5 août 2021

Le “déni de démocratie”, déclarent deux membres bien connus de la communauté juive américaine, équivaut au déni de l’Holocauste.

Par Nathan Lewin*, JNS (Adaptation en français :  Jean-Marie Gélinas)
L’acrimonie entre les “Never-Trumpers” et les “Pro-Trumpers” a généré de vives accusations des deux côtés. En tant que juif qui admire ce que le président Donald Trump a fait dans l’intérêt des États-Unis pour promouvoir la paix au Moyen-Orient et pour apporter la sécurité à Israëlmais qui est consterné par son narcissisme extravagant et son capriceje tolère ce que beaucoup considèrent comme un abus extrême jeté par écrit sur Trump et ses partisans.
 
Endurci par des années de batailles en salle d’audience, et par les accusations et contre-accusations portées au cours d’un procès chaudement disputé, je lis calmement les opinions exprimées de manière agressive avec lesquelles je ne suis pas d’accord. La preuve en est que je continue même à être abonné au Washington Post.
 
Mais le Post a publié le 23 décembre un article d’opinion répréhensible et révoltant qui dépasse même mon haut niveau de tolérance. Il s’intitule «  Le déni de l’Holocauste menace la démocratie »Tout comme le fait de nier les résultats des élections par Deborah Lipstadt et Norman Eisen.
Se déshonorer
Ces deux noms sont bien connus des Juifs américains. Lipstadt est un professeur d’études sur l’Holocauste qui s’est fait connaître il y a plus de 20 ans lorsqu’il a été poursuivie en Angleterre par un négationniste notoire de l’Holocauste. Après un procès médiatisé au niveau international, au cours duquel, ce qui est tout à son honneur, il a tenu bon et a présenté des preuves prouvant qu’il avait déformé l’histoire, Lipstadt a obtenu gain de cause dans une décision de 349 pages rendue par le juge britannique.
Eisen est un avocat formé à Harvard dont l’expertise inclut l’éthique juridique. Sa mère est une survivante d’Auschwitz. Il était un camarade de classe en droit de l’ancien président Barack Obama, qui l’a nommé en 2011 ambassadeur des États-Unis en République tchèque. Eisen a fièrement aménagé une cuisine casher dans la résidence de l’ambassadeur à Prague et est membre d’une synagogue orthodoxe au centre-ville de Washington.
 
Faisant valoir leurs références juives ainsi que leur expertise et leur expérience de l’Holocauste, Lipstadt et Eisen sont d’avis que la contestation des résultats de l’élection présidentielle est parallèle à la négation de l’Holocauste. Ils reconnaissent gracieusement que Trump n’est pas Adolf Hitlermais affirment que la comparaison est correcte car Hitler et Trump ont tous deux “adopté la technique de propagande du grand mensonge” et “servent des fins politiques antidémocratiques ».
La négation de la démocratie“, déclarent-ilsest l’équivalente à la négation de l’Holocauste.
 
Dire que cela dévalorise la mémoire des 6 millions de personnes qui ont été exterminées lors de l’Holocauste est un euphémismeComparer le génocide des nazis à certaines conduites contemporaines critiquées est une forme sophistiquée de négation de l’Holocauste.
 
Des comparaisons plus légères que l’analogie Lipstadt-Eisen ont rencontré une condamnation universelle. Même la représentante Alexandria Ocasio-Cortez (D-N.Y.) a dû fournir un glossaire peu plausible pour une déclaration extrême qu’elle a faite en juin 2019 comparant les camps de détention américains à la frontière mexicaine aux camps de concentrationJe serais surpris que Lipstadt et Eisen ne soient pas d’accord avec la critique d’un conseil des relations avec la communauté juive selon laquelle la déclaration d’Ocasio-Cortez “diminue la mauvaise intention des nazis d’éradiquer le peuple juif ».
 
 
 
La contestation d’une élection présidentielle dans une société démocratiquepar le recours aux tribunauxaux législateurs élus,aux médias et au public constitue-t-elle un crime contrel’humanité de l’ampleur de l’Holocauste ?Ayant fui la Pologne (à l’âge de 3 ansportée par mes parentset ayant perdu trois grands-parents dans l’Holocausteje n’aurais pas cru qu’un être humain rationnel  et encore moins une collaboration de deux juifs distinguésdont l’un a exploité son étude de l’Holocauste pouracquérir une renommée internationale – puisse s’abaisser à untel niveau.
En publiant cette diatribe avec un parti pris politique flagrantdeux juifs américains par ailleurs célèbres se sont engagés dans un déni honteux de l’Holocauste.
 
 
* Nathan Lewin, avocat spécialisé dans la défense en matière pénale, qui a enseigné à Georgetownà Harvard, à l’université de Chicagoà George Washington et à la faculté de droit deColumbia.

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