Comment citer un article d’Oumma.com sans sourciller…

Le titre de cet article est sans équivoque : « la Faute à l’Iran : une fable géopolitique ». Il vise à dégager l’Iran mollachique de toute ingérence au Liban, durant la guerre opposant les milices du Hezbollah [rebaptisées « résistance libanaise », or, on sait que le Liban tout entier s’est trouvé entraîné dans une guerre dont il ne voulait pas – ou stratégie de «l’Etat dans l’Etat »-] à l’Armée de Défense d’Israël (Tzva Haganah Leisraël, ou TSAHAL) durant l’été 2006. On pourra ensuite parcourir ses thèmes de prédilection pour en décrypter les fils directeurs et mieux saisir la démarche globale de l’auteur :

- soutien au Soudan d’El-Béchir face aux accusations déniées de « génocide » -au motif qu’ils sont tous « noirs » dans cette affaire et surtout qu’Israël ne se voit pas sanctionné sur le « même plan » en « Palestine » (symétrie totalisante entre les deux types de conflit, affecté de la même valeur « génocidaire »), car protégé par l’accusateur principal du Régime de Khartoum, l’ «hyperpuissance mondiale » américaine- : rappelons-le, plus de 500 000 morts au Darfour, des viols systématiques afin d’éteindre un groupe ethnique, 2 millions de réfugiés, extension au Tchad limitrophe… Mais seul Israël et ses « lobbys » aurait réellement intérêt à ainsi « détourner l’attention », du fait que les perpétrateurs sont « musulmans». De plus, l’ONU se referait une virginité après avoir laissé faire au Rwanda : un précédent génocide tutsi « excuse » qu’il puisse s’en perpétrer d’autres… Et vive les peuples opprimés d’Afrique !

- soutien à la dictature allaouite des Assad qui formerait un « même peuple pour deux Etats » avec sa vache-à-lait libanaise (régime syrien aujourd’hui également en mauvaise posture à l’égard d’un Tribunal International, mis en place le 10 juin, et qui se fait entendre via ses milices liées à Al Qaeda, opposées, précisément, aux Forces légales libanaises),

- soutien inconditionnel au programme nucléaire iranien qualifié de « résistant » et « défensif » face à celui, Israël, qui détiendrait déjà ces armes, mais s’avérerait également être la seule démocratie du Proche-Orient, encerclée d’ennemis (22 pays) et pouvant exercer une « dissuasion » sans chercher à s’en servir.

- plaidoyer sur le bien-fondé de l’argumentaire d’Ahmedinedjad dans sa « lettre persane à Georges Bush » (en vue d’une « négociation directe »), décelant un talent identique à Montesquieu en son siècle et à cet implacable incendiaire géoplanétaire qui menace l’Etat Juif « d’être rayé de la carte », avec l’approbation des dignitaires de son parti,

- mots tendres pour la dictature de Saddam Hussein entâchée de crimes contre l’humanité (Kurdes, Shi’ites, opposants politiques, purges…), mais par lui considérée comme « victime de l’ingérence injustifiée » de « l’hyper-puissance » au profit de « l’hégémonie hébreue » sur les peuples arabo-musulmans qu’elle « dépossède »,

- défense ultra-victimaire des Palestiniens qui s’entretuent actuellement par centaines et détruisent de l’intérieur la société palestinienne après retrait israélien, jamais tenus responsables de leurs exactions terroristes, qui elles-mêmes se voient justifiées par « l’oppression » dont ils sont victimes (voir nos articles sur resilience.tv, ou ailleurs), même quand et surtout si Israël leur cède des territoires,

- Accusation dans ce texte intitulé : « la faute à l’Iran, une fable géopolitique » de la seule responsabilité de l’Etat Hébreu dans le déclenchement du conflit et de l’absence de connexion iranienne dans la description héroïque des « résistances » régionales, qu’il s’agisse d’abord du Hamas, ensuite du Hezbollah. On rappellera seulement que, sans l’enlèvement, d’abord de Guilad Shalit, de Ehud Goldwasser et Eldad Reguev ensuite, dont on est toujours sans nouvelles, aucun de ces conflits n’aurait à nouveau éclaté… Le Liban a toujours souffert de la subversion palestinienne en son sein et l’on est en droit de se demander si l’alignement hezbollahni était, là, ce qu’il y avait de mieux, à cet instant précis, pour le Liban (voir : les prolongations actuelles, sans la moindre intervention israélienne autre que par vols de reconnaissance).

