6 février 2023
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La nouvelle menace Perse (du point de vue Grèce ancienne)…

Comme si la guerre Iran-Irak n’avait jamais existé et ne mettait pas déjà en jeu le problème du leadership dans le monde “arabe” (au sens panislamiste du terme et non pas seulement nationaliste) pour en effet parfaire l’issue “de centaines d’années de guerre” qui, depuis la défaite ottomane au début du XXème siècle, cherche sa solution finale.

Les mêmes commentateurs oublient que le parti Baath, qu’il soit syrien ou irakien, a armé (et arme encore) des dizaines de milliers d’islamistokazes libanais, palestiniens, irakiens, bien avant qu’il n’y ait ne serait-ce que le 11 Septembre… Et qu’en est-il de l’invasion du Koweït, visant à terme celle de l’Arabie Saoudite, afin de faire une pierre deux coups ? Ne s’agissait-il pas de s’emparer des lieux saints et du pétrole nécessaire pour s’armer nucléairement ? N’existait-il pas un danger tout aussi réel à l’époque, ce qui a incité Israël à la guerre préventive en bombardant des centrales nucléaires construites par la France déjà sous domination chiraquienne ?

Et pourquoi l’embargo sur l’Irak était-il maintenu (dont les retombées pécunières ont arrangé bien des défenseurs de la “paix”…), et comment se fait-il qu’au moment même où il eut l’intervention de la Coalition des centaines de camions émigraient vers la Syrie ?…

Et le régime baathiste en Irak n’était-il pas en réalité en train de laisser de plus en plus le leadership aux générations islamisées en réaction pour une part à la gabegie alimentée par la mafia saddamiste, identiquement à ce qui s’était passé en Algérie avec le Fis alors qu’il n’y avait pas dans ce pays de présence américaine et que tous voulaient aboutir à l’espérance promise depuis 1962, que les Perses étaient les seuls à mettre réellement en action depuis 1979 ?…

Par ailleurs, et selon une logique centralisatrice que partage au fond tous les Etats, il n’est pas étonnant d’observer ces mêmes commentateurs prendre comme portion congrue le fait Kurde -ces anciens Mèdes, (comme ils sous-estiment le fait berbère, tant ils restent illusionnés eux aussi par les faux âges d’Or andalou et turc) ; tout en relativisant le fait qu’il existe une spécificité mésopotamienne et babylonienne s’opposant séculairement à l’impérialisme perse. Ce qui implique de modérer l’idée stipulant que dorénavant celui-ci a désormais les mains libres en Irak.

Les benladenistes ne font pas cette erreur, eux, dans l’appréciation, exacte, des forces en présence dans le conglomérat irakien. Ils ne négligent donc pas la réticence mésopotamienne (bien exploitée par Saddam) face à une volonté perse désireuse de prendre définitivement l’ascendant “arabe” au sens, répétons-le d’être les (seuls) légitimes descendants de ce qui veut soumettre, absolument.

Mais, d’un autre côté, il faut souligner le désir panislamiste des chefs benladenistes qui viennent de rappeler à l’ordre leur exécuteur jordanien pour lui souligner l’alliance opérée avec les Perses, ce qui implique de réduire les attaques contre les shiites en Irak. Les Perses se prétendant descendants d’Ali n’ont-ils pas protégé les tueurs benladenistes depuis le 11 septembre ?

Lorsque l’on fait donc mine de discourir, si doctement, en géopolitique, il serait bon, dans ce cas, de connaître le dossier historique réel, au lieu de se bercer avec les illusions de l’heure, mêlées à celle du passé.

Comme par exemple l’idée que le régime baathiste aurait été un parti “laïc” alors qu’il avait toujours été question, surtout depuis Nasser, de considérer la vieille façon de faire islamique (vêtements compris) comme suranné. Tout en considérant que le but reste le même, comme disait Lénine aux anarchistes bakouninistes : détruire l’Etat dit bourgeois (ici Israël et l’Occident). N’oublions pas que le nationalisme japonais se moquait des samouraïs et a même supprimé ceux qui refusaient de se plier. Tandis que les nazis discréditaient la Prusse, tout en s’accaparant tout l’imaginaire teutonique.

Certes, le vieux costume islamique ressurgit, en particulier pour femmes, mais, visiblement, le nouveau chef Perse ânonnant quelques paroles apocryphes ne le porte pas entièrement lorsqu’il fait mine de tenir une “conférence” (devant un parterre mondial de dignitaires palestinistes qui n’a pas bronché evidemment…).

