29 janvier 2023
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L’état de la France 2007

“La leçon de la volatilité (électorale), c’est qu’il faut d’urgence réconcilier les Français avec la chose publique. Non pas en les enrôlant dans des partis et des corporations qui verrouillent un système obsolète, mais en les informant sincèrement et en les faisant participer au réveil de la société civile” .

Ainsi s’exprime Jacques Garello, dans La Nouvelle Lettre* No 908 du 24/02/07, dont la lucidité libérale sans faille nous est si précieuse. Il est alors aisé de voir combien la France est abaissée par les exactions répétées d’une élite organisée en oligarchie d’un type quasi-totalitaire !

A ce sujet précis, je ne crois pas donner dans l’outrance quand s’impose à mon esprit la forte certitude d’assister aujourd’hui, avec les mêmes acteurs autoproclamés d’hier et même d’avant-hier, à une sorte de course désespérée à l’ultime préservation d’un modèle français désormais promis à la casse.

J‘établirais même un parallèle, à mon sens saisissant de vérité, avec l’URSS finissante que l’apparatchik Mikhaël Gorbatchev a vainement tenté de détourner, glasnost et perestroïka obligent, d’une fin inéluctable en essayant de réformer un régime par nature irréformable.

“En Grande-Bretagne d’abord, aux Etats-Unis ensuite, Margaret Thatcher, puis Ronald Reagan, ont ainsi entamé une révolution libérale qui, au bout du chemin, a fait exploser le bloc communiste. (…) La France, elle, est demeurée volontairement à l’écart de ce grand vent libéral” .

Jean-Michel Apathie, dans son excellent ouvrage “Liberté, égalité, réalité” (Stock, novembre 2006), nous conte ainsi par le menu les vices de moins en moins cachés qui ont durablement fondé les vicissitudes récurrentes qui calomnient la France contemporaine.

“Concrètement certes, des réformes ont été faites, ici comme ailleurs. Mais elles n’ont jamais été assumées, expliquées, mises en perspective par des dirigeants bloqués sur des schémas culturels qui font sans doute l’originalité de ce pays, mais qui sont aussi sa faiblesse “.

Sa faiblesse, car “Ils suggèrent (ces schémas) que la France pourrait lutter seule contre les mouvements du monde, voire concevoir des modèles alternatifs. Si ce type de discours séduit, notamment parce qu’il flatte une certaine idée nationale, il provoque aussi une grande inquiétude dans les esprits par la distance qu’il met entre la réalité vécue ou ressentie par beaucoup et sa représentation par des élites politiques qui, souvent, apparaissent coupées du monde réel” .

Finalement, l’observation la plus fine, qui se révèle aussi la plus menaçante pour l’avenir, me semble tenir tout entière dans ce trait décoché au Chirac de la fracture sociale (1995) : “Il doit y avoir du plaisir, pour un responsable politique, à tenir le discours que son auditoire souhaite entendre. Mais comment s’arranger après avec la déception, et le sentiment de trahison?”.

Chaque fois que Sarkozy, Royal, Bayrou et les autres montent à la tribune, j’entends clairement, ici et là, le même type de discours que l’auditoire inquiet souhaite entendre; mais, in fine , à force de masquer la vérité, comment s’arranger après avec la déception et le sentiment de trahison ?

L’état de la France, en 2007, est tel qu’il nécessite autre chose qu’une simple potion magique aux effets incertains et même, en l’occurrence, totalement inopérants. Non ! désormais, les Français doivent plutôt songer à une révolution copernicienne des esprits : mais qui aura le simple courage de le leur dire ?

*Association pour la Liberté Economique et le Progrès Social (ALEPS), 35 avenue Mac Mahon 75017 PARIS (www.libres.org).

Librement !

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