Sans la fourniture par l’Iran, la Russie et la Syrie de missiles Grad, Fajr 3 et 5, Zelzal I et II, missiles sous-marins C-802 chinois, katiouchiot, matériel de détection et d’écoute, d’espionnage sophistiqués, construction souterraine de bunkers durant 6 ans, etc., sans la présence de conseillers Pasdaran avérés depuis de longues années, et l’initiation aux techniques de guérillas du Hezbollah et du Hamas, dans les camps d’entraînement dont on est en mesure de fournir la topographie en Iran[1], jamais ces milices shi’ite ou sunnite n’auraient été à même d’exercer le même rapport de force et des exactions d’une telle portée. Il leur a donc bien fallu des commissionnaires patentés pour obtenir de tels stocks et se réapprovisionner à merci. L’Onu de Ban-Ki-Moon s’en inquiète encore aujourd’hui. Sans feu vert de leur commanditaire (au risque de se faire couper les vivres et les munitions, en cas de désapprobation), rien de tel n’aurait eu lieu.

Le propre des thèses de Bruno Guigue est qu’elles reposent entièrement sur une contre-argumentation à charge et le parti-pris de justifier l’injustifiable (les questions sous-jacentes posées par la conférence à Téhéran sur la mise en cause de la Shoah sont là, paradigmatiques) sans jamais s’appuyer sur des données factuelles, comme celles que nous venons d’indiquer à titre de première contre-expertise : date et heure du déclenchement des hostilités, procédés opérationnels (ou «coups tordus ») usités, forces en présence, logistique, carnets de commande, etc. On sent là qu’une formation d’énarque porte ses fruits, dans la mesure où des discours creux sont construits à partir d’une démarche purement idéologique, sur « du vent ». Il ne s’agit que de mener un réquisitoire contre un camp sans tenir compte d’aucun enchaînement chronologique, ni d’intérêts régionaux, même si, à terme, des responsabilités devaient être partagées ou reconsidérées.

Pour cela faudrait-il encore reconnaître la validité d’une instance arbitrale quelconque et la valeur de la démonstration par la preuve apportée par une partie adverse, ici unilatéralement stigmatisée.

Bref, on pourra trouver bien des qualités littéraires ou un talent certain de polémiste (à la façon dont J. Vergès défend K. Barbie, par exemple) à cet ambassadeur inlassable des pires régimes de la planète. Mais, cela fait beaucoup de «casseroles » dans ce tintamare qui nous annonce, de loin, l’acharnement sans relâche d’un lobbyiste impénitent ou «avocat du diable » pour les causes islamistes potentiellement les plus destructrices de nos démocraties, jamais indemnes, certes, de critique raisonnable ou positive.

Peut-on, pour autant « co-signer » des deux mains, comme le fait Anne-Marie Delcambre (en 12ème position donc), le sens de ces charges unilatérales sans sourciller et de la façon suivante (refrain) :

 » Eh bien ! les Faurisson pro-israéliens, quid ? http://www.oumma.com/spip.php?article2291 « 

On trouvera à moins la déqualification saumâtre, qui consiste à désigner sous le stigmate de « Faurisson pro-israélien » tout individu qui répartirait les causes et responsabilités d’un conflit bientôt séculaire de toute autre façon. La critique d’un Etat quelconque, répétons-le, est légitime en démocratie, d’ailleurs, elle est à l’œuvre dans le corps social israélien depuis la sortie de cette guerre, en partie manquée, au travers d’un rapport qui définira l’avenir politique et sécuritaire du pays, initié dès la fin des combats : le rapport de la commission Winograd. On ne se souvient pas qu’en Syrie, en Iran ou dans les rangs du Hezbollah, le même type de « libre critique » renouvelle particulièrement la « vie politique » de ces contrées, qui, c’est le moins qu’on en dira, en auraient bien besoin ( lire notre libre interprétation : « Si Nassrallah avait du cran, il devrait démissionner » : http://lessakele.over-blog.fr/article-10359713.html).

