7 février 2023
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Proche-Orient : la résolution 1701 en péril

Israël a averti mardi 31 octobre qu’il pourrait remettre en question son respect de la résolution du cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre du Liban cet été, suite à un rapport de l’ONU indiquant que la Syrie continue à armer le Hezbollah.

C’est la première fois depuis la fin de la guerre que les Nation unies reconnaissent clairement l’échec du désarmement du Hezbollah. Le rapport rappelle l’engagement pris par le président syrien Bachar el-Assad auprès du secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, disant que Damas se conformerait à l’embargo d’armes contre le Hezbollah et soutiendrait la résolution 1701 du Conseil de sécurité qui appelle au désarmement du groupe terroriste.

“Si le Liban ne peut pas appliquer sa part de la résolution, il est évident qu’Israël sera autorisée à repenser l’application de ses engagements”, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mark Regev, au Jerusalem Post, mardi 31 octobre. Il a affirmé que l’embargo sur les armes était un élément fondamental de la résolution 1701 et que la contrebande constituait une “profonde violation”.

La porte-parole du bureau du Premier ministre [israélien], Miri Eisin, a pour sa part déclaré : “Jusqu’à ce que le problème de la frontière syro-libanaise soit résolu, nous continuerons à nous réserver le droit à la légitime défense.”

Alors qu’Israël insiste à dire qu’il remplit tous ses engagements relatifs au cessez-le-feu et à la résolution 1701, la France et l’Union européenne l’accusent de les provoquer en continuant à entreprendre des vols de surveillance au-dessus du Liban. “Nous considérons que ces survols constituent une violation de la souveraineté libanaise”, a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères français.

Mardi 31 octobre, l’armée de l’air [israélienne] a survolé de près les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, événement qui a été la plus importante démonstration de sa puissance aérienne au Liban depuis le 14 août dernier.

Regev a déclaré que les vols étaient “une réponse à l’échec du côté libanais d’honorer pleinement ses engagements. Lorsque il y a des transferts d’armes illégaux et aucune opération pour les empêcher, nous avons une raison de surveiller ces transferts”.

Le Conseil de sécurité a appelé lundi 30 octobre les deux parties à dissoudre les groupes de milice et à respecter la souveraineté et l’intégrité du Liban, mais il n’a toutefois pas exigé d’Israël l’arrêt de ses survols aériens. Le Conseil de sécurité a noté avec regret qu’aucune milice libanaise n’a été jusqu’à ce jour dissolue ou désarmée.

S’adressant à la presse après la réunion, le délégué de l’ONU en Syrie et au Liban, Terje Roed-Larsen, a déclaré que la Syrie faisait de la contrebande d’armes au Liban.

Les représentants du gouvernement libanais “ont déclaré publiquement et au cours de conversations avec nous, qu’il y a des armes qui entrent au Liban en passant par la frontière [syrienne]”, a dit Roed-Larsen.

“La logique de la position syrienne est la suivante : ‘Oui, il se peut qu’il y ait de la contrebande d’armes à la frontière, mais c’est comme ça la contrebande et la frontière est poreuse et très difficile a contrôler'”, a-t-il affirmé.

L’ONU n’a pas reçu d’informations sur les quantités, les types d’armes ou leurs origines et l’organisation internationale n’est pas en mesure de confirmer les rapports du gouvernement libanais étant donné que l’armée libanaise ne lui a pas demandé de surveiller la frontière, a-t-il ajouté.

Roed-Larsen a qualifié la situation au Liban d'”angoissante”. “La rhétorique politique montre qu’il existe de grandes tensions, et je pense que nous devons observer la situation au Liban avec beaucoup de vigilance. Et il y a lieu de s’inquiéter de la direction que prennent les choses.”

Le ministre de la Défense [israélien] Amir Peretz a déclaré dans la soirée du mardi 31 octobre qu’Israël était témoin des tentatives de la Syrie, de l’Iran et du Hezbollah de déstabiliser le gouvernement libanais.

Durant la réunion du Conseil de sécurité lundi 30 octobre, l’ambassadeur des Nations unies John R. Bolton a accusé la Syrie et l’Iran de déstabiliser le Liban. “Nous appelons la Syrie et l’Iran à honorer leurs obligations et à respecter la souveraineté du Liban, l’intégrité de son territoire, son unité et son indépendance politique. La responsabilité de la Syrie à cet égard est particulièrement importante car c’est le seul pays de la région, avec Israël, à avoir une frontière avec le Liban”, a affirmé Bolton.

Regev a appelé la communauté internationale à bloquer les transferts d’armes illégaux au Liban. Il a affirmé que les résolutions de l’ONU concernant le Liban étaient très précises sur les besoins d’empêcher les transferts d’armes vers le Hezbollah. “Israël s’est retiré du Liban, nous avons retiré nos forces terrestres, et nous avons ainsi rempli notre part de la résolution 1701”, a-t-il affirmé. “Il y a un sérieux problème au niveau des engagements du côté libanais.”

Amir Peretz a également parlé mardi 31 octobre de l’échec du désarmement du Hezbollah et des dangers que représentent l’Iran et la Syrie, et il a ajouté qu’une fissure était en train de se créer entre ces pays musulmans radicaux et des pays plus modérés comme l’Egypte, la Jordanie et l’Arabie Saoudite. Il a ajouté que le plan de paix saoudien adopté par la Ligue arabe en 2002, appelant Israël à se retirer à l’intérieur des frontières de la Ligne verte, pourrait être la base de négociations avec les pays arabes modérés et les Palestiniens. Il a aussi déclaré que de telles négociations pourraient renforcer le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans sa lutte pour le pouvoir contre le Hamas.

The Jerusalem Post, 01/11/2006


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