocrate à vrai dire (c'est le NYT qui a remué en premier la chose) montre en fait que la morale du politiquement correct, dominant tout, donnant le là à tout, peut tout, il suffit de le vouloir ("quand tu veutt tu peutt" selon le fameux adage chiraquien repris par Obama : " yes we can! ") jusqu'à imposer son candidat dont le seul programme serait de "bien" se comporter avec les femmes et les minorités, et dire du "mal" sur Poutine, l'islamophobie, la "finance sans visage"…

Est-ce que cela sera suffisant ? Est-ce que les Afro-Américains, les mexicains de souche, accepteront de continuer d'aller dans les salles de shoot du Welfare State au lieu de se retrousser les manches comme l'on fait leurs grand parents ? On le saura dans quelques jours. Est-ce Trump est la panacée ? Pas plus que Reagan, pas moins, peu importe, et il y a déjà eu un Président américain qui a appuyé sur le bouton nucléaire…

Le plus excitant à regarder c'est plutôt l'inquiétude grandissante de toute la classe politico-médiatique mondiale effarée de voir son monstre lui échapper.

 

En France la Présidentielle n'a pas encore tout à fait échappé à ses protagonistes, mais cela commence, cela vient là aussi, on sent monter une lassitude à peine ralentie par les révélations d'un Président prolixe en confidences "off" ou par la (télé)vision de "primaires" montrant des statues à ressort déblatérer comme dans la rue lorsqu'une pièce les met en branle, disant ce que l'on "veutt"entendre : suppressions ici, ordonnances là, réformes ici et là, on se croirait devant les Grands Magasins quand les bonimenteurs vantent leurs marchandises.

Est-ce une implosion du système démocratique représentatif ? Sans doute ; sauf qu'il est encore maintenu à flots par tout un appareillage institutionnel et médiatique qui à coup de poumons voire de cerveaux artificiels arrive à donner le change : ainsi la haute cour anglaise rappelle que le référendum n'était que facultatif, ainsi le rapporteur public du tribunal administratif de Nantes demande l'annulation de quatre rapports rendant caduc le référendum tenu il y a quelques mois, ainsi les médias font feu de tout bois pour maintenir le "plafond de verre", ou "le cordon sanitaire" envers "l'extrême-droiteu", soucieux de ne pas voir un basculement trumpien vers le FN alors que vers Mélenchon, non, tout va bien merci.

Le PCF, qui a du sang de millions d'humains sur les mains (même indirectement, il est complice) hésite à l'adouber, peu importe que tant de pays soient en lambeaux qui ont appliqué à la lettre les recettes agitées par Mélenchon, et pourtant le Venezuela est en ruines, au bord de la rupture alimentaire, et malgré cela des millions de Français aspirent à l'assaut des "riches" (sauf les copins-coquins qui profitent des marchés publics) puis des moins riches (comme maintenant) et après moi le déluge (ainsi à France2 les salaires à pratiquement quatre chiffres mensuels sont légion).

Mais Filoche et Badiou ne disent-ils pas que le communisme n'a jamais existé ? Tout va bien donc. Cela va mieux. Pour Mélenchon il suffit de donner à manger de soigner d'éduquer (de dresser) les citoyens qui sont ainsi réduits à l'état de bêtes de cirque, en route vers la Ferme des Animaux savants que l'on pousse ensuite à écouter de grands discours ou à danser la salsa comme le propose Maduro l'actuel Président Vénézuélien: Vous chantiez ? J'en suis fort aise, eh bien dansez maintenant. Que proposera Mélenchon ? L'Inrockcuptible à tous les étages, Manu tchao…

Ce qui surnage en France peu à peu est ce fumet d'irréalités, qui continue à vrai dire depuis juin 44 ou le grand effondrement, cela donne de la légèreté aussi, l'échec rend léger parfois, l'impuissance aussi, et le fait surtout de ne plus s'en soucier euphorise ; l'ambassadeur italien ne disait-il pas à l'époque que c'était un mauvais moment à passer, surtout entre la poire et le fromage, le trou normand, avant d'aller au bordel (secret) passe moi la vaseline… tout va bien, tout va mieux, les taux sont à zéro, les miches aussi. Et pendant ce temps on crève à petit feu en Méditerranée, en Turquie, Syrie, Irak, c'est la faute de Bush si l'on est dans l'embûche, mais oui, le 11 septembre 2001 n'a jamais existé, comme le communisme : en effet, ils sont devant nous.

21 novembre 2016

Lucien SA Oulahbib

https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien-Samir_Oulahbib

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