Par contre, le Liban continue de subir le travail de sape de ces mêmes forces exogènes (qu’on peut qualifier sans excès «d’hégémoniques ») dont les intérêts et l’influence sont occultés par Guigue, quant à leur supervision et participation effectives à/de la seconde guerre du Liban, au moment précis où des sanctions devaient être prises à l’encontre du dispositif nucléaire mollachique (aujourd’hui : Syrie via le Fatah al-Islam, Iran-Syrie, via le Hezbollah qui réarme au Sud du Litani, ingérence marquée en Iraq, en Afghanistan, dans les Caraïbes, dans la Corne de l’Afrique, au Maghreb…).

On peut livrer une critique en règle des thématiques de cet altermondialiste frénétique, dont les textes font le bonheur de sites en mal d’idéologues, tels qu’oumma.com, les Ogres ou Dieudo.net. Ce qui nous inquiète, maintenant, c’est la prise de position intellectuelle et politique forte qui consiste, pour Anne-Marie Delcambre, à reprendre sans guillemets ni précaution la terminologie en forme d’oxymore de celui qu’ici elle semble approuver sans réserve. Reprenons-là, au cas où nous l’aurions mal lue (en 12ème position dans le fil de Libertyvox) :

« agrégé normalien et énarque. Eh bien ! les Faurisson pro-israéliens , quid ? »

Cette formule pour le moins expéditive n’est, bien sûr, pas d’elle (puisque de Guigue), mais force est de constater qu’elle en fait son miel, semblant en appeler à un débat qui n’aurait, comme la guerre de Troie, jamais lieu, si l’on hèle l’adversaire désigné en commençant par faire insulte à son intelligence : faut-il, en effet, rappeler à Mme Delcambre qui est, en réalité, Robert Faurisson, publié par Ahmed Rami, islamiste marocain réfugié en Suède et l’un des pires antisémites en activité aujourd’hui?(http://www.phdn.org/negation/faurisson/rami.html, http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Faurisson ).

Dans la lexicologie intoxicatrice de notre « agrégé-normalien-énarque », le terme s’applique à quelques personnalités intellectuelles comme Alain Finkielkraut ou BHL (qui, par ailleurs, n’ont pas la même position en toute chose). On ne reprend là que ses textes justifiant à rebours l’entreprise de communication mise sur pied par Ahmedinedjad en riposte aux caricatures danoises, « moins pour nier la réalité de la Shoah que pour poser la question du « prix payé » par les peuples arabo-musulmans » par la re-naissance d’Israël « en compensation » de ce génocide qui « n’incombe qu’à la mauvaise conscience de l’Europe ».

Autre argumentaire spécieux si l’on rappelle à la mémoire pleine de trous noirs de cet intellectuel sous-préfet : le rêve multi-séculaire signifié dans « l’an prochain à Jérusalem » chaque Pessah, le discours de Napoléon Bonaparte aux Hébreux[2], la présence juive souvent dominante dans cette Capitale spirituelle durant 2000 ans, le Congrès de Bâle en août 1897 et non en 1945, la Déclaration Balfour de 1917, etc : Israël n’est pas un « prix de consolation » à cause de la Shoah, mais le fruit d’un lent mouvement d’émancipation nationale qui a de multiples sources intitutionnelles (le Roi David), religieuses et ensuite laïques. On pourrait ajouter par extension à cette liste de patronymes non-exhaustive (comme sut la produire Tariq Ramadan[3]), André Glucksmann (« l’anti-Schmitt »)[4] ou encore Maurice G. Dantec qui écrit :

« Selon Nelly Kaprielan, « chroniqueuse littéraire » aux Inrocks, j’aurais fort méchamment essayé d’insinuer que tout « antisioniste » était un « antisémite » qui, dans le meilleur des cas, s’ignore. Ô scandales des scandales, quel affreux mensonge. Je me dois de rectifier. On sait bien, en effet, qu’un antisioniste n’est rien d’autre qu’un antisémite qui se déballonne. (p. 245) »

Maurice G. Dantec, American Black Box.

