1 février 2023
Non classé

Les naufrageurs se débusquent

Toutefois, les citoyens qui ont voté pour SARKOZY ont davantage le sens des réalités que les autres. Même dans les rêves les plus fous, aucun n’a imaginé un virage à 180° de la politique extérieure. Non qu’il ne le faille pas, mais nous connaissons l’inertie à la manœuvre des gros bâtiments. Le plus gros d’entre eux, le quai d’Orsay, n’a même plus de gouvernail. Pour cette raison, les platitudes appelées “analyses”, dont “le Figaro” se fait l’écho, sont à mettre au compte de l’opposition de fond, au président. Elle ne perd pas une seconde pour agir. Et surtout, elle risque d’avoir un certain impact. N’ayant pu empêcher l’élection, elle va s’employer à ruiner les efforts du président, là où ça lui est le plus utile et le plus facile.

Le plus utile, parce que, des quantités d’arrangements lient à des régimes peu recommandables, nos exportateurs d’armes et nos importateurs d’énergie, de matières premières, etc. Ces arrangements sont camouflés derrière la soi-disant politique extérieure indépendante de la France. Ils engendrent d’énormes profits financiers. Et tant pis pour la morale. Or, sous les vingt six années des deux prédécesseurs de N. SARKOZY, avec le concours zélé de la propagande, l’immoralité de la politique extérieure a été érigée en vertu cardinale. On peut affirmer qu’une majorité de Français de moins de 35 ans, fait sien ce credo, qui lui a été inculqué durant toute la scolarité. Le plus facile, c’est aisé de le comprendre. En effet, les groupes financiers nationaux, favorables à une politique économique de droite, à l’intérieur, ont intérêt à la poursuite telle que, de la politique extérieure. Or, une grosse partie de la population française reste contaminée par l’infection “progressiste” qualifiant cette politique extérieure française. Il pourrait être tentant, pour certains de l’entourage du président, de calmer le désespoir des opposants les plus agités à l’intérieur, en leur lâchant la laisse, sur la politique extérieure. Nicolas SARKOZY sera jugé sur sa capacité à arbitrer les propositions dans ce domaine, de son propre entourage. Sa tâche n’est pas facile. D’autant plus, qu’il hérite, au moins pour les premiers mois de son mandat, de toute l’équipe qui a servilement servi son prédécesseur.

Il y a aussi un autre danger, plus immédiat auquel semble succomber le nouvel élu, c’est de vouloir “neutraliser” certaines critiques, en enrôlant des partisans emblématiques de la vieille politique extérieure. L’information prétendant qu’un marocain a été proposé à la principale caricature de cette politique, durant les dernières années Jospin, l’engage sur cette piste scabreuse. Pas besoin d’être extra lucide pour deviner quels espoirs seraient les premiers déçus. Il convient donc de faire passer un message fort au nouveau président et à son prochain gouvernement. Personne ne s’attend à de profonds chambardements, ni en quelques jours, ni en quelques semaines, ni en quelques mois. Par leur vote, les français ont expliqué qu’ils en ont assez de la politique spectacle, animée par les média, ou plutôt la propagande.

Les mesures sérieuses demandent beaucoup d’efforts et beaucoup de temps. Les effets ne sont ni immédiats, ni spectaculaires. Cependant, les électeurs interpréteraient très mal qu’un vrai changement de politique soit confié à l’un des auteurs de la politique diamétralement opposée. Même si pour compenser, un autre domaine est confié à un champion, nous refusons de faire la moyenne des résultats de deux politiques. Un vingt sur vingt obtenu pour la solution de l’un des importants problèmes économiques à résoudre, ne vaut rien, si en même temps, le gouvernement obtient une note éliminatoire en politique extérieure. Bien sûr, nous ne savons ni quel portefeuille lui aurait été offert, ni si la caricature l’a accepté. Nous ne mettons pas en cause la compétence technique de l’individu en question, mais la conviction qu’il mettait à faire cette politique détestable. Tout de même, il existe à gauche, des quantités de figures infiniment plus respectables. Par exemple, les rumeurs autour de Claude ALLEGRE n’ont rien d’inconvenant.

La propagande profite aussi de ce cas, pour discréditer le pouvoir. A nos yeux, il illustre parfaitement ce que nous avons dit plusieurs fois, avant les élections. Une fois élus, les gens de bien refroidissent leurs plus chauds partisans et ils tendent la main à leurs pires ennemis. Ou alors, nous n’avons rien compris.
La partie n’est même pas encore vraiment commencée. Mais comme avant les grandes compétitions sportives, les adversaires tentent de se porter des coups au moral. Bien sûr, c’est le moral des joueurs sur le terrain qui compte. Mais quand même, il n’est jamais bon qu’une équipe entre sur le stade, sous les huées de ses supporters, ou même dans leur silence glaciale…

Alors, restons attentifs et attendons d’y voir un peu plus.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


%d blogueurs aiment cette page :