Au lieu donc d’accuser encore et toujours Bush d’être la cause de tout (et de son contraire) ne serait-il pas temps de cerner ce qu’il en est, réellement ? A savoir la ré-émergence d’un zombi de l’Histoire qui cherche à se métamorphoser en force totalitaire depuis qu’il devient de plus en plus le fer de lance de tous les haineux anti-modernes, de tous ceux qui surfent sur les inconséquences et les effets pervers de la modernité démocratique ?

La guerre en Irak était donc une nécessité, stratégique, afin d’empêcher la reconstitution du Califat qui ne peut se maintenir en état que par la conquête, comme tout empire basé uniquement sur le pillage des pays conquis. L’Irak était le maillon faible travaillé en sourdine par les Perses et les islamistes ancienne mouture désireux de tourner la page du nationalisme arabe en perte de vitesse depuis 1967. Tôt ou tard, surtout si l’embargo avait été levé, le régime baathiste aurait du faire alliance avec un islamisme dont il revêtait de plus en plus les couleurs idéologiques, même s’il n’en partageait pas la ferveur. Les bombes chimiques qui massacrèrent Kurdes et shiites n’en n’étaient pas moins meurtrières. Le fait qu’il existe une concurrence entre sunnites et shiites en la matière s’avère être en réalité second à terme, (malgré les errances zarkawistes) on le voit maintenant dans toute son ampleur : si l’issue de centaines d’années de guerre est devant nous, alors peu importe la mort de quelques millions de “martyrs” (et d'”impies” qui refusent leur place dévolue pourtant par le Message…).

Il faut donc frapper aussi fort voire plus qu’Hiroshima, puisque l’issue va durer durant encore “cinq cent ans” (le temps d’une décontamination nucléaire ?) avant que l’ère nouvelle surgisse : en effet, qui, dans mille, deux mille ans, saura qu’en réalité le zombi islamiste n’était pas au niveau civilisationnel requis -au regard de ce que l’Humanité a vécu depuis qu’elle Est, mais s’est servi d’un accident de l’Histoire, (l’actuelle paralysie des démocraties, semblable à celle des années 1930…), pour peser sur le cours du monde ? Certes, rétorquera-t-on, mais il n’est pas sûr que l’Europe, les USA, seront, eux, “rayés de la carte”. Et alors ? La belle affaire ! Déjà parce qu’il n’est pas sûr que la menace des fusées perses soit à relativiser lorsque l’on sait que leurs grandes soeurs nord coréennes sont opérationnelles.

Ensuite, il est invraisemblable de croire que la suppression physique de la Palestine ancestrale, terre de la Jérusalem de Salomon, terre de David contre Goliath, terre des phéniciens, des mathématiciens babyloniens, mais aussi de ces palestiniens qui préfèrent rester sous juridiction israélienne (plutôt que d’être échangés lors des prochaines “négociations”), il est invraisemblable de penser, ne serait-ce qu’un instant qu’un “monde sans juifs” serait vivable, et ceux qui le croient ne peuvent qu’être maudits, jusque dans leur tombe, et ils devront être poursuivis et il n’y aura plus jamais de paix, jamais, parce qu’un tel crime (qui n’aura rien à voir avec celui d’Hiroshima, les américains étant les attaqués faut-il le répéter) sera tel qu’il appelle, nécessairement, à la vengeance éternelle, et il ne s’agira pas de “cinq cent ans” mais de millions d’années, voire de la mort totale, suppression de la vie terrestre parce que quelques minables refusent 1948, refusent l’avènement de l’Autre, le fait que des traditions meurent tandis que d’autres plus adéquates aux exigences du développement humain surgissent.

Voilà l’enjeu désormais : où l’on se laisse endormir par des ignares et des haineux prêts à mettre la planète à feu et à sang (et le dit réchauffement climatique sera une galéjade à côté). Où l’on réagit en sachant qu’au-delà des spécificités, des nuances, nous restons alliés contre l’innommable issu de ceux qui prétendent poutant parler au nom de…alors que Lui-même n’a pas tué Adam, encore moins Caïn…Pour qui se prennent donc ces “gens” ? Le “grand satan” n’est décidément pas là où Khomeiny nous a dit de le voir : il se désignait en réalité lui-même.

décembre 2005

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