… et tant d‘autres, capables de critique « voltairienne », mais également d’engagement physique, philosophique ou littéraire, lorsque, selon eux, les circonstances l’exigent. Et c’est plus que le cas aujourd’hui, face au Djihad global.

Que vaut la reproduction sur un forum, se voulant de facture « résistante » [aux différentes formes culturelles, religieuses ou para-militaires de l’Islam combattant], d’un texte issu d’un autre site [en l’occurrence et non des moindres, celui qui consacre ses unes aux convergences multiples du pro-djihadisme, de l’altermondialisme, de l’islamogauchisme du MRAP et du soutien si peu conditionnel au Hamas et au Hezbollah : « http://www.oumma.com] et la signature flatteuse de l’intervenant(e) qui l’accompagne?

Doit-on y voir « association d’idées », ou simple affichage de ce que penserait « l’autre camp » ?

On peut, tout d’abord, se réfugier derrière une posture « voltairienne » qui consisterait à défendre le droit de parole de ses « adversaires », même si on ne partage pas leurs vues. Mais l’approbation démentirait une telle assertion. Il aurait alors fallu se passer de la réitération insistante sur « l’artiste maudit » Faurisson. Car, pour éviter toute confusion, on prendra soin de mentionner ce qui nous sépare de l’auteur d’un texte dont, en second lieu, les idées et leur enchaînement peuvent, voire devraient être suivies d’une relecture critique. C’est sans doute en manquant à cet exercice élémentaire que la « posture » révèle plutôt son imposture. Car Voltaire ne nous aurait rien appris s’il n’avait d’abord été le chantre du doit de libre critique des puissants et de leurs idéologues.

Dans le cadre juridique démocratique, même les pires crapules ont droit à un défenseur. Klaus Barbie a confié son passé tortionnaire au talentueux, quoique fort ambigu (ce qui fait le sel de ses dons d’avocat) Jacques Vergès. Monsieur Bruno Guigue peut bien, comme on l’a vu, déceler des symétries spécieuses entre le « génocide » au Darfour (terme qu’il conteste pour le transposer ailleurs ) et la situation d’occupation en « Palestine ». Il peut bien prendre parti ouvertement, dans ses publications, pour le Régime Syrien des Assad, l’Iran mollachique, fer de lance de la « résistance » à « l’hyperpuissance mondiale », coupable de tous les maux et principalement de son soutien à Israël, encenser tous les groupes terroristes locaux inféodés à Damas, Téhéran, quand ce n’est pas le Régime de Khartoum, traîné « à tort » vers les Tribunaux Internationaux, pendant que « le petit satan » et le « grand satan » de Monsieur Bruno Guigue semblent s’exempter de « tous les crimes » dont lui-même les accablent.

Mais est-ce ce parti-pris contre la « Justice des vainqueurs », pour reprendre l’expression de Carl Schmitt (formule inspirée de F. Nietszche), dans un parcours analogue à celui de Martin Heidegger [5], qui s’attire l’empathie de l’islamologue pour les relectures interlopes de l’histoire ? Est-ce son apolitisme déclaratif (ou absence de vision hors l’exégèse textuelle) qui lui permet ensuite de prêter sa plume à un idéologue ayant patente à l’extrême-gauche islamofasciste ?. Il n’est pas là question de mettre en cause l’absence d’auto-censure dans ce qui semble relever du dérapage mal contrôlé. Cet écart de langage a, sous la plume de son auteur, Bruno Guigue, pour principale fonction de renvoyer dos-à-dos Alain Finkielkraut (cible principale), BHL et Ahmadinedjad, Garaudy, Meyssan, etc., comme coupables « d’escroqueries intellectuelles » qui se vaudraient toutes bien dans le meilleur des mondes apocalyptiques possibles, selon l’encyclopédiste sur-diplômé.

