19 mai 2022

Dubaï sur la case de la Banqueroute


 La société d'investissements « Dubaï World  », propriété des Emirats Arabes Unis, a demandé ce jeudi 26 novembre que soit repoussée de six mois l'échéance de ses dettes, qui s'élèvent à 60 000 000 000  de dollars (40 milliards d’euros). L'information a frappé de stupeur les investisseurs dans le monde entier  et provoqué la baisse des différentes bourses européennes et asiatiques. L’émirat arabe a prié cette semaine ses créditeurs de lui laisser au moins jusqu’à mai 2010 pour rembourser ses dizaines de milliards  de dettes. Le gros de cette dette a été emprunté par sa branche immobilière « Nakeel », qui développe des projets tel que l’île en forme de palmier dans le Golfe persique.

 En tout, Doubaï Inc, qui regroupe les réseaux soutenus par la cité-Etat, sont dans le rouge à la hauteur de 80 milliards de dollars (53 milliards d’euros). Quelques 70 milliards de  la dette totale de Dubaï  est à  la charge des compagnies publiques. Dubaï World accapare à lui seul 59 milliards de dollars de ce montant.

 Contrairement à son voisin et partenaire Abou Dabit, il n'a pas de ressources pétrolières significatives.

 Dubaï  a été durement rattrapé par la crise immobilière. La plupart des  investisseurs  étrangers  sur place étaient des propriétaires d’appartements ou de villas sur plan bien décidés à revendre au plus vite et là aussi très peu d’acheteurs.

 Selon une étude de HSBC Global Research, le marché secondaire dit " resale market" sur Dubail et Abou Dabit a baissé en moyenne de 4 à 5 %. Le  marché des ventes sur plan à Dubaï et dans les autres émirats a fait  en premier lieu les frais de cette crise immobilière avec des projets immobiliers retardés ou annulés. Les prix au m² dans certains quartiers de Dubaï qui avaient atteint des sommets ont chuté de  25 à 50 % sur Downtown Burj Dubai, de 30 % dans le quartier de la finance DIFC (Dubaï International Financial Center) et de 16 % sur Palm Jumeirah.

 Les inquiétudes sur les difficultés financières de Dubaï ont fait trembler  cette semaine plusieurs marchés financiers internationaux. A la révélation de ces problèmes, partout en Europe, les valeurs bancaires ont dévissé, à l'instar des actions du Credit Suisse et de l'UBS.

 L'action Crédit Suisse a ainsi plongé de 5,42% jusqu'à la clôture, et celle de l'UBS de 4,73%, alors que l'indice Swiss Market Index (SMI) des 20 valeurs vedettes de la Bourse suisse perdait 2,16%.

 Dubaï, durement touché par la crise financière après des années de boom, a annoncé aux créanciers de son conglomérat Dubaï World, le plus large et le plus endetté, qui contrôle le géant de l'immobilier Nakheel, de surseoir de six mois au paiement de la dette arrivée à maturité.

 Le marché craint que les Etats du Golfe ne soient obligés de mettre leurs actions sur le marché pour combler les trous. Les pays du Golfe, qui au début de la crise financière sont apparus comme les sauveurs du monde, sont désormais eux-mêmes en détresse, écrit un analyste. Ainsi, depuis un an, l'Emirat du Qatar est l'un des grands actionnaires du Crédit Suisse.

 Le deuxième groupe bancaire helvétique fait partie des 50 banques engagées dans Dubaï World. L'UBS ne fait pas partie de cette liste. Mais empêtré dans la crise des subprimes, le numéro un suisse a réussi sa recapitalisation grâce à l'apport d'un investisseur du monde arabe dont l'identité n'a jamais été communiquée.

 La situation à Dubaï a aussi affecté les marchés financiers en Asie, où les obligations islamiques (soukouks) ont reculé de 15%.

 L'agence de notation financière Moody's a réagi en rétrogradant six importantes compagnies du gouvernement de Dubaï. Standard and Poor's a également rétrogradé la notation de cinq compagnies, estimant que la décision de repoussée de six mois l'échéance de ses dettes "représente l'échec du gouvernement de Dubaï".

 Le gouvernement de Dubaï a tenté de rassurer les marchés jeudi, en affirmant que sa demande de surseoir au paiement de la dette de la compagnie publique Dubaï World était nécessaire pour "faire face au fardeau" de sa "dette".

 Les risques de faillite de l'émirat de Dubaï ravivent les inquiétudes sur la santé financière de certains pays, notamment d'Europe de l'Est, écrasés par l'endettement public et affaiblis par la récession mondiale. Y aura-t-il défaut de paiement?

 La banqueroute d'un Etat n'est pas chose courante. La dernière en date remonte à 2001 lorsque l'Argentine a fait défaut sur sa dette publique externe, créant de graves troubles sociaux. Mais avec la récession, ce scénario noir revient en force.

 Contraints de secourir les contribuables et les banques, les Etats ont massivement emprunté auprès des marchés pour financer leurs déficits. Selon l'agence Moody's, la dette publique mondiale aura bondi de 45% entre 2007 et 2010. Résultat: les marchés pourraient se montrer plus méfiants vis-à-vis des titres de dette publique et se détourner des obligations émises par certains Etats, menaçant leur approvisionnement en argent frais.

 

Ftouh Souhail, Tunis

 

 

Note : Voir aussi notre article, en liaison, publié il y’a quelques mois (le 7 mai 2009) : La chute spectaculaire de Dubaï : La fin d'un eldorado :: RESILIENCETV

 

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