6 février 2023
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Réchauffement islamique : Alain Morvan dans l’oeil du Cyclone

Selon l’entourage du ministre, Gilles de Robien a proposé son départ en raison de “manquements multiples à l’obligation de réserve” et de “commentaires de décisions de justice”. M. Morvan “a l’habitude de commenter, ce qui est rare chez les hauts fonctionnaires”. “Au-delà, il a une tendance à faire comme si les valeurs de la République n’avaient qu’un défenseur : Alain Morvan.”

Recteur de l’académie de Lyon depuis juillet 2002, M. Morvan avait été en désaccord, quant au projet de lycée privé musulman, à la fois avec le ministère de l’intérieur et celui de l’éducation. Il avait qualifié d'”intégristes” les porteurs du projet qu’il a refusé trois fois en huit mois. En février, il avait également fait publiquement état de pressions que le ministère de l’intérieur aurait exercées sur lui pour qu’il assouplisse son attitude. Il s’était ensuite abstenu de tout commentaire après la décision prise le 2 mars par le Conseil supérieur de l’éducation, qui, le désavouant, avait autorisé l’établissement Al-Kindi à ouvrir ses portes.

Auparavant, en 2005, M. Morvan avait pris une part active dans la suspension puis l’exclusion de l’université Lyon-III de Bruno Gollnisch, professeur d’université de langue et civilisation japonaises et numéro deux du Front national, pour ses propos sur les chambres à gaz.

SOUTIEN DES PRÉSIDENTS DES UNIVERSITÉS LYON-I ET LYON-II


L‘éviction du recteur Morvan n’est pas une surprise. Depuis vendredi 16 mars, le bruit courait de son possible “limogeage”, selon les termes de l’association étudiante lyonnaise Hippocampe, qui avait alerté la presse à ce sujet. Cette association, qui regroupe des étudiants de l’université Lyon-III “contre le négationnisme, le racisme et l’antisémitisme”, avait publié une lettre ouverte, adressée au président de la République, l’exhortant à ne pas “céder aux pressions” et assurant que M. Morvan avait “su incarner avec honneur et courage la lutte contre l’extrémisme et toutes les tentatives communautaristes”.

Les présidents des universités Claude-Bernard – Lyon-I et Lumière – Lyon-II, ont pris position, lundi, sur le même sujet dans une déclaration commune. Tout en s’affirmant “respectueux des procédures de nomination des recteurs”, ils ont réaffirmé “leur soutien à la détermination républicaine du recteur Alain Morvan”. Par ailleurs, ils sont dit préoccupés “du trouble que créerait dans la communauté universitaire un tel départ au moment de la création du pôle de recherche et d’enseignement supérieur [de l’]université de Lyon et en pleine négociation du contrat projet Etat région”.

M. Morvan a été remplacé par Roland Debbash, jusqu’ici directeur de l’enseignement scolaire. Alain Morvan va reprendre sa chaire de professeur d’anglais à l’université.

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