Quant à accorder par avance une expertise à quiconque sortirait de l’ENA, hormis que cette Ecole fait la ruine de la République, en favorisant copinages et « parachutes dorés », ou aux titres universitaires en soi, ce positionnement «béni-oui-oui » est depuis longtemps sujet à caution. Ni la scientificité en soi, ni la connaissance juridique des textes (et/ou des Textes) ne constituent une protection immunisant contre le discours totalitaire ou l’approche « compréhensive » à son égard. Le « Code de Nuremberg » nous a appris que le « savoir » et sa recherche avide pouvait justifier les pires abominations et accorder « blanc-seing » à des « savants » diplômés qui firent leurs armes à Buchenwald ou Auschwitz [6]. A titre de rappel qui devrait être enseigné à tout prétendant « chercheur » : Mengele possédait deux doctorats, d’anthropologie physique et de génétique médicale.

Le Kaiser Wilhem Institute (futur Max-Plack Institute, après guerre) a continué de fonctionner à plein régime, de recevoir ses échantillons de sang, ses yeux prélevés sur les jumeaux déportés pendant toute la durée de la guerre ; le Dr Wetter ancien médecin SS, poursuit, après-guerre ses « recherches » sans être inquiété, pour les industries pharmaceutiques Bayer ; le Dr Bietung deviendra en 1974, expert auprès de l’OMS pour les maladies virales, après les avoir massivement inoculées à ses « patients-détenus » ; Eugen Haagen sera réédité jusqu’en 1974 après avoir injecté le bacille de Cock à 80 prisonniers dont 29 connaîtront une mort lente ; le SS Berning est célébré avec respect dans le « Lancet », à sa mort en 1975 ; Halleworden et Spatz se procurent des cerveaux sur les cadavres des chambres à gaz, mais conserveront longtemps leur « label » identifiant un syndrome marqué de leur sceau.

Von Braun et Strudholdt (alias « Struddy ») seront récupérés, lors du plan « paperclip » par les industries aéronautiques américaines de San Antonio en Californie, pour poursuivre leurs expériences tout d’abord exécutées sur ceux que là-bas on appelait du « menschmaterial », etc. Les mêmes constats peuvent être reportés dans l’ex-Yougoslavie où les milices pouvaient être supervisées durant les massacres par plusieurs expert(e)s « psychiatres », conseillers de l’épuration ethnique…

« Science sans conscience… », déclamait déjà François Rabelais. Le XXè siècle des totalitarismes scientistes et le suivant, voué à l’endoctrinement politico-religieux islamique et son corpus juridique liberticide, ne nous auront guère épargnés leurs dérives génocidaires et destructions massives au nom, dans le premier cas, de l’objectivité scientifiquement fondée, dégagée de toute morale résiduelle voire « parasitaire » ; au nom, dans le second, de son pendant inverse, une sur-moralisation du moindre geste de la vie quotidienne consacrée à l’adulation d’une entité divine réclamant entière soumission (l’abandon de tout libre-arbitre). En l’espace de moins de 60 ans, nous avons basculé d’une forme d’hyper-rationalisme (de type marxiste ou nazi) à sa complémentaire, qui voyage par les prêches de haine irrationnelle appelant au meurtre de masse des « ennemis de la Foi » en Allah.

Face à la résurgence d’une menace de même ampleur, voire beaucoup plus sournoise et durable dans le temps, puisqu’elle s’expose sous le jour d’une Religion sujette à caution quant à sa compatibilité avec la Démocratie[7], des groupes de réflexion ouverte se sont constitués. Ils ont librement choisi de construire des argumentaires, de se battre intellectuellement ou de manière plus active, pour leur liberté de penser et d’agir, tâcher de qualifier correctement le danger qu’ils voient poindre comme une marée verte venue des différents points de l’Orient et germant au cœur même de leur propre société, entre les interstices offerts par les sociétés ouvertes d’Occident.

Resiliencetv est l’un d’entre eux.

Ce site cherche à développer une critique juste et argumentée, autant qu’à susciter des partenariats avec ceux de «même» obédience, à condition de tisser des codes de reconnaissance et à définir ensemble certaines « lignes rouges » protégeant l’éthique intellectuelle de toute dérive dont le Web est déjà largement sursaturé (racisme, antisémitisme, injures ad’hominem mettant un terme à toute crédibilité du débat, etc.). Dans ce cadre, les «résilients » confirmés et débutants ne pourront guère s’épargner la réflexion philosophique émargeant du sens de la responsabilité et des limites qu’ils assignent à leurs écrits et actions, les « tabous » et auto-censures dont ils souhaitent lever l’hypothèque, en concordance la plus étroite possible avec ces autres qui travaillent sur des thèmes proches.

Cette modeste contribution se veut être un élément d’introduction à un débat de fond bien plus vaste, sur la place des intellectuels dans la construction (ou la « déconstruction » à la mode husserlienne) des phénomènes sociétaux, tels que l’émergence de l’Islam dans l’Europe contemporaine et ses dangers, mais aussi ses résurgences sur d’autres théâtres de conflictualisation, au Proche et Moyen-Orient, Afrique du Nord et e l’Est, Asie Centrale et du Sud-Est, Amérique Latine, etc.

Peut-on détacher et jusqu’où, la réflexion sur le contenu textuel de l’Islam potentiellement incitatif, des conséquences sociales, politiques, terroristes, etc. qu’il déclenche chez ceux qui s’adonnent au passage à l’acte, à partir de sa lecture la plus rigoureuse à la lettre qu’il leur soit possible ?

Notes

[1] http://www.iran-resist.org/article2591 : les 20 bases à bombarder. http://www.iran-resist.org/article3523 : Lieberman veut bombarder les camps Pasdaran.
[2] Proclamation à la nation Juive Quartier général Jérusalem, 1er floréal, an VII de la République Française (20 avril 1799) , Bonaparte, commandant en chef des armées de la République Française en Afrique et en Asie, aux héritiers légitimes de la Palestine.
[3] Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires, par Tariq Ramadan, vendredi 3 octobre 2003 : texte refusé cinq fois par le Monde, Libération, etc. Listing infâmant de configuration vichyste, amalgamant autant des auteurs juifs que non-juifs, repris actuellement et amplifié par la liste des « ogres », site des amis de Dieudonné : http://vinz-a.blogspot.com/2006/04/la-liste-juive-des-amis-ogres-de.html.
[4] l’Anti-Schmitt, Du discours de la guerre au discours de la peste, par Raphaël Lellouche* : http://www.fahayek.org/index.php?option=com_content&task=view&id=59&Itemid=40
[5] http://www.ilfautlesavoir.com/presse/spip.php?article54 : « quand l’antilibéralisme mène au Nazisme », Ph. Simonnot ; ou « l’anti-Schmitt », de Raphaël Lellouche, à propos des positions courageuses en faveur de l’intervention en Irak, prises par le philosophe André Glucksmann, dans un moment de levée de boucliers qui ne s’est jamais tarri.
[6] Le procès des médecins de Nuremberg, l’irruption de l’éthique médecine moderne, B.Halioua, Espace éthique, Vuibert, 2007, préface de Richard Prasquier, postface d’Emmanuel Hirsch
[7] Masri Feki : Islam, laïcité démocratie : http://www.menapress.com/article.php?sid=1761

12/6/2007

Discuss this articleDiscuss this article

Imprimer ce texte Imprimer ce texte

1 615 vues

Tous les articles de

Share/Save/Bookmark

Trackback

Posted in: Non classé

 

Comments are closed. Please check back later.